GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 18 Octobre
Jeudi 19 Octobre
Vendredi 20 Octobre
Samedi 21 Octobre
Aujourd'hui
Lundi 23 Octobre
Mardi 24 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    De Falloujah à Kobane, la fulgurante ascension du groupe EI

    media Des Kurdes, désemparés, regardent depuis le frontière turque les attaques du groupe Etat islamique sur la ville de Kobane, le 7 octobre 2014. AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

    C'est sans doute l'un des évènements qui aura marqué cette année 2014 : la prise de Mossoul, le 9 juin dernier, par le groupe Etat islamique. Avec des répercussions majeures : la chute de Nouri al-Maliki, le président irakien, les exactions terribles subies par les populations civiles et la formation d'une vaste coalition anti-jihadistes emmenée par les Etats-Unis. De la prise de Falloujah à la bataille de Kobane, retour sur la fulgurante montée en puissance de l’organisation EI.

    4 janvier, prise de Falloujah. C’est le premier coup de semonce donné par les combattants de ce qui s’appelle encore à l’époque l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). En quelques jours, l’EIIL s'empare de la ville de Falloujah et de vastes étendues de territoires dans la province irakienne d'al-Anbar. Allié à des tribus sunnites excédées par le pouvoir chiite incarné par le président irakien Nouri al-Maliki, et à d’anciens officiers de Saddam Hussein, l’EIIL prépare dans les mois qui suivent une grande offensive. Celle-ci va lui permettre de faire vaciller le pouvoir central et de sécuriser un territoire immense, à cheval sur deux pays, l’Irak et la Syrie.

    Des combattants peshmergas dans le secteur de Mossoul, le 8 septembre 2014. REUTERS/Ahmed Jadallah

    9 juin, prise de Mossoul. L’offensive prend tout le monde de court, à commencer par l’armée irakienne qui se délite totalement face aux combattants jihadistes. Aussitôt, on assiste à un premier exode de masse : plusieurs centaines de milliers de civils fuient dans la panique vers le Kurdistan irakien. « Il y avait des bombardements au-dessus de nos têtes, raconte cette habitante de la plaine de Ninive, au micro de notre envoyé spécial Nicolas Falez. Ils ont laissé les familles quitter la région, il y avait des gens qui étaient malades, et des personnes âgées qui tombaient. » Les déplacés se réfugient à Erbil et dans les régions tenues par les forces kurdes irakiennes. Confrontées à l’effondrement de l’armée irakienne, les autorités autonomes du Kurdistan décident de combler le vide laissé par le gouvernement central et s’emparent à leur tour de vastes portions de territoires, y compris la ville de Kirkouk.

    29 juin, proclamation du « califat ». Fort de leurs conquêtes militaires, les chefs de l’EIIL annoncent la création d’un « califat » contrôlant un territoire allant de la plaine de Ninive, en Irak, aux territoires syriens contrôlés par leurs troupes. L’EIIL se transforme en « Etat islamique » et appelle les groupes jihadistes du monde entier à lui prêter allégeance. Le groupe Etat islamique apparaît alors au fait de sa puissance : ses troupes sont estimées à plusieurs dizaines de milliers de combattants, il dispose du trésor de guerre obtenu à Mossoul, des revenus de la contrebande de pétrole et des armes lourdes abandonnées par l’armée irakienne. Malgré les appels à l’aide lancés par le gouvernement irakien, les Etats-Unis refusent cependant de bouger, et se contentent d’envoyer à Bagdad plusieurs dizaines de conseillers militaires.

    Des Irakiens de la minorité Yezidi fuient les combats entre le groupe Etat islamique et l'armée irakienne dans la ville de Sinjar, le 11 août 2014. REUTERS/Rodi Said/Files

    8 août. Premières frappes américaines. Tout bascule au début du mois d’août, quand les combattants du groupe EI parviennent à enfoncer le front tenu par les peshmergas irakiens. Les jihadistes sont à trente kilomètres d’Erbil et parviennent à s’emparer de Qaraqosh, première ville chrétienne d’Irak. Les appels à l’intervention de la communauté internationale se multiplient, à l’exemple de celui lancé au micro de RFI par Mgr Louis Sakho, de l’Eglise chaldéenne en Irak : « Ils ont investi les églises, retiré les croix et brûlé 1 500 manuscrits. Je lance un SOS au monde entier : le gouvernement central ne maîtrise pas la situation et le Kurdistan a besoin d’un soutien aérien. » Le drame des Yézidis de Sinjar, obligés de se réfugier par dizaines de milliers sur les hauteurs qui surplombent leur ville pour échapper au pire, finit par vaincre les réticences américaines. Le 8 août, les premiers bombardements américains visent les positions de l’organisation Etat islamique en territoire irakien.

    19 août. Exécution de James Foley. Face aux bombardements américains, les responsables de l’organisation Etat islamique répliquent en menaçant d’exécuter, un par an, les otages occidentaux qu’ils détiennent. Le 19 août, une vidéo montre l'égorgement de James Foley, journaliste américain enlevé en novembre 2012 dans le nord de la Syrie. Ce sera le premier d'une série de quatre exécutions similaires. « Ils pensent que le peuple américain peut être intimidé, mais c’est mal nous connaître, répond Joe Biden, vice-président des États-Unis. Ils doivent savoir que nous allons les poursuivre jusqu'aux portes de l'enfer, car c'est en enfer qu'ils finiront par se rendre ! »

    6 septembre. Formation d’une coalition internationale contre l’organisation Etat islamique. En marge d’un sommet de l’Otan, les Etats-Unis annoncent la formation d’une vaste coalition internationale pour lutter contre l’EI. Au total, plus de quarante pays y participeront à des degrés divers, dont la France et de nombreux pays arabes sunnites.

    15 septembre. Début de la bataille de Kobane. En lançant une nouvelle offensive sur la région de Kobane, les combattants de l’organisation Etat islamique ambitionnent de conquérir une enclave kurde qui leur permettrait de contrôler une longue bande de territoire le long de la frontière turque. Le 19 septembre, une percée fulgurante leur permet de s’emparer des dizaines de villages entourant la ville, qui se vide de ses habitants. Des dizaines de milliers de civils, des Kurdes pour la plupart, se réfugient en Turquie. « J’espère que nous pourrons revenir, pour nos amis qui se battent et qui ont besoin de nous, nous confie alors une réfugiée de Kobane rencontrée en Turquie. Bien sûr, nous avons peur des jihadistes, parce qu’ils ont des armes lourdes, et parce que nous n’avons que des fusils mitrailleurs à leur opposer. Mais nous prions chaque jour pour que Kobane résiste. »

    23 septembre. Premières frappes de la coalition en Syrie. Face à l’avancée des jihadistes, les Etats-Unis et certains de leurs alliés arabes commencent à mener des frappes aériennes sur le territoire syrien, ouvrant un nouveau front dans la guerre contre l’organisation EI. Commence alors un bras de fer diplomatique avec la Turquie pour que celle-ci s’engage directement dans la bataille. Ankara s’y oppose, réclamant la création d’une vaste zone tampon du côté syrien de la frontière, et des frappes aériennes contre le régime de Bachar el-Assad.

    29 octobre 2014, Kobane sous les bombes. REUTERS/Yannis Behrakis

    31 octobre. Kobane reçoit des renforts peshmergas. Face aux pressions de la communauté internationale et face au risque de déstabilisation du Kurdistan turc, le gouvernement turc se résout à autoriser le passage de combattants venus du Kurdistan irakien, et surtout de leurs armes lourdes. Courant novembre, le rapport de force semble s’inverser et les combattants du groupe Etat islamique sont refoulés dans les faubourgs de Kobane.

    Novembre-décembre. Premiers revers jihadistes en Irak. La fin de l’année permet d’entrevoir les premiers succès militaires des forces anti-jihadistes – peshmergas, armée irakienne, coalition internationale. L’organisation Etat islamique tente en vain de s’emparer de la totalité de la ville de Ramadi, et surtout elle perd le contrôle de la ville de Baïdji, et doit renoncer à s’emparer de la raffinerie éponyme, qu’elle encerclait depuis de longs mois. Dans le nord, le 19 décembre, les peshmergas parviennent à desserrer l’étau formé autour des monts Sinjar.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.