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    Moyen-Orient

    Les diplomaties arabes face à l'éventualité de frappes américaines

    media Des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant à Mosoul, le mercredi 11 juin. REUTERS/Stringer

    Les ministres des Affaires étrangères d’Egypte, de Jordanie, du Qatar, des Emirats et d’Arabie saoudite se réunissent ce dimanche à Djeddah pour discuter de la situation en Syrie. Une réunion inopinée qui se penchera notamment sur le danger que représentent les jihadistes de l’Etat islamique.

    Les armes seules ne viendront pas à bout de l'Etat islamique explique l'islamologue Mathieu Guidère, professeur à Université de Toulouse 2 : « indéniablement la puissance militaire américaine ne suffira pas à venir à bout de l’Etat islamique qui n’est pas une simple organisation ayant quelques combattants –d’ailleurs les Américains l’ont compris » d'où la nécessité d'une action diplomatique parallèle, tant au niveau international - les Nations unies - que régional. « Les Etats-Unis ont réussi à convaincre des pays aussi opposés que l’Arabie saoudite et l’Iran de soutenir cette lutte contre l’Etat islamique. Donc il y a à la fois une action militaire et une action politique et diplomatique qui soutiennent cet effort. Sans cela il sera impossible d’en venir à bout » poursuit Mathieu Guidère.

    Un premier pas vers une mobilisation régionale

    C'est l'éventualité de frappes américaines contre les jihadistes de l’Etat islamique en Syrie qui a provoqué la réunion des ministres arabes, explique notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. L’Egypte, la Jordanie, les Emirats, le Qatar, et l’Arabie saoudite constituent en effet le Groupe de contact arabe sur la Syrie, un groupe qui ne s’est pas réuni depuis plus d’un an.

    Au programme de la réunion, l'évolution de la situation militaire mais aussi les changements politiques qui pourraient résulter de frappes américaines. On indique, de source égyptienne, que les ministres examineront la possibilité d’appeler toutes les parties du conflit syrien, Etat islamique excepté, à entamer de nouvelles négociations.

    Des pressions pourraient également être exercées sur le Qatar pour qu’il arrête son soutien financier et en armement aux islamistes syriens. Un soutien qui, selon le Caire, se fait par le biais de la Turquie. Des milliers d’Egyptiens, de Jordaniens et de Saoudiens se sont joints aux jihadistes de l’Etat islamique. Une intervention américaine qui romprait l’équilibre des forces pourraient pousser ces jihadistes à rentrer brusquement chez eux pour y semer le chaos.

    Le Qatar se défend

    Face aux accusations de soutien aux islamistes, le Qatar se défend néanmoins, explique notre correspondante à Doha, Laxmi Lota. « Comme beaucoup de pays, le Qatar soutient l’opposition syrienne, mais ne finance pas l’Etat islamique » affirme ainsi le ministre qatarien des Affaires étrangères, Dr Khalid Bin Mohamed al-Attiyah. Ce dernier veut clarifier la situation sur les liens présumés de l'Emirat avec les jihaddistes, mis en cause notamment par un ministre allemand dernièrement, même si l’Allemagne s’est ensuite excusée pour ses propos. Dans un communiqué, le ministre qatarien explique que « le Qatar n'est en faveur d'aucun groupe extrémiste dans la région, l’émirat rejette leurs idées et leur violence ». Avant d’ajouter : « notre but, c'est la paix et la justice. »

    Face aux allégations de financement des islamistes à travers des organismes caritatifs, le Conseil des ministres qatarien a aussi adopté une loi le mois dernier. Son objectif est de contrôler les activités humanitaires. Les associations et les personnes ont désormais besoin d'une autorisation pour recevoir des dons.

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