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    F.Géré: «Obama n’a pas d’autres choix que d’intervenir contre l’EI»

    media Des jihadistes de l'organisation «Etat islamique» dans une vidéo de propagande datée du 8 juin 2014. AFP PHOTO / HO / ISIL

    Un discours d’un quart d’heure, un ton martial, Barack Obama a présenté la nuit dernière à l’Amérique sa stratégie pour lutter contre les jihadistes de l'EI, l'organisation dénommée Etat islamique. Pour la première fois, le président des Etats-Unis autorise des frappes aériennes en Syrie et confirme une intervention accrue en Irak. Aucune indication, en revanche, sur un calendrier. François Géré, directeur de l’IFAS, l’Institut français de l’analyse stratégique, est l’invité de RFI. Il nous livre son analyse de la situation.

    RFI : François Géré, la nouveauté c’est donc l’autorisation par Washington d’intervention aérienne en Syrie. Base arrière de jihadistes de l’EI et la formation de rebelles de l’opposition modérée. Est-ce que, selon vous, Barack Obama avait-il d’autres choix que d’aller sur ce terrain-là?

    François Géré : Non. Cette organisation qui s’appelle Etat islamique, qu’on appelle Daech dans la région, n’a d’abord aucune considération pour la notion de frontière, et c’est là où la revendication d’un califat, un jour, dans l’avenir prendra son sens. C'est-à-dire que pour ces gens-là, il n’y a pas d’Irak, il n’y a pas de Syrie, mais il y a des zones sur lesquelles ils cherchent à étendre leur pouvoir par les moyens qu’on connaît, c'est-à-dire en privilégiant naturellement la violence et la terreur, à l’égard des populations et tous ceux qui n’acceptent pas de se soumettre. Le problème est que cela a pris Obama à contre-pied.

    Dans son discours de West Point, il avait présenté une stratégie nouvelle des Etats-Unis, en disant : « On privilégie la diplomatie avant le recours à la force, qui n’interviendra qu’en ultime recours, quand on aura épuisé tous les moyens ». Le problème c’est qu’il est en face d’un adversaire qui est dangereux, qui est extrêmement agressif, qui n’a aucune diplomatie, aucun canal diplomatique avec lequel on pourrait négocier, je ne sais pas quoi d’ailleurs. Obama se trouve pris encore une fois à revers, obligé de revenir aux solutions d’ultimes recours, je dirais en priorité, alors qu’il aurait préféré naturellement les réserver pour la fin, dans un contexte où, encore une fois, il doit donner toujours la priorité au fait qu’il n’y aura pas de troupes américaines au sol et que les Américains quittent l’Afghanistan, qu’ils ne reviendront pas en Irak, etc, etc…

    Il a bien insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de troupes au sol, mais des milliers de conseillers vont bien se rendre en Irak. Dans le journal, un spécialiste du Proche-Orient, nous disait : « De toute façon à plus long terme, il n’aura pas le choix que d’intervenir au sol ». Est-ce que c’est également votre sentiment?

    C’est très difficile à évaluer parce que tout dépend naturellement de la situation sur le terrain pour des raisons essentiellement de politique intérieure. L’administration Obama a décidé de donner une importance extrême à cet Etat islamique, à Daech, en disant c’est plus grave encore que ne l’était al-Qaïda. Comme tout le monde, on aura remarqué que naturellement le président Obama a parlé à la veille des cérémonies de commémoration du 11 septembre 2001. Ce qui est habile politiquement, puisqu'après son discours et dans le cadre de la commémoration du 11-Septembre, les voies d’oppositions sont en quelque sorte jugulées, au moins pour quelque temps, car on ne peut que suivre le président sur le terrain. Il faut intervenir, sans intervenir au sol. Alors maintenant qui va faire le travail ? Parce que contenir l’Etat islamique c’est une chose, et je pense que d’ici peu de temps ça sera fait à peu près complètement. Maintenant, le détruire, c’est une autre affaire.

    Justement, est-ce que le pari n’est pas trop ambitieux?

    Le pari repose sur la combinaison entre les Etats-Unis, qui ont les moyens des renseignements, les capacités aériennes, les drones, qui ont tout ce que l’on connaît, et puis les gens sur le terrain. Les gens sur le terrain, c’est très compliqué. Il ne suffit pas de dire, on va aider tous ceux qui luttent contre l’Etat islamique, parce qu’ils sont nombreux ceux qui luttent contre lui. La question est : qu’est-ce que font les Etats-Unis par rapport aux Kurdes ? Ca, ça va à peu près, mais qu’est-ce que font les Etats-Unis par rapport aux forces spéciales et aux unités iraniennes qui sont en Irak pratiquement depuis le début de la crise, les Iraniens qui entraînent les milices chiites, qui permettent en quelque sorte de couvrir Bagdad, et ça a quand même été essentiel au mois de juillet ? Et donc est-ce que les Etats-Unis vont coopérer directement avec les Iraniens ?

    Les Iraniens, qui ont fait part de leur scepticisme tout à l’heure...

    Ce n’est pas à l’ordre du jour. Les Iraniens estiment que si les Américains sont intéressés, on verra. Mais pour le moment, ça ne les intéresse pas particulièrement. Et bien entendu, il y a la Syrie. Alors, en Syrie, on va coopérer avec qui? On va armer qui? Est-ce qu’on va armer le Front al-Nosra qui était, jusqu’à une date récente, une branche d’al-Qaïda, mais qui était en conflit ouvert et en lutte avec l’Etat islamique? Est-ce qu’on va coopérer directement en matière, par exemple, de renseignement avec Bachar el-Assad? Ou bien est-ce qu’on va se contenter d’une coopération objective, c'est-à-dire on combat temporairement et on essaie de détruire le même adversaire et ensuite on verra ce qui se passe.

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