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    Le groupe EI veut ouvrir un nouveau front au Liban

    media Des soldats libanais traversent la frontière musulmane sunnite de la ville d'Ersal, le 5 août 2014. REUTERS/Hassan Abdallah

    Des combattants du groupe Etat islamique ont attaqué ce vendredi 23 janvier des positions de l’armée libanaise à la frontière libano-syrienne, dans l’est du pays, faisant des morts et des blessés des deux côtés. Ces combats dénotent un net regain d’activité de l'organisation terroriste au Liban.

    De notre correspondant à Beyrouth

    Des combattants extrémistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) ont attaqué, vendredi 23 janvier au matin, des positions de l’armée libanaise dans les hautes montagnes enneigées dans la zone frontalière avec la Syrie, à l’est du pays. Des dizaines de jihadistes ont avancé vers les positions de Tallet al-Hamra, dans la région de Ras Baalbek. De violents combats ont éclaté au cours desquels des lance-roquettes multitubes et l’artillerie lourde ont été utilisés. Le bruit de la canonnade était clairement entendu dans la localité de Ras Baalbek, à majorité chrétienne. Après avoir riposté à l'attaque, des unités d’élite libanaises ont ensuite lancé une contre-offensive pour repousser les assaillants vers le secteur syrien des hautes montagnes du Qalamoun, qui culminent à 2 200 mètres d’altitude.

    Contrairement à l’offensive jihadiste contre la localité à majorité syrienne d’Ersal, en août 2014, l’armée libanaise n’a pas été surprise par l’attaque de ce matin. Elle s’y était bien préparée. En plus du déploiement de milliers de soldats dans cette région, une douzaine de miradors avaient été construits en un temps record avec l’aide d’experts britanniques, l’été dernier. C’est l’une de ces positions qui a été prise pour cible par les extrémistes ce vendredi.

    Le groupe EI se déploie à la frontière

    Les milieux militaires et du renseignement libanais s’attendaient à cette attaque, surtout que le groupe Etat islamique a considérablement renforcé sa présence dans la zone ces dernières semaines, dans le cadre d’une stratégie d’expansion agressive. Entre fin 2014 et début janvier 2015, il a obtenu l’allégeance de plusieurs brigades qui évoluaient dans l’orbite de l’Armée syrienne libre (ASL) ou du Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. Certains groupes ont rejoint l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi pour profiter des gros moyens en argent et en armes dont elle dispose. Ceux qui ont tenté de résister ont été anéantis après de violents combats, qui ont fait des dizaines de victimes.

    Le directeur de la Sûreté général libanaise, Abbas Ibrahim, a estimé à un millier le nombre de combattants du groupe terroriste dans la région frontalière, et à 700 le nombre de ceux qui lui ont prêté allégeance ces dernières semaines.

    L’organisation EI contrôle désormais la partie nord du Qalamoun, une zone montagneuse entre le Liban et la Syrie longue d’une trentaine de kilomètres et large de huit kilomètres en moyenne. La partie sud est contrôlée par le Front al-Nosra et quelques brigades de l’ASL. Les deux organisations extrémistes détiennent encore 26 soldats et policiers libanais, enlevés lors de la prise d’Ersal, en août dernier. Quatre autres soldats avaient été assassinés par décapitation ou par exécution par balle.

    Ersal, toujours la ville-clé

    L’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi poursuit sa politique d’expansion aux dépens des restes de l’ASL. Dans la nuit de jeudi à vendredi, elle a attaqué des miliciens du groupe al-Tawhid, proche de la banche syrienne des Frères musulmans, près d'Ersal. Ces affrontements sont intervenus après l’enlèvement par le groupe, la veille, de plusieurs ressortissants syriens. Des combats à la mitrailleuse ont été enregistrés à l'intérieur même d’Ersal, dont le contrôle constitue un enjeu majeur depuis de nombreux mois, car il s’agit de la plus grande bourgade sunnite dans la plaine de la Békaa. C’est par Ersal que passent les dernières lignes de ravitaillement en eau, en nourriture et en fuel des groupes extrémistes. C’est là-bas aussi qu’ils soignent leurs blessés.

    Le vice-président du conseil municipal d’Ersal, Ahmad Flity, a déclaré à la presse, à la mi-janvier, que « les groupes rebelles modérés se sont effondrés et leurs combattants ont rejoint l'EI ».

    Un nouvel émir jordanien

    Preuve de l’intérêt accru porté par le groupe EI à la région, l’organisation a nommé un nouvel émir dans le Qalamoun. Abou al-Walid al-Makdessi, de nationalité jordanienne, a lancé une vaste offensive de charme pour s’assurer du soutien de la population sunnite de la région. Il a été aperçu faisant la prière du vendredi, le 9 janvier, dans une mosquée d’Ersal, située à quelques dizaines de mètres seulement d’un check-point de l’armée libanaise. Ecoutant ensuite les doléances des habitants, il a ordonné la restitution des carrières de pierres confisquées par les miliciens dans la région et le dédommagement des propriétaires.

    Dans sa stratégie d’expansion, le groupe EI va inéluctablement se heurter au Front al-Nosra et les observateurs pensent que l’heure du grand affrontement approche. Dans une interview accordée à l’agence Reuters, le 3 janvier, le général Abbas Ibrahim, a indiqué les combattants extrémistes cherchaient à prendre le contrôle de plusieurs villages libanais frontaliers de la Syrie, avec un objectif, protéger leurs arrières et s’assurer des bases de repli pour leurs attaques en Syrie, au sein même du territoire libanais.

    Des Libanais rejoignent les rangs jihadistes

    Le responsable de la sécurité n’a pas exclu une reprise des attentats au Liban suite aux développements dans le Qalamoun. Une semaine plus tard, le 10 janvier, deux kamikazes se faisaient sauter dans un restaurant populaire du quartier à majorité alaouite de Jabal Mohsen, à Tripoli, au Liban-Nord. Bilan : 11 morts et 37 blessés. Le groupe EI et le Front al-Nosra ont tous deux revendiqué cette double attaque.

    Selon des sources de sécurité libanaise, quelque 250 Libanais en grande partie originaires de Tripoli et du Liban-Nord, manquent à l’appel. Ils auraient rejoint les groupes extrémistes à la frontière libano-syrienne.

    Tous ces faits et ces informations suscitent l’inquiétude des autorités libanaises qui sont convaincues que le groupe jihadiste cherche à ouvrir un nouveau front au Liban. Mais l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi n’est pas dans une situation enviable. Elle est encerclée par des milliers d’hommes des armées libanaises et syriennes et des combattants du Hezbollah.

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