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    Moyen-Orient

    Syrie: Kobane en partie sous le contrôle de l'EI

    media Bombardements de la coalition sur la ville de Kobane en Syrie le 10 octobre 2014. REUTERS/Umit Bektas

    Les combattants kurdes jettent leurs dernières forces dans la bataille pour résister aux jihadistes à Kobane. Mais l'organisation EI progresse et contrôle désormais 40% de cette enclave kurde du nord de la Syrie. Malgré la pression internationale, la Turquie reste inflexible. Pas question pour Ankara d'intervenir militairement sur place. De quoi attiser un peu plus chaque jour la colère de la communauté kurde présente sur son territoire.

    Des réfugiés syriens kurdes à la frontière truco-syrienne le 10 octobre 2014. REUTERS/Umit Bektas

    Ankara ne se laisse toujours pas apitoyer par la situation à Kobane, explique notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion. La ville serait contrôlée quasiment pour moitié par les islamistes désormais. Selon le vice-président du Parti pour la justice et le développement (AKP) au pouvoir, Besir Atalay, il n’y a plus de civils à l’intérieur.

    Le gouvernement turc ne cède pas et ne faiblit pas face aux manifestations monstres de ces derniers jours ou aux pressions politiques et diplomatiques. Une campagne de signatures d’intellectuels et d’élus kurdes a été lancée pour réclamer la levée de l’embargo et l’ouverture d’un corridor qui permettrait la venue de renforts des autres régions kurdes.

    Des échanges diplomatiques infructueux

    Les alliés demandent également aux Turcs de s’engager militairement. Ces discussions - ou plutôt ces pressions - se poursuivent, puisque le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu s’est entretenu, dans la nuit de vendredi à samedi, avec son homologue allemand, M. Steinmeier.

    Mais le vice-Premier ministre turc Yalçin Akdogan a balayé l’idée du corridor kurde d’un revers de manche vendredi à la télévision, en disant qu'il n’avait été saisi d’aucune requête formelle (l’administration régionale kurde d'Irak a pourtant dit avoir pris contact avec Ankara), et que si c'était le cas, il réclamerait une évaluation politique et technique.

    Les Turcs cherchent toujours à gagner du temps, en somme. Les discussions avec les Américains ne semblent pas avoir débouché sur autre chose que sur un accord pour former et équiper l’opposition syrienne modérée. Kobane reste abandonnée à son funeste destin.

    La ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie et majoritairement peuplée de Kurdes, a été le théâtre de violents affrontements, mardi 7 octobre. REUTERS

    Situation tendue à Diyarbakir, en Turquie

    Selon un nouveau bilan établi par les autorités turques, on dénombre plus de trente morts dans les manifestations pro-Kurdes de la semaine. A Diyarbakir, capitale du Kurdistan turc, le calme est revenu même si la population est majoritairement hostile à la position d’attentisme adoptée par le gouvernement vis-à-vis de Kobane.

    Notre envoyé spécial Daniel Vallot relate que le couvre-feu a certes été levé, et que les manifestations sont moins nombreuses et moins meurtrières qu’il y a quelques jours, mais que la tension reste très vive dans le centre-ville de Diyarbakir. C'est dans cette ville qu’il y a eu le plus grand nombre de victimes - plus de dix morts - dans ces manifestations pro-Kurdes.

    Les Kurdes toujours en colère

    A la nuit tombée, de nouveaux incidents éclatent d’ailleurs régulièrement, entre militants pro-Kurdes et forces de sécurité. Il n’est pas rare d’entendre des détonations éclater au lointain de façon sporadique. L’armée turque reste, bien entendu, très présente et visible dans les rues de la ville avec des blindés stationnés en permanences sur les carrefours les plus importants.

    Le calme qui règne dans la ville est donc précaire. Il suffirait d’un rien pour que Diyarbakir, qui se considère comme la capitale du Kurdistan turc, s’embrase de nouveau. L’immense majorité des Kurdes de Turquie restent en effet très en colère contre le gouvernement turc, et contre le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui refusent de laisser passer armes et volontaires de l’autre côté de la frontière, pour venir en aide aux combattants de Kobane. Cette position est qualifiée, dans le meilleur des cas, d’incompréhensible, et dans le pire, de criminelle.


    Kobane, le spectre d'un nouveau Srebrenica

    Tout doit être fait pour éviter un massacre. Les Nations unies ne veulent pas d’un nouveau Srebrenica à Kobane. Staffan de Mistura, l’émissaire de l’ONU, a demandé à Ankara d’ouvrir sa frontière pour aider les miliciens kurdes syriens à défendre la ville. Il a rappelé la tragédie de Srebrenica, où pendant le conflit en ex-Yougoslavie les Serbes de Bosnie avaient massacré des milliers de civils musulmans, dans une enclave théoriquement protégée par les Nations unies.

    « Nous ne nous pardonneront sans doute jamais ce qui s’est passé à ce moment-là », a-t-il dit. Il a donné quelques précisions. Selon l’ONU, il resterait 500 à 700 habitants à Kobane, essentiellement des personnes âgées. Plus de 10 000 réfugiés seraient massés dans une zone entre la ville et la frontière avec la Turquie. « J’espère que nous ne verrons pas des gens se faire décapiter », a ajouté l’émissaire des Nations unies.

    Quand une menace précise pèse sur des civils, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas rester silencieux.
    Staffan de Mistura, émissaire spécial des Nations unies 11/10/2014 - par Sylvie Noël Écouter

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