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    Moyen-Orient

    Riyad: Hollande invité au sommet du Conseil de coopération du Golfe

    media François Hollande à son arrivée à Riyad, mardi 4 mai 2015, a été accueilli par le roi Salman d'Arabie saoudite. REUTERS/Christophe Ena

    Après une escale au Qatar, François Hollande est arrivé lundi soir à Riyad, en Arabie saoudite, pour y rencontrer le roi Salman et participer aujourd'hui à un sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui regroupe l'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweit, Bahrein et Oman. C'est la première fois qu'un chef d'Etat occidental est ainsi accueilli à la table des monarques du CCG. Et les dossiers à l'ordre du jour sont brûlants.

    Avec notre envoyé spécial à Riyad, Nicolas Falez

    « C'est un honneur » a dit François Hollande hier pour qualifier cette invitation inédite. Pourquoi la France est-elle aussi bien vue par les dirigeants arabes du Golfe ? « Nous travaillons à trouver des solutions politiques, à appuyer des opérations lorsqu’elles sont nécessaires, sur le plan militaire. Nous faisons en sorte en Syrie de chercher une transition qui ne passe pas par Bachar el-Assad -chacun le comprend-, nous sommes également présents dans la coalition en Irak pour agir contre le terrorisme. Nous faisons aussi notre part dans la diplomatie pour trouver un accord avec l’Iran sur le nucléaire et vous savez quelle est la vigilance que nous portons pour que cet accord puisse être véritablement une garantie que l’Iran n’accède pas à l’arme nucléaire » répond le président Hollande dont c'est la quatrième visite dans le royaume. On souligne côté français le travail de rapprochement accompli ces dernières années pour restaurer la relation entre Riyad et Paris. Une relation qui s'était distendue pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui lui avait davantage misé sur le Qatar, petit émirat concurrent du géant saoudien.

    La France joue sa carte

    La France affiche donc sa fermeté sur les dossiers régionaux : dans les discussions avec l'Iran, en soutenant l'opération au Yémen et en continuant d'exiger le départ de Bachar el-Assad en Syrie. Elle est considérée comme un « partenaire fiable et crédible » dans le Golfe selon les termes employés lundi par François Hollande. Une allusion indirecte à la crise de confiance actuelle entre les Etats-Unis et certains pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête. Ce n'est certainement pas un hasard si les monarques de la région déroulent ce mardi à Riyad le tapis rouge pour François Hollande : on peut le lire aussi comme un message adressé à Barack Obama qui a invité les dirigeants du Golfe à se rendre aux Etats-Unis la semaine prochaine.

    Le rival iranien

    Les positions françaises sont aussi en phase avec les préoccupations des monarchies du Golfe qui sont en guerre sur plusieurs fronts. Les pays de la sous-région sont impliqués à des degrés divers dans la coalition qui combat l'organisation Etat Islamique en Syrie et en Irak. En guerre également au Yémen, où l'Arabie Saoudite et ses alliés mènent des frappes aériennes contre la rébellion chiite. Et pour les pays arabes du Golfe c'est le grand rival, l'Iran, qui marque des points en soutenant cette rébellion du Yémen.

    François Hollande interpelé sur la «catastrophe humanitaire» en cours au Yémen Lucile Grosjean, porte parole d’Action Contre la Faim (ACF) 05/05/2015 - par Sami Boukhelifa Écouter

    L'Iran et son programme nucléaire, c'est l'autre grand sujet de préoccupation à Riyad. Les pays du Golfe ont peur de voir l'Iran sortir de son isolement en cas d'accord sur le nucléaire. Un Iran débarrassé des sanctions internationales deviendrait soudain beaucoup plus puissant.

    Enfin, les coïncidences de vue entre la France et les préoccupations des monarchies du Golfe dessinent des perspectives commerciales, comme on l'a vu avec le Rafale. Mais cette lune de miel sans nuance ni référence au respect des droits de l’homme pourrait bien tôt ou tard d'être reprochée à la France et à son président.

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