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    Moyen-Orient

    La Turquie attaque sur deux fronts: le PKK en Irak et EI en Syrie

    media Un avion de transport militaire truc A400M sur la base militaire d'Incirlik (sud du pays). La Turquie a autorisé les Etats-Unis à utiliser cette base comme point d'appui à des frappes aériennes en Syrie. REUTERS/Murad Sezer

    Une nouvelle série de frappes aériennes et un vaste coup de filet anti-terroriste hier, vendredi, en Turquie : Ankara veut montrer sa détermination dans la lutte contre le groupe EI mais aussi contre le camp kurde avec des arrestations et des bombardements, confirmés ce matin par le gouvernement turc, contre des cibles du PKK.

    avec notre corespondant à Istanbul, Jérôme Bastion

    A 2h du matin cette nuit, le Premier ministre a tenu une réunion de crise qui a duré plus d’une heure, pour ne publier un communiqué officiel qu’en tout début de matinée, confirmant la double opération aérienne lancée hier soir et qui a surpris tout le monde.

    Une importante flotte de chasseurs bombardiers F-16 décollant de Diyarbakir a d’abord pris la direction du nord de l’Irak, où on n’avait plus vécu de bombardements turcs depuis plus de 4 ans : pas moins de 7 camps du PKK ont été frappés. Des abris, des grottes, des dépôts logistiques et des stocks de munitions y auraient été détruits.

    Marc Pierini: «Les frappes de la coalition seront infiniment plus efficaces grâce à cette décision turque» Chercheur spécialiste du Moyen-Orient et de la Turquie au centre Carnegie Europe 25/07/2015 - par Anastasia Becchio Écouter

    En même temps, d’autres avions, partis de Diyarbakir mais aussi de la base d’Incirlik, près de la Méditerranée, ont pris la direction du nord de la Syrie pour frapper une nouvelle fois l’organisation Etat islamique. Les cibles se trouvaient cette fois dans la région de Djarablous, sur le fleuve Euphrate, qui est le dernier poste frontière contrôlé par EI. On ne connaît pas précisément le résultat de ces frappes qui étaient appuyées de tirs d’obus à très longue portée.

    Le bilan de cette opération n’a pas été communiqué mais elle inquiète la population comme en témoigne Ismaïl, un retraité qui vit à Ankara, joint par RFI. « Est-ce que la Turquie va entrer vraiment en guerre contre les jihadistes qui sont aidés depuis deux ans militairement par le gouvernement, interroge Ismaël. Le gouvernement, qui a envoyé des armes aux jihadistes de Daech il y a deux ans. Pourquoi ce retournement ? Est-ce que c’est politiquement une stratégie ? On se pose la question, on en parle en Turquie ».

    Rafles dans les milieux kurdes

    Les responsables turcs avaient promis de ne pas en rester là avec la menace jihadiste et ils ont confirmé leur détermination. La surprise vient plutôt du fait qu’ils s’en soient pris aux positions de la rébellion kurde, choisissant ainsi de rompre le cessez-le-feu. D’ailleurs, les rafles opérées hier dans les milieux kurdes tant dans le sud-est qu'à Istanbul – et qui se poursuivent aujourd’hui – annonçaient ce revirement de situation.

    Ces arrestations ont causé la colère et sont à l’origine de multiples incidents violents dans le pays. A Bingöl un policier a été enlevé par le PKK qui a revendiqué le rapt ; à Erzurum c’est une ambulance, avec à son bord le personnel soignant, qui a été détournée et emmenée vers une destination inconnue ; à Bismil, une bombe a explosé au siège de la direction de la Sûreté, faisant plusieurs blessés ; à Istanbul une bombe a également été désamorcée devant le siège d’un journal pro-gouvernemental.

    Les médias de gauche et de l’opposition kurde ont par ailleurs été privés de diffusion sur internet et la marche en soutien aux victimes de Suruç de ce dimanche a été interdite.

    La police turque a procédé vendredi 24 juillet, à des centaines d’arrestations dans les milieux islamistes mais surtout parmi les militants kurdes et d’extrême-gauche. REUTERS/Yagiz Karahan

     

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