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    Moyen-Orient

    Liban: le Hezbollah, pièce maîtresse du conflit syrien

    media Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais s’adresse à ses partisans via un écran géant lors d’un rassemblement à Aita el-Chaab le 16 août 2013. REUTERS/Ali Hashisho

    De nombreux experts et analystes affirment que sans le soutien de ses alliés, le régime syrien se serait effondré depuis longtemps. Parmi eux, on trouve le Hezbollah libanais, qui participe directement à la guerre en Syrie depuis le printemps 2013.

    De notre correspondant à Beyrouth,

    Lorsque le Hezbollah décide de participer directement à la guerre en Syrie, au printemps 2013, la situation du régime est critique. Damas est encerclée par les rebelles, les 375 kilomètres de frontière syro-libanaise sont en grande partie contrôlés par les insurgés, et l’armée du président Bachar el-Assad recule sur tous les fronts.

    La première offensive d’envergure du Hezbollah a eu lieu dans la région de Qousseir, un des plus importants bastions rebelles, adossé à la frontière est du Liban. Après des semaines de violents combats, toute cette région a été reprise à l’été 2013, et les lignes de ravitaillement des insurgés retranchés à Homs, la troisième ville de Syrie, ont été coupées.

    Aujourd’hui, deux ans plus tard, la quasi-totalité de la frontière libano-syrienne est sous le contrôle du régime, et Damas n’est plus menacé. Ce sont au contraire les rebelles qui sont encerclés dans leur principal bastion de la Ghouta orientale.

    S’il faut juger une action par ses résultats, on constate qu’après l’intervention du Hezbollah, les rapports de force se sont inversés sur le terrain.

    Zones d'intervention

    Les troupes du Hezbollah sont présentes sur de nombreux fronts. Les forces spéciales du parti ont joué un rôle déterminant dans la grande offensive lancée début 2015 dans le sud de la Syrie. Cette opération, toujours en cours, a permis au régime de reprendre le contrôle de plusieurs localités stratégiques dans la province de Deraa, limitrophe à la Jordanie, et celle de Quneitra, adossée au Golan occupé par Israël. Cette offensive a éloigné toute menace potentielle contre Damas à partir du Sud, de même que l’offensive du printemps 2013 a écarté le danger qui venait de l’ouest de la capitale.

    D’autres unités du Hezbollah participent aux combats à Alep au Nord, et dans la province de Lattaquié, au Nord-Ouest, mais en nombre plus réduit.

    Effectifs engagés et pertes essuyées

    Au vu du nombre de fronts sur lesquels le Hezbollah est engagé et de l’envergure des offensives qu’il lance, les experts militaires estiment les effectifs à 5000 combattants au moins. La moitié est constituée d’unités spéciales très performantes, et l’autre moitié de volontaires, bien entraînés.

    Le Hezbollah ne fournit pas de bilan global de ses pertes, mais il ne cherche pas, non plus, à dissimuler ses morts. Ceux qui tombent au combat sont glorifiés en tant que martyrs et des obsèques populaires sont organisées régulièrement. Un décompte de ces funérailles permet d’avancer le bilan de 500 morts au moins, auquel il faut ajouter 2000 blessés.

    Une fracture toujours communautaire

    Les Libanais sont très divisés sur la question et cette division suit une fracture communautaire. Les chiites continuent de faire bloc derrière le parti de Hassan Nasrallah, malgré l’importance des pertes. Ils qualifient le déploiement du Hezbollah en Syrie de guerre préventive, pour empêcher les jihadistes d’envahir le Liban. Une bonne partie des chrétiens est dans la même logique, et affirme que le Hezbollah est la première ligne de défense face à la menace du groupe Etat islamique et du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda.

    Les sunnites, qui appuient en majorité la rébellion syrienne, sont en revanche très remontés contre le soutien apporté par le Hezbollah au régime syrien. Ils accusent le parti chiite d’avoir pris cette décision unilatéralement et d’avoir, par conséquent, impliqué le Liban dans le conflit syrien.

    Cela n'empêche pas les représentants de tous les partis et communautés de siéger au sein du même gouvernement, au nom de la stabilité du Liban.

    → A (RE)LIRE : L'Iran aux frontières d'Israël

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