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    Moyen-Orient

    Alep: images de la vie d’une ville dans la guerre

    media Image prise par le photographe franco-syrien Ammar Abd Rabbo à Alep, exposée dans le cadre de l'exposition ALEP, A eLles, Eux, Paix !, à la galerie Europia, Paris. Ammar Abd Rabbo

    Ammar Abd Rabbo retourne régulièrement en Syrie, en particulier à Alep. Pour le photographe franco-syrien, la capitale du nord de la Syrie s’écrit « ALEP, à eLles, Eux, Paix ! » et c’est aussi le titre de son exposition qui a actuellement lieu à la galerie Europia, à Paris. Il montre une ville en guerre à travers des visages et la vie au lieu de soldats armés de kalachnikovs. Entretien.

    RFI : Pourquoi avez-vous choisi de photographier la ville d’Alep ?

    Ammar Abd Rabbo : Parce que c’est l'une des plus anciennes villes du monde. C’est une ville qui a une histoire absolument fantastique qui nous touche tous. Ce n’est pas une ville syrienne, c’est une ville de l’Humanité. Une bonne partie d’Alep est inscrite au patrimoine de l’humanité de l’Unesco. C’est une ville qui a énormément souffert dans les deux dernières années et dont on parle, malheureusement, assez peu pour une ville qui avait 4 ou 5 millions d’habitants. Vous trouvez quelques papiers dans les médias ici ou là, mais pas plus que ça, alors que, récemment, la petite ville de Kobané, qui est située pas très loin, un peu plus au nord-est, et où il y a 40 000 habitants, donc cent fois moins, on parle beaucoup plus.

    D’autant plus qu’Alep est une métropole qui oppose dans ses quartiers les deux grandes forces actuelles, c’est-à-dire le régime de Bachar el-Assad et la révolution.

    Absolument. La ville est coupée en deux. Et cela aussi est toujours très fascinant, cette façon d’aborder la guerre dans la ville. Qui dit guerre dans la ville – et on peut le voir dans mes photos – c’est aussi la vie de la ville dans la guerre. C’est un parti pris un peu particulier, parce que je n’ai pas voulu montrer toute l’imagerie classique de la guerre avec les soldats, etc. J’ai préféré de montrer le hors champ.

    On voit, par exemple, de l’ail à profusion ou du savon. On voit aussi des enfants qui vont ou qui sortent de l’école. Cela veut dire que la vie continue au quotidien à Alep ?

    C’est exact. Quand vous êtes dans une ville comme Alep avec plusieurs centaines de milliers d’habitants, quand l’état de guerre est là, bien sûr, il y a l’exode, il y a beaucoup de gens qui partent, mais dans les quartiers qui ne sont plus sous la tutelle de Bachar el-Assad, il y a aujourd’hui encore à peu près 200 000 à 250 000 habitants dont peut-être 10 000 combattants. Tous les autres sont des civils. Et eux, ils doivent continuer à vivre, à prendre soin de leurs enfants, d’eux-mêmes, de leur santé, de leur nourriture, etc. Et ça, qu’il y ait une guerre, une élection ou une manifestation, cela ne change pas. C’est partout pareil.

    On y travaille ?

    On ne travaille pas comme avant. Le cœur de la ville est bouclé, il y a des combats, etc. Donc il n’y a plus la même activité commerciale d’avant, mais il y a des marchés, des agriculteurs qui ramènent leurs fruits et légumes. Il y a des gens qui les vendent et des gens qui les achètent. Il y a une activité économique, même si elle est beaucoup moins importante qu’en temps de paix.

    Selon vous, il y a aussi des quartiers qui sont très propres, nettoyés. Comment est-ce possible ?

    Dans le quartier de Saladin, par exemple, le Conseil révolutionnaire est très actif - on peut même employer le mot « civique » - et on y nettoie la rue. On repeint certains immeubles, on ouvre des écoles, on organise l’aide humanitaire. On fait en sorte que les enfants ne trainent pas dans la rue tard le soir, etc. Ce n’est pas le cas partout, malheureusement, mais il y a des quartiers où, effectivement, on a décidé de prendre son destin en mains et de ne pas attendre la fin de la guerre ou la fin de la révolution qui peut durer encore des mois, voire des années.

    Vous retournez à Alep tous les trois ou quatre mois. Qu’est-ce qui a changé les dernières semaines ?

    Mon dernier voyage était il y a quelques semaines. Malheureusement, il y a beaucoup de gens de la ville qui sont partis, parce que l’intensité des barils explosifs largués sur la ville a poussé énormément de gens à partir. Certains quartiers d’Alep ont perdu les quatre cinquièmes de leur population. C’est énorme. Cela a donné l’impression d’une ville assez déserte. C’est dur quand vous êtes dans une telle ville où il y avait 4 millions d’habitants et où aujourd’hui des quartiers entiers sont déserts. Il y a du silence et presque plus rien, à part les bombardements. Du coup, cela amenait aussi une espèce de lassitude des gens. Ils sont devenus plus durs, même avec nous, avec les journalistes et les Occidentaux et ceux qui viennent d’ailleurs. Avant on entendait des choses du style : « Ah, c’est super que vous soyez là. Vous allez raconter ce qu’on vit. » Maintenant, il y a beaucoup de gens qui disent : « A quoi ça sert que vous soyez là ? Vous risquez votre peau, vous ne changez rien. Ce que vous racontez ne fait pas bouger les politiques ou l’opinion publique. Rentrez chez vous, vous seriez mieux chez vous, avec vos familles. »

    Pourtant, c’est important de voir les photos que vous exposez et qui montrent que la vie continue.

    Pour moi, c’est important. J’espère que les gens qui sont venus voir l’exposition ou ceux qui vont venir la voir, qu’ils ressentiront la même chose. J’étais très touché de voir les enfants venir voir de ce que s’y passe et de ressentir un peu la douleur des enfants d’Alep. Déjà, pour moi, c’est énorme. 

    Ecouter l’interview avec Ammar Abd Rabbo. Le photographe franco-syrien était l’invité dans l’émission Orient Hebdo.
     
    ALEP, à eLles, Eux, Paix !, exposition du photographe franco-syrien Ammar Abd Rabbo à la galerie Europia, à Paris, jusqu’au 28 novembre.

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