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    Moyen-Orient

    Violences à Jérusalem, la Jordanie décide de rappeler son ambassadeur

    media La police fait enlever la camionnette du conducteur palestinien qui a foncé sur des piétons avant d’être abattu. REUTERS/Ammar Awad

    De violents heurts ont éclaté tôt ce mercredi matin sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam à Jérusalem-Est, où des dizaines de juifs ultra-religieux s'y étaient rassemblés. Une présence vécue comme une provocation par les musulmans dont l'accès à l'esplanade avait été préalablement interdit. Et puis peu après, une attaque à la voiture bélier qui visait le tramway de Jérusalem a fait un mort et 14 blessés, dont trois grièvement atteints côté israélien et l'auteur de l'attaque.

    Une fois de plus, c’est donc le tramway de Jérusalem qui est visé et cette fois encore tout comme il y a tout juste deux semaines il s’agit d’un attentat à la voiture bélier : une fourgonnette qui pénétré sur le quai d’une station du tramway, renverse plusieurs personnes et poursuit sur sa lancée jusqu’à la station suivante. A ce stade, selon des témoins sur place, le conducteur descend du véhicule et armé d’une barre de fer attaque des passants. C’est alors que des bérets verts de la police des frontières ouvrent le feu et abattent le conducteur de la fourgonnette.

    Notre correspondante sur place, Murielle Paradon, a recueilli le témoignage de Moshé, un jeune ultraorthodoxe : « Tout ce que j’ai vu, c’est que quelqu’un est venu et a foncé sur des familles innocentes, provoquant la mort, et cela sans aucune raison. Le monde doit comprendre que c’est le chaos ici et qu’il faut que ça cesse. Il faut stopper les Arabes, quoi qu’ils fassent. »

    Le bilan côté israélien est de un mort et 14 blessés, dont trois grièvement atteints. Parmi eux des gardes-frontières et l’auteur de l’attaque présumée qui a été tué. Selon la police, il s’agirait d’Ibrahim Al-Akari, un habitant du camp de réfugiés de Chouafat, au nord de Jérusalem. Un activiste connu du Hamas dans la ville.

    De nouveaux heurts sur l'esplanade des Mosquées

    Cet attentat fait suite à la tension très forte à Jérusalem. Ce matin, de nouvelles échauffourées sur l’esplanade des Mosquées ont éclaté entre jeunes palestiniens et forces de l’ordre après que des extrémistes israéliens ont tenté de se rendre sur le mont du Temple (nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées) alors que les juifs ne sont pas autorisés à y prier. De jeunes palestiniens se sont alors barricadés sur l’esplanade. l’armée israélienne est intervenue à l’intérieur du lieu saint. Apparemment sans grand ménagement, brûlant un tapis et cassant des portes.

    Durant l'intrusion des juifs religieux, l'accès à l'esplanade a été interdit aux musulmans. Une vingtaine d'entre eux, retranchés dans la mosquée Al-Aqsa, ont été délogés par la police israélienne. Celle-ci a pénétré dans la mosquée en faisant usage de grenades.

    Pour Bob, un autre ultra-orthodoxe, cela ne justifie en rien l'attentat : « Ce serait parce que des juifs montent sur le mont du Temple ? Non, c’est une excuse pour provoquer des violences », lance-t-il. Et tant que le monde ne le reconnaitra pas, il y aura de la violence. » Des heurts qui se sont déroulés une semaine après l’attentat contre le militant de droite Yehuda Glick.

    La Jordanie rappelle son ambassadeur en Israël

    Face à cette flambée de violence sur l’esplanade des Mosquées, le Premier ministre Abdallah Nsour a demandé au chef de la diplomatie du royaume de « rappeler l'ambassadeur jordanien à Tel-Aviv ». Le royaume veut ainsi protester contre ce qu’il appelle les violations répétées sur les lieux saints de Jérusalem. Ce mercredi soir, notre correspondante à Amman, Angelique Ferat, indique que la Jordanie a également annoncé son intention de porter plainte devant le Conseil de sécurité de l'ONU. La Jordanie a, en effet, conservé la gestion de l'esplanade, au moment de l'occupation par Israël de Jérusalem-Est en 1967. Le roi Abdallah est officiellement le gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem. Cette incursion de juifs ultra orthodoxes bouleverserait le statu quo entériné en 1967.

    Le roi Abdallah hausse le ton

    La semaine dernière les autorités israéliennes ont fermé pendant une journée l’esplanade des Mosquées. Le roi jordanien s’est fâché et est personnellement intervenu pour obtenir sa réouverture.

    La Jordanie dénonce une hausse des tensions à Jérusalem, elle dénonce, des mesures unilatérales prises par Israël qui visent à changer le statu quo dans la ville, comprenez les nouvelles colonies qui doivent être construites et les demandes régulières de militants juifs pour obtenir l’accès à l’esplanade des Mosquées.

    Le roi Abdallah utilise ces dernières semaines un ton de plus en plus critique vis-à-vis de son voisin. Comparant par exemple le sionisme et l’extrémisme musulman. Le souverain doit aussi donner des gages à sa population. Plus de la moitié de la population jordanienne est d’origine palestinienne. Ce sont les descendants des réfugiés de 1948 ou 1967.

    La semaine dernière plusieurs manifestations ont eu lieu à Amman pour demander le renvoi de l’ambassadeur israélien en Jordanie. Certains ont même demandé l’annulation du traité de paix de 1994.

    De son côté, la confrérie jordanienne des Frères musulmans, l'un des principaux partis d'opposition, a annoncé sur son compte Twitter qu'elle organiserait vendredi, après la prière hebdomadaire, une importante manifestation à Amman pour exprimer « la colère » du peuple jordanien contre les « incursions quotidiennes des autorités d'occupation dans la mosquée Al-Aqsa ».

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