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    Moyen-Orient

    Libérée, la ville de Kobane reprend vie entre joie et tristesse

    media Un combattant des forces de défense kurdes avec un enfant à Kobane, en Syrie, le 28 janvier 2015. AFP PHOTO / BULENT KILIC

    Les combattants kurdes, appuyés par les frappes aériennes de la coalition, ont réussi à briser quatre mois de siège et à libérer la ville de Kobane de ses assaillants islamistes, lundi dernier, provoquant des scènes de liesse dans toute la région, en Turquie, en Irak et même en Europe. Les combats se poursuivent à l'heure actuelle pour repousser les jihadistes du groupe Etat islamique des villages alentours, toujours occupés. Mercredi 28 janvier, l'envoyé spécial de RFI a pu pénétrer dans la ville, gravement détruite, et y rencontrer ceux qui y sont restés.

    Avec notre envoyé de retour de Kobane, Jérôme Bastion

    « Kobane pleure et ses larmes sont nombreuses et froides comme la pluie », chante cette petite fille qui a enduré les quatre mois de siège, comme quelques centaines de familles comptant beaucoup de jeunes enfants et qui n’ont jamais pu se résigner à l’exil. C’est le cas, par exemple, de Wahida Rassoul, une mère de famille en train de cuisiner un plat de haricots secs avec une maigre ration de viande : « Le premier soir après la fin des combats, relate-t-elle, ça a été une joie incroyable, un sentiment indescriptible : on a eu l’impression de reprendre goût à la vie, de recommencer à vivre tout simplement. »

    Alors que dans la ville désormais calme, on entend toujours voler les avions de la coalition qui bombarde au loin, Choresh Hassan, porte-parole des forces de défense populaires kurdes pour Kobane, explique les raisons de cette victoire : « Il est certain que l’aide de la coalition, surtout vers la fin quand ça devenait difficile pour nous, a été capitale face à l’armement lourd de Daesh. L’aide des peshmergas irakiens a compté aussi, mais le plus important a été la détermination de nos combattants. »

    Dans les campagnes alentour, la guerre pour repousser la menace islamiste se poursuit, toujours avec l’aide de la coalition. Mais en ville, on pense déjà à la reconstruction, explique le maire de Kobane Mahammed Seydi : « Comme on peut le voir, la ville est totalement en ruines, il faut tout reconstruire. Nous étions un peuple pauvre, et maintenant, nous n’avons plus rien. Nous n’avons d’autre solution que de demander à la communauté internationale de nous apporter son soutien pour nous aider à redémarrer dans la vie en rebâtissant notre ville. »

    Toute la bande frontalière devant Kobane, côté turc, reste extrêmement militarisée. Sans cesse, des véhicules blindés vont et viennent. On voit beaucoup de barrages et de points de contrôle sur les routes, pour empêcher les retours précipités vers le côté syrien, côté Rojava. Mais la tension étant nettement retombé, la région a retrouvé le calme avec l’éloignement des combats. Le changement est radical au vu des mois passés. Les réfugiés veulent rentrer chez eux, mais les autorités de Kobane et les Turcs savent que cela n’est pas possible actuellement, et c’est la raison pour laquelle les journalistes ont été, après des mois de blocus, autorisés à visiter la ville détruite pour rapporter cette réalité.

    Ecouter la version audio du reportage de notre envoyé spécial à Kobane 29/01/2015 - par Jérôme Bastion Écouter

    L'objectif : alerter la communauté internationale sur la situation humanitaire et matérielle de la ville et susciter la solidarité afin de favoriser les reconstructions dont Kobane a immensément besoin. De quoi alléger la pression migratoire sur la Turquie, qui abrite près de 300 000 réfugiés kurdes et venait tout juste, le week-end dernier, d’ouvrir un nouveau camp d’accueil d’une capacité de 35 000 places, le plus grand des 20 camps que la Turquie gère depuis le début de la crise syrienne, pour un total de plus de 2 millions de réfugiés. Au vu de la situation, il est probable que les retours ne seront pas organisés avant le printemps, le temps de rétablir un minimum d’infrastructures dans la ville.

    Les priorités

    Dès la fin des combats, le gouvernement cantonal a mis sur pied un comité d’urgence, explique le Premier ministre de Kobane Enwer Müslim, chargé de planifier la reconstruction et le retour des réfugiés. Il devra d’abord décider notamment si la ville, détruite à 80% précise-t-il, sera reconstruite au même endroit ou si, comme l’idée circule, les ruines seront conservées telles quelles pour constituer une sorte de musée en plein air à la façon d’un Oradour-sur-Glane kurde. Dans ce cas, une nouvelle ville sera bâtie sur la colline Mishtenur.

    La mission de rapatriement des réfugiés se déroulera en deux temps, détaille Enwer Müslim. En premier lieu, il faut des bras jeunes pour nettoyer la ville, ainsi que des gens compétents dans la santé, l’économie, l’ingénierie, de manière à préparer le retour ultérieur des familles. Mais l’urgence absolue, dit le Premier ministre, qui en appelle aux pays concernés, c’est l’évacuation des milliers de corps de jihadistes, dont il ne peut donner le nombre exact et qui restent parfois sous les décombres, parfois à l’air libre dans les zones rurales.

    Leur identification est en cours et leurs pays d’origine seront contactés pour restitution éventuelle. Car la majorité de ces combattants islamistes sont étrangers : Tunisiens ou Saoudiens,Tchétchènes ou Turcs, et même Canadiens ou Français, le plus souvent d’origine maghrébine en l'occurence. Par ailleurs, Enwer Müslim dit détenir les preuves du passage par Kobane de l’assaillant du marché casher de la porte de Vincennes, Amedy Coulibaly.

    Consulter le premier volet de ce reportage et notre diaporama

    Centre-ville de Kobane, photographié le 28 janvier 2015. AFP PHOTO / BULENT KILIC

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