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    Moyen-Orient

    La rhétorique anti-chiite des jihadistes du groupe EI

    media Un représentant d'Ali Sistani, leader spirituel des chiites d'Irak, distribue des vivres le 6 juin dans un camp de réfugiés arrivant de Ramadi, après la prise de la ville par l'organisation Etat islamique. AFP PHOTO / AHMAD AL-RUBAYE

    Il y a un an, le groupe Etat Islamique proclamait son «califat» sur les territoires qu’il contrôle en Irak et en Syrie. Depuis, le groupe radical sunnite développe un discours violemment anti-chiite.

    Chiites et Sunnites : lutte fratricide et enjeux de pouvoir - Journée spéciale sur l'antenne de RFI, lundi 29 juin 2015

    « Sortez vos épées de leur fourreau et attaquez en priorité les chiites où qu’ils soient ». Ces mots sont ceux d’Abu Bakr Al Baghdadi, « calife » autoproclamé de l’Etat islamique qui, dans un récent message enregistré, désigne ainsi l’ennemi numéro 1 de son organisation.

    Le groupe radical et les mouvements qui l’ont précédé « sont nés en Irak et se sont nourris de la fracture chiites-sunnites » dans ce pays, analyse le chercheur Dominique Thomas, spécialiste des mouvements jihadistes.

    La fulgurante percée de l’organisation Etat islamique dans ce pays en 2014 s’est effectivement déroulée dans des provinces majoritairement sunnites (al-Anbar, Ninive…) sur fond de colère de la minorité sunnite d’Irak, qui s’estime marginalisée par le pouvoir de Bagdad à majorité chiite.

    Mais l’obsession anti-chiite de l’EI dépasse largement le cadre irakien. Dernier exemple en date, vendredi dernier, au Koweït, lorsqu’un attentat-suicide a coûté la vie à 26 fidèles chiites dans une mosquée de la capitale. Ces dernières semaines, le même scénario sanglant a coûté la vie à des membres de la minorité chiite d’Arabie saoudite. Des attaques similaires ont eu lieu au Yémen, où une partie de la population est de confession zaydite, une branche du chiisme. A chaque fois, c’est le groupe Etat Islamique qui a revendiqué ces attaques meurtrières.

    En Syrie, également, l’EI développe son discours anti-chiite, puisque le groupe jihadiste y combat le régime de Bachar el-Assad issu de la minorité alaouite, qui est une branche dissidente du chiisme, et les alliés régionaux de ce dernier que sont les « conseillers militaires » iraniens et les combattants du Hezbollah libanais.

    Le choix des mots

    De l’Irak au Yémen, en passant par la Syrie ou l’Arabie saoudite, la propagande du groupe Etat islamique utilise des termes à forte connotation religieuse et historique lorsqu’elle fustige les chiites. Le mot « rafidh » est particulièrement fréquent. « On peut le traduite par ‘renégats’ ou par ‘ceux qui ont rejeté la sunna (les règles)’ du Prophète », explique le chercheur Dominique Thomas. Selon lui, « on trouve des termes bien plus violents, certains groupes jihadistes estiment que les chiites ne font même pas partie de la communauté musulmane. »

    Ces références se retrouvent-elles chez ceux qui combattent le groupe jihadiste sur les différents terrains de confrontation ? On constate que l’Iran – chiite - se garde bien de transformer les tensions politiques en « choc » entre Islam sunnite et chiite dans la région. En revanche, la dimension communautaire et religieuse est présente chez certaines milices chiites irakiennes, mobilisées pour combattre l’organisation Etat islamique. Ces groupes armés rassemblés sous la bannière de la « mobilisation populaire » ont répondu à l’appel lancé en 2014 par le Grand Ayatollah Ali Sistani, « sans doute la figure principale du chiisme duodécimain dans son ensemble, une figure respectée dans l’ensemble du monde chiite », précise l’Historien Jean-Paul Burdy, chercheur associé au Groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo) et à l'IEP de Grenoble. « Ses prises de position sont assez rares, mais après la prise de Mossoul il a appelé à une mobilisation générale des chiites. A la fois pour défendre le chiisme et l’Irak face à une offensive sunnite », poursuit Jean-Paul Burdy.

    Récemment, une polémique a éclaté à propos d’une référence religieuse employée par ces milices chiites en Irak. Lorsque la ville de Ramadi est tombée aux mains du groupe Etat islamique il y a quelques semaines, le mot d’ordre de la mobilisation pour tenter de reprendre la ville a d’abord été : « Nous répondons à ton appel, ô Hussein », en référence à ce petit fils du Prophète, tué par les troupes du Calife à Kerbala en 680. Une connotation religieuse chiite très forte, si bien qu’il a fallu renommer en toute hâte l’opération, devenue par la suite « Nous répondons à ton appel, ô Irak », pour éviter d’alimenter la dimension confessionnelle de l’affrontement.

    Mais on voit bien qu’aujourd’hui dans les deux camps, certains ont l’impression de revivre la sanglante bataille de Kerbala qui a provoqué il y a quatorze siècles la fracture entre sunnites et chiites...

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