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    Moyen-Orient

    Syrie: massacre de civils à Kobane

    media La ville de Kobane, à la frontière turque faisait l'objet d'âpres combats, ce vendredi 26 juin 2015. REUTERS/Murad Sezer

    La double offensive lancée ce jeudi 25 juin 2015 par les jihadistes de l’organisation Etat islamique, à Kobane (Nord, frontière turque), et Hassaka (Nord-Est) se poursuivait ce vendredi. À Kobane, les jihadistes ont massacré au moins 164 civils, selon une ONG syrienne. À Hassaka, la progression des islamistes a provoqué d’importants déplacements de population.

    Alors que l’offensive du groupe Etat islamique se poursuit sur Kobane, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) rapporte qu’au moins 164 civils y ont été tués par l’organisation islamiste. Si les chiffres de l’OSDH s’avèrent exacts, il s’agit du deuxième plus important massacre commis par le groupe EI depuis celui de 230 membres de la tribu al-Cheitaat, dans un charnier découvert dans la province de Daïr az-Zour en décembre dernier.

    L'organisation EI détiendrait également près de 70 personnes en otage, alors que les troupes kurdes encerclent les bâtiments où se déroule la prise d'otages. L’attaque vise également le village voisin de Brakh Bootan. Accusées par les Kurdes d'avoir laissé passer les membres de l'organisation EI, les autorités turques ont formellement démenti jeudi ce qu'ils qualifient de « diffamation et propagande ».

    « Opération de diversion »

    La ville de Kobane avait été reprise par les combattants kurdes de l’YPG fin janvier 2015, après près de quatre mois de siège, les forces kurdes étant appuyées par les bombardements aériens de la coalition internationale. Selon certains observateurs, l’offensive de l’organisation EI serait une vengeance, mais aussi et surtout une « opération de diversion » de la part des jihadistes, qui ont subi de lourdes défaites ces derniers jours dans la région et dont le principal bastion, Raqqa, est en ligne de mire des forces kurdes.

    À Hassaka, dans le nord-est du pays, l’offensive également lancée jeudi, a été à l’origine d’un important déplacement de population. Selon le bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), au moins 60 000 personnes seraient déplacées. L’agence de l’ONU estime que ce chiffre pourrait atteindre les 200 000. La ville d’Hassaka (300 000 habitants avant la guerre) est aujourd’hui divisée en plusieurs zones administrées séparément par le gouvernement syrien et les autorités kurdes. Les jihadistes ont pris le quartier d'al-Nachoua et se sont rendues maîtres de territoires au sud-ouest de la localité proche des frontières de la Turquie et de l'Irak.

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