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    Moyen-Orient

    Syrie: une première offensive aérienne coûteuse pour les Etats-Unis

    media Cette opération aura été le baptême du feu pour les F-22 «Raptor» américains... au coût modique de 53 000 euros l'heure de vol. US Air Force

    Plusieurs dizaines de missiles et un raid aérien à grands renforts de drones et de l'avion de combat le plus cher de l'armée américaine : le début de campagne en Syrie s'illustre par le déploiement de moyens conséquents. Des moyens qui semblent pourtant se justifier par la situation sur le terrain.

    « La première attaque aérienne furtive des Etats-Unis en Syrie a coûté plus cher que la mission indienne vers Mars. » Ce titre accrocheur du site d’information américain The Daily Beast annonce la couleur du début de la campagne menée par Washington en début de semaine. Selon les estimations de ce magazine, la salve de missiles et les bombardements menées par les avions et les drones américains auraient coûté 62 millions d’euros (contre 58 pour la fameuse mission spatiale indienne citée en comparatif).

    Selon les différents communiqués publiés par le Commandement central de l’armée américaine (Centcom) et le département de la Défense, 47 missiles Tomahawk ont été tirés vers la Syrie depuis deux navires, l’USS Arleigh Burke et l’USS Philippine Sea, déployés en mer Rouge. L’armée de l’Air et le corps des marines ont en plus envoyé une quinzaine d’avions et quatre drones armés.

    Les cibles ont principalement consisté en des installations pétrolières et des infrastructures de l’organisation Etat islamique et du groupe Khorasan, affilié à al-Qaïda. Des camions de ravitaillement, des groupes de combattants, des camps d’entraînement ou encore des véhicules ont également été détruits. « Nous sommes encore en train d’évaluer les résultats de ces attaques, mais nous pensons initialement qu’elles ont été une réussite », assurait jeudi le contre-amiral John Kirby, responsable des relations presse au Pentagone.

    Une opération aux coûts raisonnables

    Les missiles Tomahawk, en particulier, coûtent très cher. Avec un prix estimé à 1,25 millions d’euros pièce, ils représentent une bonne partie de la facture de cette impressionnante opération. « En réalité, ce n’est pas tant que cela, nuance Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine spécialisé Défense et Sécurité Internationale. En Libye, il y en avait eu 200 de tirés la première nuit. »

    Ces missiles de croisière permettent de frapper des cibles fixes sur une très longue distance. S’ils ont été utilisés en Libye pour neutraliser la défense anti-aérienne adverse, ils ont permis en Syrie de toucher postes de commandements, camps et infrastructures pétrolières. « Une techno-guérilla comme l’Etat islamique, avec des autorités, des chefs, ne peut pas totalement se départir d’infrastructures fixes », note Joseph Henrotin.

    Cette « frappe initiale », que seuls les Américains sont capables de mener, « coûte cher mais permet de casser les moyens lourds », explique de son côté Jean-Vincent Brisset, chercheur à l’Iris. Ce général de division aérienne, aujourd’hui à la retraite, voit dans cette opération quelque chose de relativement « classique ».

    Justifier l’existence du F-22, coûteux joyau de l’armée américaine

    Cette opération a également été le baptême du feu pour les F-22 Raptor américain. Cet avion furtif, spécialisé dans le combat aérien, n’avait jamais été utilisé en opération. Pour de nombreux responsables militaires américains, il était la garantie de pouvoir échapper à l’impressionnante défense anti-aérienne de l’armée syrienne, dans le cas où elle aurait décidé d’entrer en action. Cet avion ultra-moderne, dont les premières unités ont été perçues en 2005, est particulièrement critiqué pour un défaut conséquent : son coût. Selon le Centre pour l’information de Défense (Center for Defense Information), une heure de vol de l’un de ces appareils coûte 53 000 euros.

    « Pour l’Air Force, utiliser le F-22 est aussi une nécessité bureaucratique », estime Joseph Henrotin. Les Etats-Unis n’avaient en effet pas eu l’occasion de l’employer en Irak ou en Afghanistan, où cet avion ne répondait pas aux besoins. De même en Libye où la défense aérienne avait été suffisamment diminuée pour rendre l’usage de ces appareils furtifs excessif. « Beaucoup de choses ne fonctionnaient alors pas », tempère tout de même le rédacteur en chef de Défense et Sécurité Internationale en rappelant notamment la difficulté de cet appareil à communiquer avec ses partenaires du Golfe. Les Raptor américains auraient d’ailleurs, très probablement, opéré seuls et en autonomie en Syrie. Pour Jean-Vincent Brisset, ils ont aussi été « dissuasifs pour d’éventuels avions syriens » qui auraient envisagé une approche.

    Si les missiles permettent de neutraliser les cibles fixes, les avions peuvent s’attaquer à celles qui bougent. « Il y a des choses que l’on connaît, et d’autres non, explique Joseph Henrotin. L’aviation peut ainsi faire de la reconnaissance et cibler des éléments mobiles. » Une logique comparable à celle de l’emploi de drones en simultané, pratique devenue habituelle pour l’US Air Force. Les quatre Reapers engagés permettent ainsi d’exercer une surveillance permanente dans le ciel syrien tout en garantissant une menace constante pour les dirigeants de l’organisation Etat islamique. En cas de mauvaise réaction syrienne, ces appareils faciles à repérer restent une perte acceptable pour Washington : « Mieux vaut qu’un drone soit abattu qu’un avion », assure Joseph Henrotin, qui voit aussi dans cette manœuvre un moyen de « tester la réaction syrienne ».

    Damas, entre dialogue et méfiance

    Des sources au sein du Pentagone ont affirmé au Daily Beast que Washington avait prévenu le gouvernement syrien des actions qui allaient être menées. Si le président américain semble avoir opté pour une prudence maximale au vu des circonstances, les analystes restent convaincus que Damas a tout à gagner, pour l’instant, à patienter.

    « Les Syriens vont laisser les drones américains faire le travail pour eux », estime le général Jean-Vincent Brisset. « Pour l’instant, ils laissent faire, car cela réduit l’un de leurs principaux adversaires », confirme Joseph Henrotin.

    Reste que pour le général Jean-Vincent Brisset, le dialogue est certainement plus avancé : « Il ne s’agit pas simplement de prévenir, mais de demander ». Si l’armée américaine a les moyens d’obtenir grâce notamment à ses satellites un renseignement technique conséquent, elle a aussi besoin de renseignement humain. « Je n’ose imaginer que les Américains s’en soient passés, poursuit l’ancien militaire. C’est indispensable pour éviter les dommages collatéraux ! » Or, pour lui, les Syriens sont encore les mieux placés pour fournir ces précieuses informations.

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