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    Moyen-Orient

    Parlementaires français à Damas: Valls et Hollande réagissent

    media Le président syrien Bachar el-Assad a reçu une délégation parlementaire française mercredi 25 février à Damas. REUTERS/SANA/Handout via Reuters

    Deux députés et deux sénateurs français, de gauche et de droite, sont allés à la rencontre du président syrien Bachar el-Assad mercredi 25 février. C’est la première fois depuis 2012 et la fermeture de l’ambassade de France à Damas que des élus français se rendent dans ce pays. Pour la Syrie, cette visite a un parfum de victoire diplomatique. Mais le Premier ministre Manuel Valls et le président François Hollande goûtent très peu à l'initiative.

    Qu'elle soit officielle ou personnelle, la visite de la délégation française à Damas ouvre une brèche dans la politique d'isolement du président Bachar el-Assad, prônée par le gouvernement français depuis trois ans. Les médias publics syriens ont d'ailleurs présenté cette visite comme une victoire diplomatique de Damas, et ont essayé de lui donner une dimension politique et sécuritaire, explique notre correspondant à Beyrouth Paul Khalifeh.

    La page Facebook de la présidence de la République syrienne a ainsi indiqué que la délégation comptait, en plus des parlementaires, un « inspecteur général » du ministère français de la Défense et un conseiller à la sécurité à l'ambassade de France à Beyrouth. Contacté par RFI, un député membre de la délégation a fait état de la présence d'accompagnateurs avec les quatre élus, sans donner plus de précisions.

    L'agence de presse officielle Sana a qualifié de « franche et claire » la rencontre entre le président Assad et les membres de la délégation venue de France. Le chef de l'Etat syrien a plaidé pour le « développement et le renforcement des relations avec les autres pays sur la base du respect de la souveraineté et de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui ».

    Il a ajouté que « la lutte anti-terroriste exige une véritable volonté politique et une ferme conviction que ce danger menace tout le monde ». Bachar el-Assad a aussi rappelé, selon Sana, que « la Syrie a toujours favorisé la coopération entre les pays car elle constitue le meilleur moyen de freiner l’expansion du terrorisme ».

    L'opposant Louay Hussein libéré sous caution

    Le jour même de la visite de la délégation, les autorités syriennes donnaient des gages, en libérant un opposant au régime, Louay Hussein, chef du Mouvement pour la construction de l'État syrien, incarcéré depuis trois mois. Il se présentera libre à son procès le 3 mars, pour atteinte au sentiment national après avoir estimé que le régime était en train de s'effondrer. Hasard du calendrier ou geste de bonne volonté ? Difficile de le savoir, tant le régime syrien est opaque.

    L'un des parlementaires qui se sont rendus à Damas a indiqué que le cas de Louay Hussein avait été évoqué lors de leur entretien avec Bachar el-Assad. Jacques Myard, député UMP et membre de la délégation, estime qu'il est « utile de renouer un dialogue avec la Syrie » pour lutter contre le terrorisme. « On a joué avec le feu et, à mon sens, on s'est trompé d'ennemi », précise-t-il. Une invitation au gouvernement français à changer sa ligne diplomatique. Mais pour Paris, l'initiative de ces quatre élus n'ouvre en rien la voie vers une normalisation.

    Depuis la fermeture de l'ambassade de France en 2012, les autorités françaises campent sur une ligne dure. Paris exige le départ de Bachar el-Assad du pouvoir. Pour la France, il est responsable de l'émergence des groupes terroristes, de la mort de dizaines et de dizaines de milliers de personnes, et du déplacement d'encore plus de Syriens. Il est donc une partie du problème, et non sa solution.

    Manuel Valls condamne « avec la plus grande vigueur »

    Ce jeudi, au lendemain de cette visite, le Premier ministre Manuel Valls a condamné avec des mots extrêmement durs la démarche. Il évoque une « faute morale » et le martèle à l'envi. « Moi je veux condamner avec la plus grande vigueur cette initiative, explique M. Valls sur BFMTV. Ils ne sont pas allés rencontrer n'importe qui, ils sont allés rencontrer Bachar el-Assad, responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts. Enfin ! Il ne s'agit pas uniquement d'un dialogue, il s'agit là d'un geste qui ne les honore pas. »

    « Que des parlementaires aient ainsi, sans crier gare, rencontré un boucher, non ! », s'insurge le Premier ministre français. Et lui emboîtant le pas, depuis les Philipinnes où il est en visite officielle sur le thème du climat, François Hollande a enfoncé le clou dans les mêmes termes : « Cette initiative, je la condamne. Je la condamne parce qu'il s'agit d'une rencontre entre des parlementaires français qui n'ont été mandatés que par eux-mêmes avec un dictateur qui est à l'origine d'une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200 000 morts. 200 000 ! »

    Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a indiqué qu'il allait sanctionner le député socialiste Gérad Bapt, parti à Damas avec ses collègues parlementaires. « Bachar n'est pas un dictateur autoritaire, c'est un boucher », a lui aussi affirmé le patron du PS sur RTL.

    A droite, Nicolas Sarkozy, chef de l'UMP, a qualifié les quatre parlementaires de « gugusses », en assurant que lui-même ne serait pas allé à Damas.

    Enfin, pour l'ancien diplomate Ignace Leverrier, les parlementaires se trompent. Bachar el-Assad n'est pas le bon interlocuteur pour lutter contre le terrorisme.

    C'est inutile de penser que Bachar el-Assad veut lutter contre le terrorisme

    Ignace Leverrier

    Ancien diplomate, auteur du blog « un œil sur la Syrie »

    26/02/2015 - par Alexandra Cagnard Écouter

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