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    Moyen-Orient

    Israël: «Une nouvelle Intifada a déjà commencé»

    media A Jérusalem, la règle veut que les juifs prient au Mur des Lamentations, les musulmans sur l’Esplanade des Mosquées. REUTERS/Ammar Awad

    Des heurts sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Situation de forte tension cette semaine en Israël. Faut-il craindre une nouvelle Intifada ? La spirale de la violence est-elle à nouveau en marche ? L'avis de Michel Bôle-Richard, ancien journaliste au Monde et auteur de Israël, le nouvel apartheid.

    RFI : Pourquoi une telle flambée de violence en ce moment ?

    Michel Bôle-Richard : Pour une raison bien simple. C’est que l’extrême-droite et la droite israéliennes veulent reconquérir ce qui est, pour eux, le Mont du Temple, alors que c’est l’Esplanade des Mosquées. Donc c’est un point de cristallisation qui est très important parce que si les juifs peuvent à nouveau prier sur le Mont du Temple et reconstruire le troisième Temple, qu’ils veulent reconstruire absolument. Ils estiment que le Mont du Temple est à eux, tandis que les musulmans estiment que l’Esplanade des Mosquées est à eux aussi. Il n’est donc pas question pour les musulmans de transiger sur ce point capital, parce que ce serait une sorte de dernier clou dans le processus de paix et la fin de la Palestine.

    Pourtant ces juifs extrémistes ne sont pas très nombreux. Pourquoi leurs propos, leurs provocations, attisent autant cette violence ?

    Parce que, comme je vous l’ai expliqué, l’Esplanade des Mosquées ou le Mont du Temple, comme on voudra, est un point important. Cela singifierait en fait l’appropriation quasi-totale de Jérusalem par Israël et donc le refus d’établir la capitale de la Palestine dans Jérusalem-Est comme les Palestiniens le demandent, avec le retour aux frontières de 1967 et la fin de la colonisation.

    Est-ce qu’ils bénéficient du soutien du gouvernement israélien ? En tout cas est-ce qu’ils ont un réel poids politique ?

    Ils ont un poids énorme ! Et pour le moment, Netanyahu refuse de changer le statut quo de l’Esplanade des Mosquées ou du Mont du Temple. Il refuse pour une raison bien simple. C’est que si il change ce statut quo, ça va être la guerre et ça va être l’Intifada. Donc pour le moment, il s’y refuse. Mais est-ce qu’il va céder à la pression de la droite et du lobby des colons pour changer cet état de fait et faire en sorte que des juifs qui peuvent seulement se promener sur l’Esplanade des Mosquées puissent aller y prier ? Et donc, là-dessus il subit de fortes pressions de la part de l’extrême-droite et du lobby des colons. Et comme il y aura des élections l’an prochain en Israël, et peut-être avant, va-t-il céder pour pouvoir bénéficier d’une réélection ?

    Benyamin Netanyahu aurait laissé faire parce que sa coalition n’allait pas si bien que ça, et pour donner des gages avant les élections ?

    Pour donner des gages avant les élections. Pour le moment il n’y a pas cédé. Seuls deux pays arabes ont des relations avec Israël, l'Egypte et la Jordanie. L’Esplanade des Mosquées et le Mont du Temple sont sous la juridiction de la Jordanie depuis la guerre de 1967. Cette dernière a rappelé son ambassadeur et prévoit, si on va plus avant, de prendre d’autres sanctions. Parce que je rappelle que la police israélienne est entrée dans la Mosquée al-Aqsa. Ce qui est considéré par les musulmans comme un sacrilège.

    Vous évoquez la Jordanie qui est en charge de l’Esplanade des Mosquées. Le fait que Amman retire son ambassadeur à Tel-Aviv, cela peut-il réellement remettre en cause les relations pacifiques entre la Jordanie et Israël ?

    Les relations diplomatiques qui existent depuis 1994 entre la Jordanie et Israël ne sont pas au beau fixe, loin de là, parce que la Jordanie se rend bien compte en fait qu’Israël ne veut pas la paix et que malgré tout, les moyens qui ont été utilisés par la Jordanie pour jouer un rôle de bons offices vis-à-vis d’Israël et pour trouver une solution avec les Palestiniens, ne donnent absolument rien pour le moment. Et donc les relations sont en fait des relations de tension, une sorte de guerre froide entre la Palestine et la Jordanie.

    Est-ce que l’on est, selon vous, au début d’une Intifada qui ne dit pas son nom ?

    C’est en fait une Intifada qui a commencé. Une Intifada, ça ne commence pas brusquement, ça a commencé au mois de juillet, depuis que le processus de paix initié par John Kerry a échoué. On connaît la suite. On ne va pas rappeler tous les événements qui se sont produits depuis à Jérusalem. Mais il y a déjà quand même une dizaine de morts, plus 1 000 Palestiniens arrêtés ! Je rappelle quand même qu’en 2000 c’est l’intervention et la visite d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple, l’Esplanade des Mosquées donc, qui a enclenché la troisième Intifada !

    Certains prétendent qu’il n’y a pas la même mobilisation qu’il y avait eu en 2000 pour cette Intifada qui a commencé. Mais personne ne peut dire comment la situation va évoluer. Ce qui est sûr, c’est que si Netanyahu change le statut quo de l’Esplanade des Mosquées, ça va être la guerre et ça va être une Intifada. Parce que les Palestiniens et le monde arabe en général ne va pas transiger sur ce qui est considéré comme le troisième lieu saint de l’islam.

    Et Benyamin Netanyahu, selon vous, peut aller jusque-là ?

    Il peut aller jusque-là ! De toute façon, il est un peu prisonnier de sa coalition. Au sein de sa coalition, les partis religieux, la droite et l’extrême-droite, qui ont de plus en plus de poids, contredisent Netanyahu. Et donc il peut très bien encore dériver vers un gouvernement ou une coalition plus à droite pour garder le pouvoir. Le problème c’est qu’on arrive à un point crucial maintenant, parce que Israël ne fait absolument aucune concession sur rien. Ils continuent de coloniser Jérusalem-Est.

    On a encore annoncé il y a quinze jours 1 000 nouveaux logements à Jérusalem-Est. Ils continuent de bâtir aussi en Cisjordanie. Et tant que la colonisation ne s’arrêtera pas il n’y a aucun indice qui peut faire en sorte que les choses s’apaisent. Donc la situation est très grave.

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