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    Moyen-Orient

    [Entretien] Yémen: «le projet de transition pacifique est un échec»

    media Un combattant houthi en costume traditionnel arbore fièrement un jambia, poignard recourbé yéménite, à la ceinture, à Sanaa, le 20 janvier 2015. REUTERS/Khaled Abdullah

    Qui dirige le Yémen ? Son président, Abd Rabbo Mansour Hadi, est de plus en plus dépossédé de son palais dans la capitale. Le Premier ministre a quitté sa résidence encerclée par les miliciens chiites pour un lieu sécurisé. Les houthis veulent manifestement prendre le pouvoir. Frank Mermier, chercheur au CNRS, spécialiste du Yémen et de l’ensemble de la région, répond aux questions de RFI.
     

    RFI : Les événements de ces derniers jours, de ces dernières heures marquent-ils un tournant, une révolution dans le pays ?

    Franck Mermier : Ce tournant a été préparé depuis le 21 septembre 2014 avec la prise de Sanaa par les houthis, avec la complicité de l’ex-président Saleh qui a notamment demandé à ses troupes de ne pas résister face à la progression des houthis à Sanaa. Et le même scénario s’est répété ces deux derniers jours avec le fait que la garde présidentielle, qui a résisté contre les houthis qui se sont emparés du palais présidentiel, n’a pas été secourue par les autres unités yéménites, qui sont souvent composées de nordistes et qui n’ont pas participé au combat.

    On dit même que des éléments de la garde présidentielle passent à l'ennemi ?

    Ce qui transparaît c’est que la plupart de ceux qui ont résisté sont en fait originaires du Sud comme le président Hadi. Son pouvoir est extrêmement réduit, il n’arrive même plus à donner des ordres à son armée, aux forces de sécurité. On ne sait pas d’ailleurs où il se trouve, s'il est toujours dans sa maison à Sanaa, qui est encerclée. Donc, on a affaire à un coup de force préparé depuis des mois, qui a visé notamment à marginaliser le président Hadi mais surtout à contrer le projet de Constitution qui prévoyait la division du Yémen en six provinces, donc la création d’un Etat fédéral.

    C’est la principale revendication des miliciens chiites ? Empêcher ce découpage du pays ?

    Ce découpage aurait finalement amoindri leur pouvoir. Il faut savoir que les rebelles houthis sont dans une phase d’expansion territoriale. Ils ont pris au mois d’août le port d’al Hudaydah, ils sont maintenant à la lisière de la région de Taïz, à la lisière des provinces méridionales. Ils sont en train de se préparer à attaquer militairement les provinces Marib et d’al Jawf où se trouve notamment des champs pétrolifères. Donc effectivement, ce projet de Constitution avec une division du pays en six provinces aurait amoindri leur pouvoir et aurait finalement fait surgir des contre-pouvoirs dans chacune de ces provinces. D’autre part, ils se présentent aujourd’hui comme les garants, les protecteurs de l’unité yéménite. Il faut savoir que cette unité est relativement récente, elle date de 1990 avec l’union des deux Etats du Sud et du Nord. Ils préconisent plutôt la division du Yémen en deux entités, le Sud et le Nord, tout en se présentant comme les défenseurs de l’unité yéménite. Ce qui suscite d’ailleurs des réserves dans les provinces méridionales du Sud, où se trouvent de nombreux partisans d’une sécession pure et simple, on voit aujourd’hui notamment à Aden, l’autre grande ville du pays, l’ex-capitale du Yémen du Sud, une mobilisation militaire contre une éventuelle avancée des houthis dans cette région.

    Dans le Sud, il y a aussi les multiples attentats provoqués par la branche locale d’al-Qaïda, l'armée là aussi est en difficulté ?

    En grande difficulté. Il faut savoir qu’il y a un vide sécuritaire énorme depuis 2011 et la révolution, un vide sécuritaire aggravé par les divisions au sein de l’armée puisqu’il existe différents pôles d’allégeance. Une partie de l’armée continue, mais elle est de plus en plus réduite, à obéir aux ordres du président Hadi et une grande partie obéit aux ordres de l’ex-président Saleh. A Aden, on a vu des formes de rébellion dans certaines unités, il y a une division très grande entre sudistes et nordistes. Et Aqpa (Al-Qaïda dans la péninsule arabique) qui est la fusion des deux branches saoudiennes et yéménites qui datent de janvier 2009, possède finalement des mini-territoires et des régions dans le sud du pays, notamment à l’est du pays, dans le Hadramaout, et peut aussi aujourd’hui se présenter comme le protecteur de certaines régions en combattant contre les houthis.

    Cette éventuelle arrivée au pouvoir des miliciens chiites peut provoquer le retour d'Ali Abdallah Saleh dont vous avez parlé ? Il a été évincé en 2012 et on rappelle qu’il est visé par des sanctions de l’ONU ?

    Le président Hadi a été élu en février 2012 pour une période transitoire de deux ans donc jusqu’en 2014, il y a eu un processus de dialogue national, une conférence du dialogue national, qui a abouti à ce projet de Constitution qui est refusé par les houthis. Dans le même temps, le président Saleh agissait dans l’ombre. Il faut savoir qu’une des causes de la révolution de 2011, c’était qu’il préparait son fils Ahmed à lui succéder, c’est ce qui a aussi provoqué la montée des oppositions. Dans le même temps, il continue à être toujours le président de son parti, le Congrès populaire général, dont une partie des membres est au gouvernement, il a encore des relais extrêmement importants dans l’Etat. S'il est difficilement envisageable de voir un retour d'Ali Abdallah Saleh, il est possible que son fils ou d’autres membres de sa parentèle participent peut-être même à un conseil militaire qui serait créé dans les prochains jours.

    On sait que les miliciens chiites sont soutenus par l'Iran, que le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi est un allié des Etats-Unis, quelles conséquences au niveau régional ?

    On peut dire que le projet de transition pacifique qui avait été parrainé par les pays du Golfe est un échec puisque l’on voit aujourd’hui ce coup de force militaire. Il est possible que le basculement du Yémen dans une guerre sud-nord ou une guerre civile généralisée provoque l’intervention de ces voisins et au premier chef, l’Arabie saoudite.

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