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    Moyen-Orient

    Les autorités irakiennes et kurdes veulent plus de soutien militaire

    media Un membre des forces de sécurité kurdes en patrouille sur les hauteurs de Mossoul, contre les combattants de l'EIIL, le 22 juin 2014. REUTERS/Azad Lashkari

    La communauté internationale se mobilise pour venir en aide aux centaines de milliers de déplacés dans le nord de l'Irak qui ont pris la fuite devant l'avancée des combattants jihadistes de l'État islamique. Au-delà de l'aide humanitaire, les autorités irakiennes et kurdes ont également demandé à la communauté internationale de faire plus sur le plan militaire.

    Pour la troisième journée consécutive, l'armée américaine a mené ce dimanche des frappes contre des positions et du matériel de l'État islamique dans le nord de l'Irak. Cet appui aérien par avions et par drones a permis aux combattants kurdes, les peshmergas, de reprendre aux jihadistes Makhmour et Gwer, deux villes situées au sud-ouest de la capitale du Kurdistan irakien, Erbil.

    En même temps, la communauté internationale ne cesse d'insister sur le fait que la solution de la crise en Irak est avant tout politique. Selon les pays occidentaux, le Premier ministre Nouri al-Maliki doit enfin former un gouvernement d'union nationale. Ainsi mises sous pression, les autorités de Bagdad répondent en communiquant sur les atrocités commises par les jihadistes contre les civils et notamment les minorités religieuses. « Pour arrêter ces exactions et le génocide, il est de la responsabilité de la communauté internationale de déclencher une guerre contre l'État islamique », a estimé le ministre irakien des Droits de l'homme.

    Un soutien logistique et en armement

    Ce n'est pas la position des peshmergas. Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a certes demandé aux pays occidentaux de fournir des armes aux Kurdes, mais pour que ceux-ci puissent l’emporter eux-mêmes sur les jihadistes. « Nous nous battons contre un État islamiste. Un État islamiste qui est extrêmement bien armé. Bien mieux armé que les peshmergas. Cela étant dit, les peshmergas ont tout de même réussi à résister aux jihadistes et à arrêter leur avancée, a déclaré Massoud Barzani lors d'une conférence de presse conjointe avec le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. Nous n'allons donc jamais exiger de nos amis d'envoyer leurs fils pour se battre à notre place. Ceci est notre guerre et nous allons la mener nous même. Ce que nous demandons en revanche à nos amis c'est de nous livrer le soutien logistique et les armes nécessaires pour nous permettre de vaincre ces troupes terroristes ».

    Laurent Fabius a reconnu que les Kurdes allaient devoir être livrés « d'une façon sûre en matériel qui leur permette de se défendre et de contre-attaquer ». Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs annoncé qu'il allait étudier avec les autres pays membres de l'Union européenne la mise en place d'un pont humanitaire.

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    Avec notre correspondante à Doha, Laxmi Lota

    La compagnie nationale qatarienne a annulé ses vols vers Bagdad et Soulaimaniyeh jusqu'à nouvel ordre. Les appareils de Qatar Airways ne survoleront également plus l'espace aérien irakien pour des raisons de sécurité. Du point de vue politique en revanche, l'Émirat semble plus intéressé par le sort des Palestiniens. Les journaux relatent chaque jour la situation à Gaza.

    Un éditorial dans The Peninsula salue tout de même ce dimanche les frappes américaines en Irak : « C'est une intervention humanitaire louable qui pourrait aider les Américains à avoir une meilleure image auprès des Irakiens », peut-on lire.

    Les relations entre l'Irak et ses voisins saoudiens et qatariens sont tendues. En mars dernier, le Premier ministre irakien, chiite, Nouri al-Maliki, avait accusé les deux gouvernements, sunnites, de déstabiliser son pays en soutenant les jihadistes. En juin, c'est l'Arabie saoudite et le Qatar qui ont pointé du doigt la politique menée par Nouri al-Maliki : ils lui reprochent de marginaliser la communauté sunnite. Ce lundi, la Ligue arabe doit se réunir d'urgence au Caire. Mais c'est pour évoquer le conflit israélo-palestinien.

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