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    Moyen-Orient

    Prise de Tabqa par l’EI: pays arabes et Etats-Unis tergiversent

    media A moto, agitant le drapeau noir des jihadistes, les habitants de Tabqa célèbrent la prise de leur localité par les combattants de l'Etat islamique, le 24 août 2014. REUTERS/Stringer

    Alors qu'en Syrie, l'Etat islamique contrôle désormais la totalité de la région de Raqqa, l'éventualité de frappes américaines a fait la Une des émissions dominicales aux Etats-Unis. De leur côté, les ministres des Affaires étrangères d’Egypte, de Jordanie, du Qatar, des Emirats et d’Arabie saoudite, réunis dimanche à Djeddah, ont examiné les développements de la crise syrienne et ont convenu de transmettre leurs recommandations à la Ligue arabe.

    Les centaines de morts et de blessés tombés dans les deux camps en six jours d'affrontements témoignent de la férocité des combats et de l'importance des enjeux, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. La prise de l'aéroport militaire de Tabqa permet aux extrémistes de l'Etat islamique de contrôler la totalité de la province de Raqqa, au nord de la Syrie.

    Affaiblie par une dizaine d'attaques suicide et submergée par les vagues successives de jihadistes qui se sont lancées à l'assaut de l'aérodrome, l'armée syrienne a vu ses lignes de défense enfoncées. Le gros des troupes a été évacué par voie aérienne vers l'aéroport de la ville de Deir Ezzor, toujours tenu par le régime, à l'est, non loin de la frontière avec l'Irak. La plupart des avions de combats et des hélicoptères ont pu également être évacués. Mais l'armée régulière a laissé sur le champ de bataille des dizaines de tanks et de blindés, qui ont été saisis par les jihadistes.

    La prise de Tabqa par l'Etat islamique permet à cette organisation de démobiliser des milliers de combattants, engagés depuis des mois dans cette bataille. Ils pourront désormais être redéployés sur d'autres fronts, notamment celui d'Alep, où les jihadistes ont lancé une vaste offensive pour contrôler la campagne qui s'étend jusqu'à la frontière turque. Dans cette région, ils affrontent, séparément, l'armée régulière, les rebelles syriens et les miliciens kurdes.

    Accord sur « les généralités » à Djeddah

    Ces derniers évènements surviennent au moment où plusieurs chancelleries arabes achèvent leur réunion à Djeddah. Selon des sources égyptiennes, les ministres ont discuté d’une possible internationalisation du conflit syrien avec, notamment, l’éventualité d’une intervention américaine contre l’Etat islamique comme cela est actuellement le cas en Irak.

    Les ministres ont aussi examiné les défis que fait courir à la région « la montée de la pensée terroriste et extrémiste », explique notre correspondant Alexandre Buccianti. Ils ont convenu d’agir pour faire face à ces crises et assurer la sécurité et la stabilité des pays arabes. Un communiqué officiel qui souligne un accord sur « les généralités » et évite d’aborder les divergences sur les détails. En effet, le Qatar continue officiellement de soutenir l’opposition syrienne même s’il dément tout financement de l’Etat islamique ou de tout groupe extrémiste.

    De son côté, l’Arabie saoudite a cessé tout soutien à l’opposition syrienne dont elle n’a d’ailleurs pas invité les représentants à la réunion de Djeddah. Riyad reste toutefois farouchement opposé au président syrien Bachar el-Assad. L’Egypte enfin affiche pour sa part sa « neutralité ». Le président Abdel Fattah al-Sissi a indiqué dimanche ne pas prendre parti pour le régime de Damas ou l’opposition.

    Pressions sur Obama

    Barack Obama a regagné Washington hier soir après deux semaines de vacances perturbées par les émeutes urbaines de Ferguson et au Proche et Moyen-Orient. Les Etats-Unis doivent-ils effectuer des frappes aériennes en Syrie où se trouve le quartier général de l’Etat islamique? Cette question a dominé les émissions politiques du dimanche, rapporte notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet.

    Les élus des deux partis souhaitent voir Barack Obama définir une stratégie en consultation avec le Congrès pour contrer ce que le secrétaire à la Défense Chuck Hegel a qualifié de « menace imminente » à la sécurité nationale. Sur Foxnews, le sénateur McCain a déploré l’absence de leadership du président. « Cette administration, que je ne peux qualifier de la façon la plus aimable que d’inepte, n’a pas défini le rôle que les Etats-Unis ont à jouer, et c’est un rôle de leadership » a-t-il déclaré.

    Pour McCain et nombre de républicains, l’Amérique doit frapper l’EI en Syrie. Les démocrates sont moins pressés. « Ce qu’ils ont fait est horrible, en particulier l’exécution de James Foley, à la conclusion qu’ils vont venir nous attaquer dans les jours à venir, est je pense exagéré, mais on ne peut l’écarter », a expliqué sur CNN le sénateur Jack Reed, de la commission de la Défense.

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