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    Moyen-Orient

    Chiites et sunnites de A à Z

    media Un jeune garçon lit le Coran dans une «madrassa», une école coranique. Getty Images

    De A comme Ali, à Z comme Zaïdites, les mots-clé pour comprendre ce qui rapproche et ce qui divise les musulmans chiites et sunnites.

    Ali : gendre du prophète Mahomet, Ali est l’une des figures centrales du chiisme. Il a même donné son nom à cette branche de l’islam puisque, littéralement, les chiites sont les « partisans d’Ali ». Sur le plan religieux, la division entre chiites et sunnites est une querelle de légitimité survenue dans les années qui suivent la mort du Prophète en 632. C'est une fracture majeure au sein de l'islam, et ce, dès les origines de cette religion.

    Alaouites : branche dissidente du chiisme apparue à partir du IXe siècle, les alaouites ont longtemps été considérés comme une secte mystique et initiatique très éloignée de l'islam, leur cosmogonie incluant par exemple le soleil et la lune. Ils ne sont progressivement revenus vers le chiisme qu'au XIXe siècle, puis surtout sous le mandat français sur la Syrie. Les Alaouites sont principalement présents en Syrie, c’est de cette communauté qu’est issu le pouvoir de Hafez, puis Bachar el-Assad. C'est l'alliance du régime syrien avec l'Iran à partir de 1979 qui a accentué l'assimilation de l'alaouisme au chiisme.

    Bahreïn : petite monarchie de la péninsule arabique, Bahreïn est peuplé en majorité de chiites mais c’est une dynastie sunnite qui règne sur le pays depuis 1783. En 2011, sur fond de printemps arabes, des manifestations ont secoué Bahreïn pour dénoncer les discriminations dont sont victimes les chiites, et réclamer une monarchie constitutionnelle. Le mouvement a été rapidement écrasé par une intervention armée de l’Arabie Saoudite, assistée par les autres pétromonarchies du Golfe.

    Chiites : branche minoritaire de l’islam, ils représentent environ 10% des musulman, concentrés sur les rives du Golfe persique. Les chiites sont majoritaires en Iran, en Irak et à Bahreïn. Et il existe des communautés chiites au Liban, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Yémen, en Syrie, au Pakistan, en Afghanistan… A la différence du sunnisme, l’islam chiite se caractérise par la présence d’un clergé nombreux, hiérarchisé, et formé dans des écoles théologiques en Irak ou en Iran.

    Druzes : comme les alaouites, ils forment une branche hétérodoxe de l'islam, apparue au XIe siècle à partir du chiisme ismaélien. Le druzisme est une doctrine initiatique monothéiste, mais qui a emprunté des éléments à de nombreuses religions du Moyen-Orient. Des Druzes vivent en Syrie, au Liban, en Israël.

    Etat islamique : inspiré par un sunnisme salafiste exacerbé, le groupe jihadiste radical a proclamé un « califat » en juin 2014 sur les zones qu’il contrôle en Irak et en Syrie. L’organisation développe un discours violemment anti-chiite et anti-alaouite, considérant chiites et alaouites comme des mécréants non musulmans.

    Fitna : « discorde » en arabe. Terme généralement employé pour décrire les divisions de la communauté musulmane dans le monde. La fitna entre sunnites et chiites s'est exacerbé depuis la révolution iranienne de 1979, et plus encore depuis le renversement de Saddam Hussein par les Américains en Irak en 2003 : pour la première fois depuis 1920, les chiites ont pu accéder au pouvoir à Bagdad, au détriment des sunnites.

    Guide suprême : depuis la Révolution de 1979, l’Iran chiite est une République islamique dirigée par le guide suprême, en vertu de la théorie formulée par l'ayatollah Khomeyni dans les années 1960 selon laquelle un religieux, juriste-théologien, peut exercer le pouvoir politique principal et dominer toutes les autres autorités, y compris le président de la République. Le guide suprême est actuellement l'ayatollah Ali Khamenei.

    Hezbollah : mouvement armé et parti politique libanais crée au début des années 1980 au sein de la communauté chiite du pays, avec l'aide des Iraniens. Le Hezbollah est aujourd’hui engagé militairement en Syrie aux côté du régime de Bachar el-Assad. Le chef du mouvement Hassan Nasrallah a aussi annoncé que ses hommes étaient présents en Irak, pour lutter contre l’organisation Etat islamique.

    Hussein : figure emblématique du chiisme. Hussein était le petit-fils du Prophète Mahomet et le fils d'Ali. Il meurt à la bataille de Kerbala (Irak), face aux troupes du calife Yazid. Chaque année, les chiites commémorent cet évènement fondateur lors des cérémonies de l’Achoura.

    Imam : dans le monde sunnite, l’imam est celui qui guide la prière. Pour les chiites, il est le guide spirituel de la communauté. Dans l'Iran d'après la révolution de 1979, l'ayatollah Khomeini était qualifié « d'Imam Khomeini ».

    Irak : l’invasion américaine de 2003 a provoqué la chute de Saddam Hussein, dont le régime avait largement opprimé les chiites irakiens, majoritaires dans ce pays. Désormais ce sont les sunnites d’Irak qui s’estiment marginalisés. Et ces tensions intercommunautaires ont permis aux jihadistes de l’Etat islamique de s’implanter en 2014 dans de vastes régions de l’ouest et du nord du pays.

    Koweit : L’Emirat à majorité sunnite a été le théâtre vendredi 26 juin 2015 d’un attentat suicide visant une mosquée chiite. Attaque revendiquée par l’organisation Etat islamique qui a signé ces derniers mois des attentats similaires contre des mosquées chiites en Arabie Saoudite, au Yémen et au Pakistan.

    Liban : le pays résonne de la rivalité régionale entre l’Iran et l’Arabie saoudite, et accueille sur son sol plus d'un million de réfugiés syriens. Le Hezbollah chiite est proche de Téhéran et soutient le régime de Bachar el-Assad en Syrie. Riyad soutient le Courant du Futur du sunnite Rafic Hariri, et les sunnites libanais sont plutôt favorables aux rebelles syriens.

    Mahommet : Prophète de l’islam pour les musulmans sunnites et chiites.

    La Mecque : premier lieu saint de l’islam pour les sunnites comme pour les chiites. Le roi d'Arabie saoudite se proclame « protecteur des deux lieux saints » de La Mecque et Médine, et organise chaque année le grand pèlerinage à La Mecque, le hadj. La présence de pèlerins chiites, surtout iraniens, provoque parfois de vives tensions et en septembre 2015 la bousculade qui coûta la vie à plus de 2000 pèlerins (selon un bilan non officiel) dont des Iraniens, alimenta la discorde entre Téhéran et Riyad

    Pakistan : la minorité chiite du pays a été visée par des attentats à plusieurs reprises ces dernières années. Ce fut notamment le cas le 13 mai 2015 à Karachi lorsque plusieurs hommes armés ont pris d'assaut un bus peuplé d'ismaéliens (une branche du chiisme) et exécuté 45 d'entre eux.

    Qom : cette ville d'Iran est l’un des principaux centres spirituels du chiisme, cependant historiquement moins réputée que les grandes écoles théologiques irakiennes de Najaf et Kerbala.

    Rafidis ou Rafidites : littéralement « ceux qui refusent » en arabe. Terme péjoratif utilisé pour qualifier les chiites. L’appellation est couramment employée par les mouvements jihadistes sunnites.

    Sunnites : courant majoritaire de l’Islam (environ 90% des musulmans). Le mot sunnite vient de « Sunna » qui désigne les règles prescrites par Dieu.

    Takfiri : On peut traduire ce terme par « excommunicateur ». Le takfiri est celui qui accuse un autre musulman d'être un « kafir », c'est à dire un mécréant. Le terme « takfiri » est ainsi utilisé par les ennemis de l'organisation Etat islamique pour dénoncer ce groupe. On entend régulièrement l'Iran ou le Hezbollah libanais qualifier l'EI et les autres groupes radicaux sunnites de « takfiris », les accusant ainsi de provoquer la division des croyants (la « fitna » en arabe).

    Visages : dans le chiisme la représentation de la figure humaine n’est pas proscrite. Ainsi, les visages des imams Ali et Hussein sont-ils omniprésents dans l'iconographie chiite, en particulier lors des grandes cérémonies annuelles de l'achoura.

    Yémen : encore un pays où le conflit intérieur entre tribus, entre le nord et le sud, et entre sunnites et chiites, s’est progressivement mué en terrain d’affrontement régional, entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite. Le royaume saoudien mène des frappes aériennes depuis mars dernier contre la rébellion houthiste du Yémen. L’Arabie saoudite accuse l’Iran de soutenir les rebelles.

    Zaïdites : branche de l’islam chiite essentiellement présente au Yémen. C’est de cette communauté qu’est issue la rébellion houthiste du pays. Les Zaïdites reconnaissent cinq imams, alors que les duodécimains, tels les Iraniens, qui en vénèrent douze.

    Cet article a été réalisé avec Jean-Paul Burdy, chercheur associé au GREMMO (Maison de l'Orient, Lyon) et au master Méditerranée-Moyen-Orient-MMO de l'Institut d'études politiques de Grenoble.

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