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    Moyen-Orient

    Réfugiés kurdes: «Ce problème ne fait que commencer»

    media Des milliers de Kurdes syriens ont traversé la frontière turque. Reuters

    La Turquie est à nouveau touchée de plein fouet par le conflit syrien. Ankara, qui a longtemps soutenu les jihadistes contre les troupes de Bachar el-Assad et les Kurdes syriens, se retrouve aujourd’hui directement impliqué. L’offensive de l’organisation de l’Etat islamique vers la ville frontière de Kobane l’a contraint à accueillir des milliers de réfugiés, mais aussi de laisser passer ceux qui veulent aller se battre pour défendre leur territoire, en majorité des combattants du PKK. Une situation complexe que RFI a abordée avec Jean Marcou, directeur des relations internationales de l’Institut d’études politiques de Grenoble, chercheur associé à l'Institut français d’étude anatolienne d’Istanbul.

    RFI : Plus de 130 000 personnes ont déjà passé la frontière turco-syrienne, en quelques jours. La Turquie a-t-elle les moyens de gérer cet afflux massif ?

    Jean Marcou : Depuis le début de la crise syrienne et en particulier de la guerre civile, la Turquie a accueilli maintenant près de 1,5 million de réfugiés. Elle a commencé à le faire dans des camps, où se trouvent environ 250 000 personnes et le reste se dissémine effectivement en Turquie. Cette crise s’est aggravée depuis la poussée de l’Etat islamique, puisque la Turquie avait déjà accueilli des Kurdes yézidis et maintenant elle accueille [des réfugiés kurdes, ndlr] en très grand nombre, leur nombre croît d’heure en heure. C’est pratiquement 10 000 nouvelles personnes chaque demi-journée. Les réfugiés kurdes syriens passent la frontière pour échapper aux jihadistes de l’Etat islamique.

    Donc je dirais que la Turquie, jusqu’à présent, fait face plutôt bien à ce problème. Mais l’accueil de réfugiés qui sont de multiples confessions, d’origines multiples, pose un défi malgré tout redoutable pour ce pays. Il doit résoudre des problèmes techniques, des problèmes de cohabitation qui transpirent chaque jour dans la presse turque, des accrochages parfois avec des populations locales.

    D’autre part, il y a près de 60 000 enfants syriens qui sont nés depuis trois ans en Turquie. C’est une génération un peu sacrifiée puisqu’ils ont un accès difficile à l’école et à l’université. Donc ce problème est un problème qui ne fait que commencer.

    Le problème ne réside-t-il pas dans le fait que ces réfugiés sont en majorité des Kurdes syriens dont la Turquie a longtemps été l’ennemi traditionnel ?

    « Ennemi traditionnel », je ne crois pas que l’on puisse aller jusque-là. En réalité, lorsque le gouvernement de Bachar el-Assad a commencé à être remis en cause par les mouvements qui se sont produits dès 2011, les Kurdes syriens ont acquis une autonomie en Syrie. En tant que tel, cela ne pose pas de problème à la Turquie, puisqu’elle a de très bonnes relations avec les kurdes irakiens qui sont autonomes, voire quasiment indépendants dans le nord de l’Irak.

    Ce qui a surtout posé problème, c’est que les Kurdes syriens ou en tout cas leurs organisations, sont dominés par le PYD qui est, en réalité, une branche du PKK, qui est l’organisation rebelle qui a mené la guérilla en Turquie depuis le milieu des années 80.
    Est-ce que c’est ce qui explique qu’ils ne reçoivent aucune aide, comparée aux Kurdes irakiens, de la part de la communauté internationale ?

    De la part de la communauté internationale, je ne sais pas. De la part de la Turquie, cela s’explique pour des raisons effectivement stratégiques. Mais les réfugiés qui passent à l’heure actuelle dans le sens Syrie-Turquie ne sont pas des combattants, ce sont pour la plupart des civils et en particulier des femmes et des enfants.

    Tous les islamistes qui se battent en Syrie même en Irak ont, pour l’essentiel, transité par la Turquie. Est-ce qu’Ankara peut désormais empêcher cet état de fait et les autorités en ont-elles réellement la volonté ?

    Il y a eu effectivement un laissez-faire, voire même finalement un certain soutien, avec l’idée que tout ce qui pouvait faire tomber le régime de Bachar el-Assad, était bon à prendre. Mais très nettement, depuis le début de cette année, il y a une volonté d’enrayer ce processus, à plus forte raison parce que la Turquie en a été victime dernièrement avec la prise d’otage qui a suivi la prise de Mossoul. Notamment avec la prise d’otages de 49 Turcs du consulat de Mossoul, y compris le consul, qui ont été libérés récemment.

    Désormais, il y a vraiment une volonté de combattre ce phénomène. Parallèlement, ce qui peut ralentir ou échauder cette volonté, c’est la complexité de la situation à la frontière de la Turquie. Il y a plusieurs protagonistes qui s’affrontent, et je dirais que c’est la problématique d’ailleurs de tous ces protagonistes. C’est pour ça, probablement que l’Etat islamique a pu prospérer. Chacun se dit : « si je combats tel protagoniste, est-ce que je ne vais pas favoriser un autre protagoniste ? Est-ce que je ne vais pas créer un phénomène de déséquilibre pervers ? » Donc, c’est peut-être ce qui explique les réticences de la Turquie à entrer de manière plus nette dans une coalition internationale.

    La coalition internationale qui essaie de se mettre sur pied pour combattre l’Etat islamique, c’est cette espèce de jeu de domino qui fait que si je donne mon soutien d’un côté, est-ce que je ne vais pas m’aliéner d’autres soutiens ou est-ce que je ne vais pas finalement engager un phénomène pervers qui va se retourner contre moi ?

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