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    Moyen-Orient

    Rebelles, armée, EI: les acteurs d’un conflit syrien qui s’éternise

    media La province d'Idleb, contrôlée en partie par le Front al-Nosra, est la cible de bombardements nourris de l'armée syrienne. Ici, dans le village de Maaret al-Naaman, le 1er mars 2015 REUTERS/Khalil Ashawi

    C'est le 15 mars 2011, par une première manifestation dans les rues de Damas, qu’a débuté le mouvement de révolte contre le régime syrien. D’un conflit binaire, entre une rébellion qui se militarise et un régime qui semble d’abord sur le point de vaciller, la guerre va se transformer en un conflit complexe avec l’apparition de groupes jihadistes de plus en plus puissants et l’intervention, à l’automne 2014, de la coalition anti-Etat islamique emmenée par les Etats-Unis. Quatre ans après le début du conflit, tour d'horizon des forces en présence, leurs territoires, leurs points forts et leurs faiblesses.

     • Régime syrien : de la déroute à la reconquête

    Soutenu par l’Iran, la Russie et le Hezbollah libanais, le régime syrien n’a plus perdu de terrain depuis 2013 et a même réussi à reprendre une partie des zones qui avaient fait défection dans les premières heures de la révolution. Avec l’aide du Hezbollah libanais, mouvement chiite proche de Téhéran et de Damas, l’armée régulière est ainsi parvenue à reconstituer un territoire homogène le long d’un axe allant de Damas à Lattaquié, dans le nord-ouest du pays. «Le régime a récupéré presque intégralement Homs et ses environs, il a aussi repoussé les rebelles dans le Qalamoun, au nord de Damas, détaille le géographe Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon II et directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient à la Maison de l’Orient. Il reste bien sûr la Ghouta orientale [dans les environs de Damas] qui est toujours aux mains des rebelles, et la ville d’Alep qu’il ne parvient pas à reprendre. Mais en ce moment, le régime marque des points dans le Sud, en essayant d’éliminer les poches tenues par la rébellion près de la frontière jordanienne. » Les zones contrôlées par le régime sont estimées à plus de 30 % du territoire syrien, mais elles regroupent les deux tiers de la population.

    Sur la scène internationale, le régime peut compter sur le soutien indéfectible de la Russie et surtout de l’Iran. Et à la faveur de la montée en puissance de l’organisation Etat islamique, l’unanimisme occidental anti al-Assad tend à s’effriter : en témoignent les débats houleux suscités en France par la visite de quatre parlementaires français à Damas le 25 février dernier. En tout état de cause, même affaibli par quatre années de guerre, le régime est bien loin de l’effondrement sur lequel avaient parié les pays occidentaux au début du conflit.

     • Organisation Etat islamique : l’expansion stoppée à Kobane

    En moins d’un an, de 2013 à 2014, l’organisation Etat islamique s’est emparée de vastes territoires à l’est du pays, chassant les autres groupes rebelles des provinces de Raqqa et de Deir Ezzor. Son territoire, immense, recouvre des champs pétroliers qui vont l’aider à financer, en 2014, son offensive-éclair du côté irakien de la frontière (prise de Mossoul en juin). Rien ne semble alors pouvoir enrayer sa progression… jusqu’à la bataille de Kobane lancée à l’automne. Avec l’aide de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) parviennent en janvier 2015 à reprendre la localité assiégée par l’Etat islamique : c’est la première défaite de cette ampleur pour le groupe jihadiste. « On sent depuis cette date que le groupe Etat islamique attend son heure, qu’il évite d’entrer en confrontation directe avec le régime ou avec la coalition, pointe Fabrice Balanche. Le groupe s’est d’ailleurs retiré de régions proches d’Alep et il ne lance plus de raids dans la région de Damas, comme c’était le cas à l’automne 2014. Il préfère se recentrer sur l’axe vital de l’Euphrate et sur les deux grandes villes qu’il tient, Raqqa et Deir Ezzor. » L’organisation Etat islamique n’est plus dans une phase d’expansion territoriale - il a d’ailleurs fort à faire du côté irakien de la frontière. En 2015, avec ses dizaines de milliers de combattants, son pouvoir d’attraction immense sur l’internationale jihadiste, avec son arsenal et ses moyens de financement considérables, il n’en reste pas moins un acteur majeur du conflit syrien.

     • Rébellion syrienne : al-Nosra en position de force, les modérés en déroute

    Jusqu’à l’émergence de l’Etat islamique, il était considéré comme le plus brutal et le plus radical des groupes jihadistes de la rébellion syrienne. Aujourd’hui, le Front al-Nosra est en passe de se constituer un territoire homogène dans la province d’Idleb et il est en position de force dans toutes les zones contrôlées par la rébellion autour d’Alep et dans le sud du pays. Face à lui, les groupes rebelles affiliés de près ou de loin à l’Armée syrienne libre (ASL) se sont effondrés. Pour Fabrice Balanche, « l’ASL ne représente qu’à peine 1 % des combattants rebelles, et elle s’est recroquevillée sur quelques positions le long des frontières avec la Turquie et la Jordanie. » Sur le terrain militaire, c’est donc le Front al-Nosra qui est considéré comme le fer de lance de la lutte anti-al-Assad.

    Mais il est aussi capable d’infliger des revers cuisants à ses adversaires au sein de la rébellion. Dernier épisode en date : la déroute infligée au groupe Hazem en février dernier, près d’Alep. Cette défaite est venue illustrer de manière éclatante l’échec de la stratégie adoptée par les pays occidentaux pour remettre sur pied une rébellion syrienne modérée. Le groupe Hazem était en effet considéré comme la pierre angulaire du programme de formation et d’équipement piloté par les Etats-Unis. Washington lui avait même livré plusieurs dizaines de missiles anti-char qui se sont ensuite retrouvés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), dans l’arsenal d’al-Nosra. Un comble pour Washington, puisque le groupe al-Nosra est considéré comme la branche syrienne d’al-Qaïda. Pour certains observateurs, la stratégie adoptée par les Occidentaux pour aider la rébellion « modérée » semble vouée à l’échec. « L’idée qui consiste à vouloir recréer une force armée en formant et entraînant des combattants en Turquie ne me paraît pas très réaliste, estime ainsi Thomas Pierret, maître de conférences à l’université d’Edimbourg, en Ecosse. Et il faudra des années avant de pouvoir créer une force militaire crédible. »

     • Kurdes syriens : une autonomie fragile

    Contraint à la mi-2012 de jeter l’essentiel de ses forces dans la bataille d’Alep, le régime syrien fait alors le choix stratégique de se retirer du Kurdistan syrien, ouvrant la voie à une autonomie de territoires qui vont être défendus, dès lors, par les combattants des YPG, milice issue d’un parti lié au PKK turc. Le Kurdistan syrien recouvre trois cantons dans le nord-est et le nord du pays (Afrin, Kobane, Kamishli) et regroupe environ deux millions d’habitants. En 2014, les combattants de l’organisation Etat islamique tentent d’étendre leur territoire aux zones kurdes, et à la fin de l’année, c’est la bataille de Kobane et une exposition médiatique internationale sans précédent du fait de la localisation de la ville, près de la frontière turque. Au terme de plusieurs mois de combats acharnés, et avec le soutien de peshmergas venus d’Irak et surtout de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les combattants kurdes finissent par repousser leurs adversaires jihadistes en janvier 2015. Militairement cette victoire permet aux milices kurdes de souffler et d’apparaître comme l’une des rares forces en mesure d’affronter l’organisation EI. Politiquement, le Kurdistan syrien apparaît comme le seul exemple de gestion politique non islamiste échappant à l’emprise du régime de Bachar al-Assad.

     • Coalition anti-EI : une stratégie d’endiguement

    En Syrie, les premiers bombardements de la coalition internationale créée par les Etats-Unis pour combattre l’organisation Etat islamique interviennent à la fin du mois de septembre 2014, plus d’un mois après les premières frappes en Irak. Les raids aériens visent essentiellement les positions du groupe EI, mais d’autres acteurs de la rébellion sont parfois visés, à commencer par le Front al-Nosra. Les Etats-Unis évitent en revanche de viser les positions de l’armée syrienne, et plusieurs pays de la coalition, à commencer par la France, refusent d’intervenir en Syrie, en craignant d’apporter un soutien indirect au régime de Bachar al-Assad.

    Avec la bataille de Kobane, c’est une stratégie d’endiguement qui se dessine. Les avions de la coalition ont pour mission de freiner l’avancée des combattants de l’Etat islamique, mais il n’est pas question, faute de relais valable au sol, de regagner les territoires déjà acquis au groupe. En Syrie, la coalition s’efforcera donc de détruire les infrastructures pétrolières détenues par le groupe Etat oslamique et de couper ses lignes d’approvisionnement pour réduire ses capacités de projection et de financement en Irak. Aux yeux des Etats-Unis, c’est bien du côté irakien de la frontière que se jouera en 2015 l’essentiel de la guerre contre l’organisation jihadiste.
     

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