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    Moyen-Orient

    La recomposition du jihadisme global

    media «L’influence d’al-Qaïda, globalement, est affaiblie, mais il ne faut pas non plus la sous-estimer.» REUTERS/Ammar Abdullah

    La coalition internationale est engagée dans des frappes contre l’organisation Etat islamique en Irak. Ce groupe jihadiste, en quelques mois, a fait passer al-Qaïda et ses alliés à un second plan. L’assassinat du Français Hervé Gourdel, enlevé en Algérie par des soldats du Califat, un groupe là encore lié à cette même organisation, est venu un peu plus donner une dimension internationale à ce nouveau visage du jihadisme. Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, analyse ces derniers événements.

    RFI : Comment expliquer que ces jihadistes actifs en Kabylie se réclament de l’organisation Etat islamique implanté au Moyen-Orient ?

    Alain Rodier : Pour eux, c’est un moyen d’exister de toute façon parce qu’en réalité al-Qaïda au Maghreb islamique a renouvelé son allégeance à ce que j’appelle al-Qaïda canal historique, al-Zawahiri. Et eux sont rentrés en dissidence et la meilleure façon de se faire connaître, c’est d’avoir cette action absolument abominable qui est diffusée dans le monde entier. Mais en réalité, ce groupe, qui reste mystérieux tout de même pour le nombre de ses effectifs - parce qu’on parle de quelques dizaines de combattants mais certainement pas au-delà de la centaine-, reste extrêmement groupusculaire.

    Ça veut dire qu’on peut parler d’une forme d’opportunisme ?

    Il y a tout à fait une forme d’opportunisme. Il faut savoir qu’al-Qaïda au Maghreb islamique est traversé de différents courants depuis des années, que l’autorité de son émir Abdelmalek Droukdel est remise en question depuis très longtemps et la plus grande dissidence, elle, est venue de Mokhtar Belmokhtar qui est bien connu dans la région. Lui, il a fait complètement dissidence il y a plus d’un an, mais il avait pris la précaution de prêter encore allégeance à al-Qaïda canal historique. On attend la suite pour savoir s’il fait une déclaration dans les semaines à venir.

    Est-ce que ça veut dire aujourd’hui que l’influence d’al-Qaïda est affaiblie ?

    L’influence d’al-Qaïda, globalement, est affaiblie, mais il ne faut pas non plus la sous-estimer. Je ne prends qu’un exemple que peu de personnes soulignent, c’est ses influences en Extrême-Orient, et encore dans des zones moins connues : Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan. Donc elle est encore extrêmement présente. Puis, l’Afghanistan demain avec le départ des Américains va certainement être le sujet d’une reconquête de Kaboul par les talibans qui sont appuyés par al-Qaïda canal historique. Géographiquement parlant pour eux, c’est beaucoup plus facile parce que c’est leur base.

    Al-Qaïda s’était un petit peu disséminé : Somalie, Nigeria, Yémen. Vous parliez même du Mali. Est-ce qu’il est envisageable de voir lorganisation Etat islamique multiplier ses formes de filiales ?

    Il y a une sorte de concurrence qui existe à l’heure actuelle entre ces deux mouvements. Il y a une guerre « intérieure ». Donc il est vrai qu’un certain nombre de groupuscules qui existent déjà, comme celui qui a tué notre malheureux otage pour exister, font allégeance. Mais on ne peut pas parler de lien opérationnel direct entre un commandement qui se trouverait à l’heure actuelle à Raqqa, la capitale de l’Etat islamique qui se trouve en Syrie, et ces mouvements extérieurs.

    C’est plutôt les mouvements extérieurs qui se revendiquent de lui, il y en a un certain nombre. Les plus célèbres se trouvent en Libye, à Benghazi en particulier. Pour Boko Haram, on se pose des questions. De toute façon, il y a un grand problème avec Boko Haram parce que son chef a été annoncé mort, mais ce n’est pas la première fois. Donc en réalité, ce sont des groupes extérieurs qui font allégeance pour se faire connaître.

    Mais au-delà des actions violentes des revendications, il y a quand même ce concept territorial, l’Etat islamique parle de son califat au Moyen-Orient, une logique régionale que n’avait pas forcément al-Qaïda ?

    Tout à fait, c’est la grande différence qui existe entre les deux factions. L’Etat islamique a créé un Etat, donc qui est présent à l’heure actuelle. Il gère des populations. Il les fait vivre. On l’a bien vu d’ailleurs avec ses revenus pétroliers puisque la coalition s’en est rendue compte, heureusement, et a attaqué les raffineries qu’il utilisait. Il gère donc un Etat, ce que al-Qaïda n’a jamais fait parce que même en Afghanistan, c’était les talibans qui régnaient jusqu’en 2011. Et al-Qaïda n’était que « invitée » et protégée dans ce pays.

    Même si ce terme d’« Etat », certains le contestent, disent que c’est une oppression et non un Etat ?

    Pour les populations, certainement, ça doit être ressenti comme une oppression. Cela dit, l’Etat islamique n’aurait jamais pu s’étendre, et particulièrement en Irak, sans la coopération d’un certain nombre de tribus sunnites et d’anciens responsables de la dictature de Saddam Hussein.

    Un autre phénomène dont on parle beaucoup, c’est ce recrutement international, des jeunes souvent, qui viennent d’Europe, du Maghreb, des Etats-Unis. Al-Qaïda n’avait pas profité de cet appel d’air ?

    Al-Qaïda n’en avait pas profité mais s’en méfiait beaucoup. Al-Qaïda a toujours fait une énorme paranoïa, et on peut les comprendre, pensant être infiltrés par les services secrets étrangers, etc. En réalité, les volontaires étrangers, on ne peut pas dire qu’ils étaient très bien accueillis en dehors des Maghrébins et des Saoudiens qui faisaient la garde prétorienne un peu de ce mouvement. Donc il y avait une certaine réticence avec les volontaires étrangers, ce qui ne semble pas être le cas avec l’Etat islamique. Et en plus, il y a une sorte d’odeur de victoire qui attire les volontaires jihadistes, parce qu’ils sentent que c’est un mouvement qui est en train de se développer et qui est en train de réussir.

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