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    Moyen-Orient

    Lutte contre l'EI: la Turquie ouvre ses installations aux Américains

    media Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le 10 octobre 2014 à Ankara. AFP PHOTO/ADEM ALTAN

    La Turquie fait un pas de plus vers la coalition antiterroriste mise en place par les Etats-Unis pour lutter contre l’organisation Etat islamique en Irak et en Syrie. Jusqu'à présent, pour bombarder les jihadistes, les Américains devaient décoller du golfe Persique. Maintenant, ils pourront utiliser des bases aériennes en Turquie. De son côté, Ankara souhaite renforcer les capacités militaires de « l'opposition modérée » de Syrie.

    La conseillère à la sécurité de la Maison Blanche, Susan Rice, a dit « beaucoup apprécier » qu’Ankara ouvre ses installations aux forces américaines - et éventuellement aux autres membres de la coalition - pour intervenir en Irak et en Syrie contre les jihadistes de l’organisation Etat islamique.

    « Les Turcs se sont engagés, au cours de ces derniers jours, à autoriser les Etats-Unis et leurs partenaires à utiliser leurs bases et leur territoire pour former les forces de l’opposition syrienne modérée, se félicite Susan Rice. De plus, ils ont dit que leurs installations à l’intérieur du pays pouvaient être utilisées par les forces de la coalition, américaines et autres, pour procéder à des activités en Irak et en Syrie. »

    Un apport logistique important pour les Américains

    L'invitation turque pourrait ne valoir que pour les bases aériennes, susceptibles d’être utilisées pour des bombardements. Et notamment l'une d'entre elles en particulier, que les Américains utilisent déjà, à savoir la base d'Incirlik près d'Adana. L'avantage serait d'éviter les longues distances pour aller bombarder les positions du groupe Etat islamique. La base d’Incirlik est située à moins de 300 kilomètres de Kobane.

    L'avantage serait également logistique. Pour l'armée américaine, cette base dispose d’atouts considérables, explique notre envoyé spécial dans le sud-est turc Daniel Vallot. Quelque 1 500 soldats américains y résident déjà en permanence ; la base est dotée d’infrastructures très importantes et d’une piste d’atterrissage de plus de 4 kilomètres.

    Construite dans les années 1950 à l’époque de la guerre froide, elle a d’ailleurs déjà joué un rôle très important pour les Etats-Unis, et ce à plusieurs reprises, notamment lors de la première guerre du Golfe et après le 11-Septembre lors des frappes contre les talibans. Incirlik avait également servi aux avions américains pour la zone d’exclusion aérienne mise en place à la fin des années 1990 dans le nord de l’Irak. Il s’agissait à l’époque de protéger les Kurdes irakiens du régime de Saddam Hussein.

    Une « troisième force » pour aider les Syriens

    Ankara défend toujours l'idée d'une opération terrestre, alors que les alliés de la coalition ne l'envisagent pas. L'aspect terrestre de la stratégie turque, Ankara propose de la confier à ce que le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu appelle une « troisième force », qui devra représenter, selon lui, toutes les parties de la Syrie et n’inclure aucun élément étranger au pays. Le chef du gouvernement souligne bien qu’elle protègera « le peuple syrien à la fois contre (le groupe) Etat islamique et contre le régime de Bachar el-Assad ».

    Cette troisième force existe déjà, c'est « l'opposition modérée », aussi communément appelée « opposition démocratique » syrienne, représentée par la Coalition nationale syrienne (CNS) exilée en Turquie et soutenue par Ankara. Cette force est très affaiblie, et divisée, comme son pendant militaire, l'Armée syrienne libre (ASL), écrasée entre les forces du régime Assad et les groupes jihadistes radicaux. La Turquie se propose de prendre en charge l'entrainement d'éléments. Il est question d’un contingent qui compterait jusqu’à 4 000 hommes, choisis parmi ce qu'il reste de l'ASL.

    Pas d'accord turco-américain sur l'idée d'une zone tampon

    La Turquie n'est pas seule à vouloir réactiver les soutiens internationaux à l'ASL et à la CNS. Les Occidentaux, dont la France et les Etats-Unis - et leurs alliés arabes - sont sur la même ligne, avec notamment l'annonce récente d'un programme d'équipement et d'entrainement des rebelles syriens modérés. Ceci étant, ce n'est pas un hasard si la Turquie insiste sur cette stratégie. Ankara recherche toujours la chute de Bachar el-Assad et redoute de voir celui-ci se renforcer au nom de la lutte contre le jihadisme. Et puis, pas question pour la Turquie de voir les Kurdes s'imposer comme la seule force locale en mesure de défier les combattants du groupe EI.

    Ahmet Davutoglu milite également, toujours, pour la mise en place d’une zone tampon et d’une zone d’exclusion aérienne, relate notre correspondant à Istanbul Jérôme Bastion. Mais si Susan Rice salue le rôle des Turcs, qui était d'ailleurs, selon elle, « déjà essentiel pour barrer la route aux combattants étrangers, et empêcher l’opposition syrienne extrémiste, l’Etat islamique et al-Nosra, d’exporter du pétrole par la Turquie », la conseillère du président américain rejette l'idée d'une zone tampon ou d'une zone d'exclusion aérienne : « A ce stade, nous ne considérons pas que ce soit essentiel à notre objectif d’affaiblir, et à terme, de détruire l’organisation Etat islamique », explique-t-elle.

    Pas d'ouverture de la frontière pour l'instant

    Pour l'heure, le principal enjeu de ces discussions, c'est Kobane. Les jihadistes de l'Etat islamique ont fait de cette ville syrienne, toute proche de la frontière turque, un objectif prioritaire. Ils y envoient même des renforts venus de Raqa et d'Alep, d'autres villes syriennes où ils combattent le régime de Bachar el-Assad. Ces combattants sont chargés d'écraser la résistance farouche que leur opposent les Kurdes. Les défenseurs de Kobane, eux, sont précisément privés de tout renfort venu de Turquie. La frontière reste en effet bloquée par les autorités d'Ankara.

    Les autorités d'Ankara vont-elles lâcher du lest ? Rien ne l'indique pour l'instant. Mais plus la situation des combattants kurdes de Kobane est critique, plus leur besoin en arme est criant, et plus les pressions se multiplient sur la Turquie pour laisser passer des renforts - hommes et matériel. Une pétition pour l'ouverture d'un corridor entre Kobane et les régions kurdes a déjà recueilli près de 100 000 signatures.

    Dimanche, une nouvelle a semé le trouble dans la région : l'envoi d'armes par les Kurdes d'Irak. Ces armes n'ont pu s'approcher qu'à 200 kilomètres à l'est de Kobane. Comme personne n'espère vraiment voir Ankara lever l'embargo sur l'enclave de Kobane, Internet se mobilise désormais pour demander un parachutage d'armes. Ce projet ne semble guère réaliste ; il n'a pas été commenté par la coalition jusque-là.

    Les Kurdes considèrent qu'il y a eu une sorte de trahison. (..) Il y a un risque de reprise des combats entre le PKK et le l'Etat Turc.
    Didier Billion, spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient, directeur adjoint de l’Institut de relations internationales et stratégiques 07/12/2014 - par Piotr Moszynski Écouter

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