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    Moyen-Orient

    Syrie: quatre ans de guerre et toujours pas d’issue

    media A Damas, des habitants attendent pour recevoir de l'aide humanitaire au camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, le 11 mars 2015. REUTERS/Stringer

    Plus de 220 000 morts, des dizaines de milliers de disparus et 4 millions de réfugiés : tel est le bilan de quatre années de guerre en Syrie. Un bilan qui ne cesse de s’alourdir et dans certains territoires qui résistent au régime, dans le nord, dans le sud et à l’est de Damas dans la Ghouta, les populations doivent s’organiser pour survivre.

    C'était il y a quatre ans. Ce 15 mars 2011, plusieurs centaines de  presonnes se retrouvent dans les rues de Damas pour défiler contre le régime de Bachar el-Assad. C'est la première fois depuis le mois de février qu'un appel à manifester relayé par les réseaux sociaux est réellement suivi dans la rue. Depuis plusieurs semaines, le « Printemps arabe », qui a entraîné la chute de Ben Ali en Tunisie et celle de Moubarak en Egypte, incite les opposants syriens à vouloir défier le régime.

    A partir de ce jour, les manifestations vont se multiplier et drainer de plus en plus de monde à Damas, mais surtout à Deraa, cette ville du Sud où l'incarcération d'un groupe d'adolescentes au début du mois a suscité l'indignation d'une grande partie de la population.

    Le 18 mars, la foule est visée par des tirs à balles réelles, qui font plusieurs morts, les premières victimes de la révolte anti-Assad. Un mois plus tard, l'armée syrienne se déploie dans la ville. Face à la brutalité de la répression, les opposants commencent à s'armer, un processus qui aboutira à la formation, le 29 juillet 2011, de l'Armée syrienne libre (ASL). D'un mouvement pacifique de contestation du pouvoir en place, la révolte anti-Assad a définitivement basculé dans la guerre civile.

    Nombre croissant de belligérants

    Le conflit syrien oppose un nombre croissant de belligérants. Thomas Pierret, maître de conférences à l'Université d'Edimbourg, en Ecosse, explique qu’en quatre ans, la cartographie du conflit s’est considérablement complexifiée. Aujourd’hui, le territoire syrien est fragmenté entre un couloir central et la côte qui reste assez largement sous la domination du régime de Bachar el-Assad. Deux tiers de la population syrienne y vit actuellement. Le couloir central est partagé entre le régime et les forces rebelles qui occupent certaines parties de cette Syrie centrale.

    Le reste du pays – la partie est et le nord – est pour l’essentiel aux mains de l’organisation Etat islamique, tandis qu'une partie de la zone frontalière avec l’Irak est contrôlée par des groupes nationalistes kurdes qui tentent d’y établir une administration autonome. Les territoires ne sont pas forcément bien définis, ajoute Thomas Pierret, parce que les lignes de front bougent encore considérablement et sont fortement contestées entre ces différents acteurs.

    Que peut encore la diplomatie ?

    Quatre ans après le début du conflit, que peut encore la diplomatie ? Difficile de faire taire les armes avec des mots, du moins jusqu'à présent. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. A deux reprises déjà à Genève, les belligérants ont tenté de trouver un compromis. Peine perdue. Les uns accusant le président syrien de refuser de quitter son poste. La France, par exemple, estime que le président syrien fait partie du problème et non de la solution, les autres accusant l'opposition de faire le jeu des ennemis de la Syrie.

    De guerre lasse, Lakhdar Brahimi, l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, avait jeté l'éponge. Et son successeur Staffan de Mistura, brillant diplomate lui aussi, trébuche sur les mêmes difficultés. Son idée consiste à d'abord éteindre le feu là où c'est urgent et possible, pour ensuite faire asseoir à la même table les frères ennemis. Steffan de Mistura a tenté ainsi de conclure des cessez-le-feu locaux, notamment à Alep. Mais l'opposition refuse. Ce serait faire la part belle à l'armée de Bachar, estime-t-elle.

    Cette opposition est, sur le plan militaire, complètement désorganisée. Des milliers d'opposants pour diverses raisons ont rejoint les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) avec armes et bagages. Une opposition également divisée sur le plan politique au point qu'on se demande qui la représenterait réellement en cas de discussions.

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