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    Moyen-Orient

    Nucléaire iranien: comment les habitants de Téhéran vivent l'embargo?

    media Les négociations sur le nucléaire iranien à Vienne font la Une des journaux dans les kiosques de Téhéran. Ici, le 25 novembre 2013. AFP PHOTO/ATTA KENARE

    L'Iran est toujours suspendu à ses négociations sur le secteur nucléaire. La date butoir était fixée à ce mardi 7 juillet, mais a été une nouvelle fois reportée en début d'après-midi. Alors même que ces négociations s'enlisent, les Iraniens espèrent toujours une levée des sanctions économiques établies depuis une dizaine d’années et renforcées de manière encore plus dure depuis trois ans en raison de ce dossier. La classe moyenne est sans doute la plus touchée. Comment se débrouille-t-elle, quand elle le peut, pour ne pas basculer dans la pauvreté ? Qu’en pense une partie de la classe politique iranienne ?

    De notre envoyé spécial à Téhéran

    L'Iranienne Maryame Mostafai, tchador noir de rigueur mais visage découvert, une visière sur le front pour adoucir un soleil sans merci, conduit vaillamment son taxi dans les rues de Téhéran, par 37 degrés de chaleur. « Je fais ce métier parce que j'ai perdu mon emploi à cause des sanctions. Je n'ai pas eu le choix car je suis veuve. J'étais professeure de littérature, je fais ce métier maintenant. Mais il y a des jours où ça ne suffit pas à nourrir mes enfants. J'habite dans l'un des quartiers les plus pauvres de Téhéran, au sud de la ville, dans un sous-sol avec toilettes et douche sur le palier. »

    La voiture qu'elle utilise pour travailler n'est pas la sienne, précise-t-elle. « Je dois verser tous les jours 15 dollars à son propriétaire. » En matière de conduite, cette amoureuse de la littérature n’a rien à envier à ses collègues hommes. Et pourtant, comme si cela ne suffisait pas, ils ne lui rendent pas la vie facile. « C'est dur de leur faire comprendre que je dois travailler à côté d'eux. Ils me mènent la vie dure, mais bon, j'essaye de leur dire que si leurs femmes sont au foyer, moi je suis veuve et je dois travailler car j'ai des enfants à nourrir. Ce n'est pas facile. Ils instaurent une sortent de compétition entre eux et moi. »

    « Si l'accord est signé, le perdant sera la France »

    Cheikh Hossein el-Islam est un conseiller pour les Affaires étrangères du président du Parlement. Cet homme de petite taille, les cheveux courts, porte un costume de bonne coupe. Très policé, il est connu pour son éloquence et pour ses manières franches. Il a accepté de répondre aux questions de RFI dans un salon feutré et climatisé du Parlement iranien. Quand on lui demande ce qu’il pense de la position française à Vienne, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne mâche pas ses mots.

    « La France ne défend pas une position propre à elle-même dans l'intérêt national de la France, dit-il. Probablement qu'elle défend les intérêts de Netanyahu (Premier ministre israélien, NDLR) ou ceux du roi d'Arabie saoudite. Cet accord sera de toute façon signé à Vienne et s'il est signé, le perdant sera la France, parce qu'elle tient une position très dure. Il n'y a pas de raison d'avoir une position encore plus dure que celle des Etats-Unis ou d'autres pays de l'Union européenne. Vraiment, je ne comprends pas M. Fabius. Il doit probablement suivre des objectifs personnels. »

    La levée des sanctions ouvrirait aux investisseurs étrangers d’énormes possibilités. Ce que confirme Sébastien Regnault. « Il y a un besoin énorme dans tous les domaines de l'industrie, explique cet économiste français qui vit depuis une dizaine d’années en Iran. Il y a une attente extrêmement forte de la part de la société iranienne pour enfin acquérir des technologies étrangères, des savoir-faire, des processus etc. » Pour lui, cet énorme changement induit d’énormes opportunités d’investissement pour les grandes mais aussi pour les petites et moyennes entreprises. Et les responsables iraniens rencontrés par RFI l’ont tous laissé entendre : ce serait dommage que Paris en soit privé.

    Les négociateurs patinent

    Les discussions sur le nucléaire iranien à Vienne, en Autriche, étaient censées aboutir ce mardi 7 juillet. Mais les négociateurs ont finalement à nouveau repoussé la date butoir de « plusieurs jours », a annoncé dans l'après-midi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Des deux bords les négociateurs se montraient de toute façon sceptiques quant à la conclusion imminente d’un accord. L’enjeu est maintenant d’obtenir l’engagement de Téhéran à renoncer à un programme nucléaire militaire, en échange d’une levée des sanctions internationales. Cette levée des sanctions est vitale pour la République islamique d'Iran.

    Les arguments des Iraniens sont de deux ordres au moins. Politique et diplomatique d’abord. Dans Tehran Times (en anglais) par exemple – un quotidien lu par beaucoup d’hommes d’affaires dans la région –, une série d’experts interviewés expliquent que la conclusion d’un accord signifierait une plus grande latitude de l’Iran pour stabiliser un Moyen-Orient perturbé par le groupe Etat islamique et al-Qaïda, ce qui plait aux oreilles des Etats-Unis qui ont quasiment les mains liées dans la région.

    Les experts font remarquer que l’Iran lutte déjà beaucoup plus contre les jihadistes dans la région qu’aucun allié des Etats-Unis, en premier lieu l’Arabie saoudite et le Qatar, que ce soit en Syrie ou en Irak. Certains politiques iraniens laissent même entendre que Téhéran, directement menacé par ces deux groupes, pourrait jeter dans la bataille des troupes, 40 000 à 60 000 hommes sur le sol, une fois débarrassé des sanctions, simplement parce que ces deux dangers sont aux portes du pays.

    Mais surtout, sur le plan économique, on fait valoir à Téhéran que l’Iran a d’immenses besoins en investissements étrangers : pas moins de 100 milliards dans l’industrie pétrochimique. Et puis, avec le retour de l’Iran dans le monde du pétrole et du gaz, une baisse assurée des prix de ces deux produits pour tout le monde.

    D’immenses besoins aussi pour les petites et moyennes entreprises. Exemple, on ne cesse de dire que la France pourrait avoir plusieurs marchés gigantesques dont un chantier de 80 milliards de dollars dans le secteur des transports, pour peu que la France ne cesse de poser des obstacles sur la voie d’un accord à Vienne.


    ■ Relent de pessimisme à Vienne

    Les derniers mètres d’un marathon sont souvent les plus difficiles. Dans les négociations en cours à Vienne autour du dossier du nucléaire iranien, ce ne sont pas les muscles mais les nerfs qui risquent de lâcher, prévient notre envoyé spécial sur place Sami Boukhelifa. Les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances et de l’Iran travaillent sans relâche. Ils se sont retrouvés deux fois autour d’une même table lundi 6 juillet. Deux réunions plénières en matinée et tard dans la soirée, les deux premières de cette session de discussions viennoise.

    Jusque-là, les seuls contacts entre les diplomates en chef des grandes puissances et de l’Iran avaient lieu lors de réunions bilatérales. Mais rien n’a filtré des échanges, et il est difficile de spéculer sur la tournure que peuvent prendre ces discussions ici à Vienne. Trois possiblités restaient une fois de plus envisagées ce mardi : un accord et tout le monde se réjouit ; un échec et ce sont deux années de négociations et d’efforts surhumains qui n’auront servi à rien ; ou alors une prolongation. Finalement, sans grande surprise, c'est la dernière solution qui a été décidée une fois de plus. Mais comment la justifier ? Comment expliquer au Congrès américain et à sa majorité républicaine, dont une partie est hostile à une normalisation avec l’Iran, que repousser encore une fois cette date butoir servira à quelque chose ?

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