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    Moyen-Orient

    Liban: près de la frontière syrienne, les habitants sous pression

    media Des soldats libanais à Ersal, en août 2014. REUTERS/Hassan Abdallah

    Au Liban, les régions frontalières de la Syrie vivent dans l'angoisse d'un nouvel assaut jihadiste depuis les combats entre l'armée et les combattants extrémistes dans la Bekaa en août dernier et la prise en otage de 26 membres des forces de sécurité. Et le malaise est d'autant plus fort parmi les minorités.

    Avec notre correspondante à Beyrouth,Laure Stephan

    Dans la région de Rachaya el-Wadi, petit village à majorité druze au pied du mont Hermon, tout est calme en apparence. Mais alors que le Liban redoute une incursion jihadiste, le malaise s'est installé, explique Sleimane Jaber, travailleur social : « Notre région est petite, Rachaya et les alentours, c'est 20 000 habitants, explique-t-il. Sept natifs de la région sont otages des jihadistes, cela pèse beaucoup sur les esprits. On se sent sous pression aussi, car notre région est à la frontière avec la Syrie, et toute proche d'Ersal. Mais l'armée libanaise est présente, et les gens de la région lui font confiance ».

    Milices armées

    Pourtant, certains hommes des villages druzes se sont érigés en milices. Ils montent la garde la nuit, armes à la main. Selon un notable de Rachaya, Souhail Kadamani, un cheikh druze qui refuse de verser dans le discours de la peur, de plus en plus d'armes affluent vers la région : « Les gens ont peur. Même si jusqu'ici tout est tranquille, souligne-t-il. Mais les druzes, en tant que minorité, s'interrogent quant à leur sécurité. Alors les gens s'arment parce qu'ils voient qu'il n'y a pas d'aide pour les minorités. Ils veulent pouvoir se protéger, au cas où les forces de sécurité ne pourraient pas le faire. Ce sont des armes légères qui affluent vers la région : kalachnikovs, M16. Et les gens s'entraînent ».

    A Rachaya, le prix des armes légères a explosé, selon un homme qui encadre certaines rondes de nuit. Elles proviennent en partie de milices proches du Hezbollah. Cette course à l’auto-sécurité fait aujourd'hui craindre des dérapages.

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