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    Moyen-Orient

    Intervenir en Syrie: la diplomatie américaine à l'œuvre en Turquie

    media Le général John Allen ( 2e à droite), envoyé spécial américain en Turquie pour convaincre le gouvernement d'agir en Syrie. Ici au Caire lors de discussion avec la Ligue Arabe le 9 octobre 2014. REUTERS/Asmaa Waguih

    L'offensive est cette fois diplomatique. Le général John Allen est à Ankara depuis jeudi. La mission du patron de la coalition antiterroriste menée par les Etats-Unis n'est pas simple. Il doit persuader le gouvernement turc d'intervenir contre les jihadistes dans la bataille de Kobane. Jeudi, John Allen et le Premier ministre Ahmet Davutoglu se sont entretenus sur la question. Les lignes seraient en train de bouger.

    On s'en doutait un peu. Malgré les déclarations apaisantes de façade, l'Otan et les Américains sont aussi venus sur place pour faire évoluer la position de la Turquie. Selon notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion, Ankara clamait haut et fort, jeudi devant le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg - en visite ce vendredi auprès des batteries de missiles patriotes que l'Alliance atlantique a déployés depuis un an à la frontière -, que la Turquie ne mènerait jamais seule une opération militaire terrestre chez le voisin syrien. Le pays réclamait une zone tampon au-delà de sa frontière côté syrien. Mais depuis jeudi, Ankara est au centre d'une activité diplomatique intense. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a passé la nuit au téléphone avec ses homologues britannique, suédois, norvégien, et qatarien. Il se déplace ce vendredi à Paris pour rencontrer Laurent Fabius.

    Tracer une feuille de route

    Les alliés veulent absolument voir la Turquie renoncer à sa complaisance envers l'organisation Etat islamique et jouer un rôle plus actif dans la lutte contre les jihadistes. Les discussions, beaucoup plus secrètes, mais aussi beaucoup plus concrètes, officiellement, sont qualifiées de « détaillées ». Ces discussions sont menées avec l'envoyé spécial du président Obama pour la coalition, le général John Allen. Les Américains travaillent sur un « plan d'action militaire conjointe ». C'est tout ce que l'on sait pour l'instant. Il n'y a donc pas encore de détail pour ce projet, qui sera certainement précisé dans les tout prochains jours, notamment la semaine prochaine avec la venue d'une équipe de stratèges américains chargés de tracer une feuille de route.

    La porte-parole de la diplomatie américaine, Jennifer Psaki, se garde bien de faire pression sur Ankara. « Nous ne sommes pas dans une situation où nous posons des exigences, explique-t-elle. Nous continuons à mener des discussions avec la Turquie, et cela va se poursuivre, sur le rôle qu’ils souhaitent jouer dans les efforts de la coalition et sur la situation à Kobane ». Pour Jennifer Paksi, ces discussions sont d'autant plus importantes, que « la Turquie est bien placée pour contribuer aux efforts de la coalition pour vaincre l'organisation Etat islamique : pour la coopération militaire, le blocage des financements du terrorisme, pour juguler le flot de combattants étrangers, fournir une assistance humanitaire et délégitimer l'idéologie extrémiste de l'organisation Etat islamique. » Selon Washington, la Turquie, pays allié de l’OTAN, a les capacités de mener à bien ces opérations dans tous ces domaines.

    Les Kurdes perdent pied

    Mais pour Washington, il y a urgence. Car à Kobane, les jihadistes progressent irrémédiablement, vers le centre-ville, en dépit des bombardements alliés, qui se sont poursuivis depuis jeudi, la nuit dernière, et ce vendredi matin encore. Les troupes du groupe Etat islamique occupent de plus en plus de positions stratégiques dans la ville même. Selon l'Organisation syrienne des droits de l'Homme (OSDH), le QG des forces kurdes aurait même été pris à la mi-journée par les jihadistes. La démarche des jihadistes consiste désormais, semble-t-il, à enserrer les combattants kurdes, en coupant leur accès à la frontière turque, et au point de passage de Mursitpinar, cible d'intenses combats depuis jeudi après-midi. Les Kurdes seraient en train de perdre pied. Leur défaite est irrémédiable s'il n'y a pas une action rapide et d'envergure.

    Mais l'information de la prise du QG est à prendre avec prudence, si l'on en croit un communiqué de démenti publié un peu plus tard dans la journée par M. Khaled Issa, représentant en France du Parti de l'union démocratique (PYD, Kurdes de Syrie). « Contrairement à la rumeur que font circuler certaines agences de presse, le quartier général du PYD n'a pas été pris par les jihadistes de l'EI. Je viens d'en avoir la confirmation par la chef d'état-major du PYD, Narin Efrin, avec laquelle je suis en contact permanent », précise-t-il. Avant d'ajouter : « Ceux qui spéculent sur la chute de Kobane en faisant circuler de fausses informations seront déçus: les forces kurdes continuent à résister avec plus de détermination que jamais. »
     


    ANALYSE

    Ali Kazancigil, politologue, directeur de la revue géopolitique Anatolie et coauteur avec Faruk Bilici et Denis Akagül de La Turquie, d’une révolution à l’autre, était l'invité de l'émission Décryptage du jeudi 9 octobre. Il y a partagé son analyse de la politique turque dans le dossier syrien. Extrait :

    « La posture du gouvernement (turc, NDLR) est très risquée, en ce sens que d'une part, vis-à-vis des Kurdes, les négociations qui avaient commencé avec le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, NDLR) depuis deux ans et qui avaient changé le climat notamment vis-à-vis des Kurdes, risquent de sombrer. Les manifestations, depuis deux jours, montrent que le danger, le risque d'une guerre civile entre les Kurdes et Turcs, n'est pas exclu.

    Alors, pourquoi Erdogan (président de la République turque, NDLR), avec le gouvernement, restent-ils immobiles ? Il y a plusieurs facteurs qui jouent là dedans. L'un d'eux, c'est que la Turquie ne veut pas être l'outil, l'instrument obéissant, en quelque sorte, des Etats-Unis et des autres grandes nations. Erdogan pose d'ailleurs plusieurs conditions en disant : "Agissons ensemble".

    La première condition est l'instauration d'une zone de sécurité, une zone tampon. Deuxièmement : une sécurisation de la frontière turque avec l'aide de l'Otan. Et troisièmement, des actions contre le régime de Bachar el-Assad, qui est considéré par le gouvernement comme une des sources de cette situation. »

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