GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 18 Octobre
Samedi 19 Octobre
Dimanche 20 Octobre
Lundi 21 Octobre
Aujourd'hui
Mercredi 23 Octobre
Jeudi 24 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    La tuerie de Rabaa, symbole d’une répression meurtrière en Egypte

    media Arrestations de membres des Frères musulmans, soutiens du président déchu Mohamed Morsi , sur la place Rabaa al-Adawiya qu'ils occupaient depuis plusieurs semaines, le 14 août 2013. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

    Le 14 août 2013, plus de 700 personnes ont été tuées au Caire lors de l’évacuation du rassemblement pro-Morsi de la place Rabaa al-Adhawiya. Qualifiée de « tuerie voulue par les autorités » par l’ONG Human Rights Watch, cette tragédie a durablement marqué les esprits en Egypte. Aux yeux des partisans des Frères musulmans, elle est devenue le symbole de la répression implacable qui s’est abattue sur eux depuis la destitution de Mohamed Morsi.

    Des snippers nous ont tiré dessus depuis des hélicoptères, ils ne nous ont laissé aucune chance !... Ici Bilal est mort, ici Ismaël est mort, ici Habiba…

    Ecoutez le témoignage de Fatma, au micro de notre correspondant au Caire, François Hume 15/08/2014 - par RFI Écouter

    14 août 2013, 6h30 du matin, place Rabaa Al-Adhawiya au Caire. Les premiers véhicules blindés de la police égyptienne s’approchent des barricades dressées par les partisans de Mohamed Morsi, le président destitué par l’armée quelques semaines auparavant. Durant plus de douze heures, l’évacuation du sit-in va donner lieu à des scènes d’une violence sans précédent depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011. « Il y avait des hélicoptères qui tiraient sur la foule avec des balles de 14 centimètres », se souvient Mohammad, un jeune manifestant qui se trouvait sur les lieux. « Il y avait des blindés qui étaient là pour nous attaquer et des tireurs embusqués sur tous les immeubles. Tous ceux qui passaient par là se faisaient tuer, même s’ils étaient désarmés, où s’ils essayaient de venir en aide à un blessé. Il suffisait de passer par là pour se faire tirer dessus. » Au moment où l’opération débute, Mohammad se trouve au milieu de la place, devant l’estrade où s’exprimaient les dirigeants de la confrérie. « J’essayais d’évacuer les blessés vers l’hôpital de campagne. Mais très vite, l’hôpital a été complètement saturé. On ne pouvait plus y amener qui que ce soit. Autour de moi, j’ai vu des dizaines de personnes se faire tuer. »

    « Une tuerie planifiée »

    Ce témoignage, recueilli quelques semaines après les évènements, va dans le sens de ceux rassemblés depuis un an par l’ONG Human Rigths Watch. Dans un rapport accablant rendu public cette semaine, l’ONG affirme que l’évacuation de la place Rabaa a donné lieu à une « tuerie de masse » qui s’apparente à un crime contre l’humanité.

    De leur côté les autorités égyptiennes affirment que les premiers coups de feu ont été tirés par les manifestants et elles rappellent que huit policiers ont perdu la vie au cours des évènements. A leurs yeux, l’usage de la force était donc nécessaire face à la menace qu’auraient fait peser les partisans de Mohamed Morsi. « Selon les déclarations du ministère égyptien de l’Intérieur, quinze armes ont été retrouvées en tout et pour tout sur le sit-in, ce qui montre qu’un faible nombre de manifestants étaient armés », objecte Nadim Houri, directeur adjoint de la section Moyen-Orient de Human Rights Watch. « Quinze armes, est-ce que cela peut justifier la mort de plus de 700 personnes ? »

    L’ONG en est convaincue : la tuerie de Rabaa a été planifiée et voulue par les autorités de l’époque - Human Rights Watch dénonce le rôle joué notamment par Mohamed Ibrahim, le ministre de l’Intérieur, toujours en poste aujourd’hui -, et par celui qui était alors ministre de la Défense : l’actuel président Abdel Fattah al-Sissi. Elle demande aux Nations unies l’ouverture d’une enquête internationale pour faire toute la lumière sur ces évènements.

    Stratégie d’anéantissement

    Pour Human Rights Watch, la tuerie de Rabaa a non seulement été sciemment provoquée et planifiée, mais elle répondait en outre à une stratégie plus large d’anéantissement des Frères musulmans. « Il y a eu une décision 'd'en finir' avec les Frères musulmans, affirme Nadim Houri, il fallait leur porter un coup dur et rapide, cela n’avait rien d’un accident. » Et de fait, la tuerie du 14 août 2013 marque le début d’une campagne d’arrestations et de procès expéditifs qui dure encore aujourd’hui. Un an après les faits, la confrérie a été décimée par les autorités égyptiennes, au nom de la lutte contre le terrorisme. Plus de 1400 partisans de Mohammed Morsi ont été tués, 15 000 sont sous les verrous, la confrérie a été déclarée « organisation terroriste » et sa branche politique, le Parti Liberté et Justice, a été dissous.

    Un membre des Frères musulmans et des partisans de Mohamed Morsi ont à nouveau manifesté le 13 septembre au Caire. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

    « Les Frères musulmans ont subi des coups très durs, mais ils ne sont pas éliminés pour autant », estime le journaliste d’origine égyptienne Robert Solé. « Ce sont des gens qui ont des convictions, qui sont prêts à mourir pour leurs idées, pour leur cause. Et ils disposent de nombreux relais dans la société égyptienne, ils ont encore une forte implantation. » Face à la répression exercée par les nouvelles autorités égyptiennes, les Frères musulmans ont renoué avec la clandestinité, un mode de fonctionnement qu’ils connaissent bien pour l’avoir pratiqué durant plusieurs décennies, sous la férule de Nasser. Et ils se sont trouvé un nouveau signe de ralliement : le chiffre 4, symbole de la tuerie de Rabaa Al-Adhawya, Rabaa pouvant signifier quatre ou quatrième en arabe.

    Un an après les faits, le 14 août 2013 reste un tournant dans l’histoire de l’Egypte post-Moubarak, pour les Frères musulmans, bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui dénoncent la dérive autoritaire du régime actuel.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.