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    Tous trois sont récompensés pour leurs travaux sur «l’allègement de la pauvreté globale», informe le comité Nobel ce lundi. «En deux décennies, leur approche basée sur les expérimentations ont transformé l’économie du développement, qui est maintenant un champs de recherche florissant», explique l’Académie royale des sciences suédoise.

    Moyen-Orient

    Irak: Haïdar al-Abadi et Nouri al-Maliki, des trajectoires jumelles

    media Haïdar al-Abadi (g) a été chargé, ce lundi 11 août 2014, par le président irakien de former un nouveau gouvernement. REUTERS/Ahmed Saad

    En Irak comme à l'étranger, on attend de Haïdar al-Abadi, le nouveau Premier ministre irakien, qu'il mène une autre politique que celle de Nouri al-Maliki, l’ex-Premier ministre. Pourtant, les deux hommes sont issus d'une même histoire.

    Haïdar al-Abadi est un chiite né en 1952. Il a dû s'exiler en Grande-Bretagne dans les années 80, lorsque le sunnite Saddam Hussein dirigeait l'Irak d'une main de fer.
    La biographie officielle du Premier ministre désigné rapporte que deux de ses frères ont été exécutés et un troisième emprisonné pour leur engagement politique à cette époque.
    Comme Nouri al-Maliki, Haïdar al-Abadi revient en Irak après l'invasion américaine de 2003. Cet ingénieur en électronique devient ministre des Communications au sein du gouvernement intérimaire.

    En 2006, il est élu au Parlement sous la bannière du parti chiite Dawa. En juillet dernier, il devient vice-président du Parlement de Bagdad.

    « Le pays est entre vos mains », a lancé le président irakien Fouad Massoum, en s'adressant cette semaine à Haïdar al-Abadi choisi par sa coalition pour former un gouvernement d'ici trente jours, une décision immédiatement contestée par le sortant Nouri al-Maliki.

    Haïdar al-Abadi se retrouve aujourd'hui en première ligne face à un défi immense : empêcher l'éclatement d'un pays miné par ses divisions et menacé par la progression des jihadistes de l'Etat Islamique.

    Nouri al-Maliki, le parcours emblématique d'un chiite irakien, opposant en exil, devenu Premier ministre

    Haïdar al-Abadi fait suite à Nouri al-Maliki, l’ex-Premier ministre écarté à sa propre succession par le président Fouad Massoum, un chiite, lui aussi, qui a largement favorisé sa communauté ces dernières années au point de favoriser l’implosion de l’Irak et donc d’être contesté jusque dans son propre parti. Pourtant son parcours est emblématique. C'est le parcours emblématique d'un chiite irakien, opposant en exil, devenu Premier ministre.

    Nouri Al Maliki est né il y a 63 ans, dans une ville du sud de Bagdad. Il milite au sein du parti islamique Dawa et doit fuir le pays en 1979, lorsque la formation est interdite par le régime de Saddam Hussein.

    En 2003, le dictateur sunnite est chassé par l'invasion américaine : le nouveau pouvoir de Bagdad sera chiite et Nouri Al Maliki est de retour, rédigeant une loi antiterroriste répressive ou participant à la purge de l'appareil d'Etat.

    Le Premier ministre Nouri al-Maliki, en août 2007, alors qu'il est à l'apogée de sa popularité pour son combat contre les milices confessionnelles, sunnites ou chiites. Wathiq Khuzaie /Getty Images

    En 2006, le voici Premier ministre, salué pour son combat contre les milices confessionnelles, sunnites ou chiites. Reconduit en 2010, il prépare le retrait de l'armée américaine l'année suivante. Nouri Al Maliki dispose alors du soutien de Washington et de Téhéran.

    Fuite en avant

    Mais les années qui suivent sont celles de la fuite en avant : dérive autoritaire et surtout politique confessionnelle. Lorsque les sunnites irakiens se disent marginalisés, Nouri Al Maliki répond par la stigmatisation et la force. Sourd aux appels de ceux qui lui demandent de tendre la main aux minorités, sunnites et kurdes.

    Ces derniers mois, les jihadistes sunnites en profitent pour s’emparer de vastes régions irakiennes. Et malgré sa victoire aux législatives d'avril dernier, c'est un Nouri Al Maliki lâché jusque dans son camp qui est finalement mis à l'écart après avoir conduit son pays au bord de l'implosion.

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