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    Moyen-Orient

    Syrie: situation critique à la frontière turque

    media Arrivée de réfugiés kurdes à la frontière turque près de la ville Suruc dans la province de Sanfiurfa, le 27/09/14. REUTERS/Murad Sezer

    Après 15 jours de siège, les combattants kurdes qui défendent Kobane sont à bout de souffle. Les jihadistes de l'organisation Etat islamique sont désormais à moins de 5 kilomètres de cette enclave kurde dans le nord-est de la Syrie.

    Les combats se sont intensifiés lundi et ont même débordé en territoire turc. Plusieurs obus se sont abattus de l'autre côté de la frontière sans faire de victime. Ankara a immédiatement réagi. Pour la première fois, la Turquie a déployé plusieurs dizaines de tanks le long de sa frontière.

    A la veille de la présentation au Parlement turc d’une motion autorisant le déploiement de militaires en Irak et en Syrie, le positionnement d’une trentaine ou d’une quarantaine de tanks à moins de 300 mètres de la frontière laisse penser que la Turquie est prête à entrer en action contre les jihadistes de l’Etat islamique (EI). Peu probable, estime pourtant notre correspondant à Istanbul Jérôme Bastion.

    En Turquie, explique-t-il, personne - et surtout pas les Kurdes – ne croit Ankara sur le point de lancer la moindre offensive contre les islamistes, soupçonnés de bénéficier de son soutien, actif ou passif, notamment contre la présence kurde. Personne ne s’attend donc à ce que l’armée turque intervienne militairement contre l’Etat islamique.

    Création d'une zone tampon ?

    Même si la Turquie n'intervient pas militairement, l’argument de la sécurité après la chute de deux obus pour disperser une nouvelle manifestation de soutien aux Kurdes de la Rojava, comme celles qui se tiennent quotidiennement depuis deux semaines que Kobane subit les assauts des jihadistes, semble idéal. Grâce à ce prétexte, l’armée turque pourrait éloigner les manifestants désireux de passer la frontière.

    Cette foule de combattants volontaires, d’intellectuels et d’élus kurdes venus de toute la Turquie, est toujours plus nombreuse et toujours plus insistante au fur et à mesure que la situation dans la ville assiégée se dégrade. Mais elle demeure interdite de passage en Syrie.

    En fait, les Kurdes soupçonnent la Turquie d’attendre tout simplement la chute de Kobane, privée d’assistance extérieure, pour instaurer la zone tampon ou la bande de sécurité dont les Turcs rêvent depuis longtemps, une fois le nord de la Syrie débarrassé de toute présence kurde. D'ailleurs, dans cette optique, le gouvernement de mettre la dernière main ce mardi à la motion qui sera présentée mercredi au Parlement pour déployer des soldats en Syrie et en Irak.

    Un moyen « de se protéger davantage des réfugiés en Turquie »

    Cet aspect est confirmé par Bayram Balci, chercheur à Sciences-Po, et spécialiste de la Turquie : « C’est presque une revanche de Erdogan parce que depuis qu’il y a l’aggravation de la crise syrienne, ça fait plus de deux ans qu'il en parle. Ça a toujours été sa solution. [...] C’est aussi un moyen de montrer aux Occidentaux : " Vous voyez, ça fait deux ans qu’on vous le dit. Vous ne l’avez pas fait, eh bien là c’est la solution." »

    D'après le chercheur, la création de cette zone d'exclusion aérienne et d'une zone tampon le long de la frontière permettrait au pays « d’éloigner, de se protéger davantage des réfugiés en Turquie ; 1,5 million. Il y en a d’autres qui sont arrivés récemment, des réfugiés de Syrie. D'après moi, c’est aussi une mesure pour limiter le nombre de réfugiés. C’est une zone de protection de la Turquie. »

    Les premiers morts à Kobane

    Lundi, la police a plusieurs fois chargé violemment la foule de manifestants venus réclamés l’ouverture de la frontière pour pouvoir venir en aide, voire aller se battre avec leurs cousins résistant dans l’enclave de Kobane.

    On a appris ce mardi que les bombardements de Kobane par les forces de l'Etat islamique, lundi, avaient fait cinq morts civils et au moins deux blessés graves. Ce sont les premiers décès dans la ville. Par ailleurs, ce mardi matin, le bombardement de la ville de Kamishlo, dans l'enclave kurde de la Djéziré, plus à l'est, a fait cinq blessés.

    La situation s'aggrave. Issa Khaled, le numéro 2 du PYD, principale formation kurde syrienne, aujourd'hui en première ligne contre l'organisation sitariste radicale EI lance un appel aux Occidentaux. « La situation est très grave, très grave ! Nous avons salué l’intervention des frappes aériennes. Mais ça ne suffit pas pour qu’elles soient efficaces. Il faut d’abord une coordination avec les unités de protection du peuple qui font face à ces terroristes, ces barbares, depuis deux ans. Puis, il faut donner des moyens de défense à ces unités. Des moyens de défense, surtout des anti-chars. »

    Issa Khaled interpelle notamment la France pour qu'elle soutienne les Kurdes syriens. « Nous souhaitons que la France, comme une grande puissance et membre du Conseil de sécurité, assume ses responsabilités pour protéger cette population. Les responsables français doivent penser aux Kurdes syriens aussi, et leur donner des moyens de défense, surtout des anti-chars. Des anti-chars parce que Daesh (l'organisation Etat islamique, NDLR), ces terroristes, maintenant, ils sont dotés de blindés et de chars très modernes, récupérés aux armées de Bachar el-Assad et à l’armée irakienne. »


    Triple offensive des peshmergas kurdes en Irak

    Les combattants de l'organisation Etat islamique se trouvent désormais à cinq kilomètres de la ville de Kobane. Ils sont en mesure de lancer des roquettes dans le centre ville. Lundi, pour la première fois selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, trois personnes ont été tuées par ces tirs de roquettes.

    Les combattants jihadistes se rapprochent. Face à cette menace, la coalition emmenée par les Etats-Unis a frappé à deux reprises sur les positions jihadistes. La coalition a mené des raids aériens également dans les provinces de Raqqa et de Deir Ezzor.

    Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem rappelle la position de Damas sur ces bombardements. Il estime que les raids aériens seuls ne suffiront pas.

    L'offensive contre l’organisation Etat islamique se poursuit en Syrie, mais aussi en Irak. Ce mardi, le commandement militaire des peshmergas irakiens annoncent avoir lancé une triple offensive contre les positions tenues par les jihadistes. Le premier axe se situe au niveau de la ville de Rabia, non loin de la frontière syrienne. Le deuxième axe est la ville de Zoumar, au nord de Mossoul. Le troisième axe est constitué de plusieurs villages situés au sud de Kirkouk.

    Un officier peshmergas cité par l'Agence France Presse ajoute que ces offensives sont appuyées par des frappes aériennes, sans donner davantage de détails sur la nature de ce soutien aérien - ni préciser s'il s'agit d'avions irakiens, ou d'appareils appartenant à la coalition internationale contre l'organisation Etat Islamique.

    Nous soutenons tout effort international pour combattre l'organisation Etat islamique dans le cadre de notre souveraineté nationale et conformément aux lois internationales.
    Walid Muallem Le chef de la diplomatie syrienne 30/09/2014 - par RFI Écouter

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