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    Moyen-Orient

    Yémen: le Parlement refuse la démission du président

    media Le nouveau président yémenite Abd Rabbo Mansour Hadi lors de sa cérémonie d'investiture au Parlement, le 25 février 2012 REUTERS/Khaled Abdullah

    Le Yémen a plongé dans un chaos politique total jeudi soir après la démission du gouvernement suivie de celle du président, aussitôt rejetée par le Parlement, alors que la capitale Sanaa était sous le ferme contrôle de la milice chiite houthis.

    Le gouvernement yéménite, nommé il y a moins de trois mois, a présenté sa démission au président Abd Rabbo Mansour Hadi, a indiqué le porte-parole de l'exécutif, qualifiant cette décision d'« irrévocable ». Dans la foulée, le président a démissionné, affirmant que le Yémen était arrivé dans « une impasse totale », selon sa lettre de démission. Mais sa décision a été rejetée par le Parlement qui a convoqué une réunion extraordinaire de ses membres vendredi matin pour examiner la crise dans le pays, selon un haut responsable yéménite.

    Le Premier ministre Khaled Bahah a pour sa part justifié sa décision par le fait qu'il veut « éviter que les membres de son cabinet puissent être considérés comme responsables de ce qui se passe et de ce qui se passera au Yémen ». Cet ancien ministre du Pétrole de 49 ans, qui avait été désigné le 13 octobre pour former le gouvernement, évoque son intention de se démarquer du président Hadi, dont il semble contester les concessions faites aux miliciens chiites.

    Les miliciens d'Ansaruallah, aussi appelés Houthis, qui ont pris en septembre le contrôle d'une grande partie de Sanaa, réclament plus de poids dans les institutions de l'Etat et contestent le projet de Constitution prévoyant de faire du Yémen un Etat fédéral avec six régions.

    La crainte d'un effondrement total de l'Etat

    Ce jeudi soir, les miliciens chiites étaient toujours omniprésents autour du palais présidentiel qu'ils ont pris mardi, en dépit d'un accord par lequel ils s'engageaient à se retirer de ce secteur et de la résidence du Premier ministre, et surtout à libérer le chef de cabinet du président, Ahmed Awad ben Moubarak, enlevé samedi.

    En contrepartie, le président Hadi s'était engagé mercredi à amender le projet de Constitution. En outre, l'accord prévoyait que les Houthis ainsi que le mouvement sudiste et les autres factions politiques « privées de représentation équitable dans les institutions de l'Etat, auront le droit d'être nommés dans ces institutions ».

    Ce jeudi soir, quatre provinces du sud du pays, dont celle d'Aden, ont décidé de refuser les ordres venant de la capitale Sanaa et adressés aux unités militaires et aux forces de sécurité de ces régions, selon un communiqué de leur comité de sécurité publié jeudi soir, dans lequel est affirmé leur loyauté au président Abd Rabbo Mansour Hadi.

    Les violences qui secouent le Yémen depuis l'été font craindre à terme un effondrement total de l'Etat, comme en Somalie. Or le gouvernement de Sanaa est considéré par Washington comme un allié stratégique dans la lutte contre al-Qaïda. Les Etats-Unis lui fournissent une aide militaire et utilisent des drones pour des frappes contre des responsables d'al-Qaïda.

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