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    Moyen-Orient

    Bachar el-Assad, un président de moins en moins infréquentable

    media Le président Bachar el-Assad, le 26 janvier 2015. Certains responsables européens disent maintenant en privé qu'il est temps de parler avec Damas. REUTERS/SANA/Handout via Reuters

    La position de certains pays européens à l’égard du président syrien Bachar el-Assad évolue peu à peu. Face à la menace que représente l’organisation Etat islamique, des responsables occidentaux appellent à négocier avec lui et même à en faire un partenaire.

    Depuis plusieurs mois, certains responsables européens disent en privé qu'il est temps de parler avec Damas pour lutter contre l'organisation Etat islamique, mais peu de responsables occidentaux osaient exprimer ce point de vue en public. En France, la politique a toujours été d’éviter de négocier avec le régime de Bachar el-Assad pour trouver une issue à la crise syrienne. Pour Paris, ce dernier fait partie du problème et non de la solution. Jusqu'ici, pas question non plus de bombarder les positions de l’organisation Etat islamique en Syrie, qui tente d'instaurer un califat dont la Syrie ferait partie. Ce serait venir au secours du régime, font valoir certains diplomates français.

    L'Europe, prudente jusqu'ici, commence à manifester sa différence. Le ministre autrichien des Affaires étrangères a estimé ce mardi à Téhéran que le président syrien Bachar el-Assad et ses alliés, l'Iran et la Russie, devaient être associés à la lutte contre l'organisation Etat islamique. Une position désormais partagée à Madrid où le ministre espagnol des Affaires étrangères en visite à Téhéran vient de déclarer : « il faut négocier avec Bachar el-Assad un cessez-le-feu ».

    Paris, sans aller jusque-là, a semble-t-il réajuster ses positions. François Hollande, qui insistait sur le départ préalable du président syrien, parle désormais de son départ « à un moment ou à un autre ». Et l’aviation française vole maintenant dans le ciel syrien.

    D'abord la stabilité, ensuite la démocratie

    Si la ligne de l’Europe évolue, celle de l’Iran, en revanche, ne bouge pas d’un iota. Principal soutien régional de la Syrie, Téhéran campe sur la position en soutenant le président Bachar el-Assad. Le président Hassan Rohani l’a encore affirmé ce mardi, indique notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi : d'abord la stabilité, ensuite la démocratie. « Est-ce que la priorité est de parler de la démocratie alors que des millions de personnes sont déplacées et des centaines de milliers tuées ? », a demandé le président Rohani.

    « Le premier pas est d'arrêter le bain de sang et de ramener une stabilité partielle pour que les réfugiés puissent rentrer chez eux », a ajouté le président iranien. La priorité est de combattre les groupes terroristes comme l'organisation Etat islamique qui contrôlent le pétrole syrien et le vendent pour financer leurs massacres, a-t-il dit encore. Puissance chiite régionale, l'Iran soutient financièrement et militairement le gouvernement syrien en envoyant des conseillers militaires.

    Plusieurs responsables iraniens ont affirmé ces derniers jours qu'il n'était pas question d'accepter le départ du président Assad. « C'est aux Syriens de décider », a déclaré le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif. Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême pour les affaires internationales, a été encore plus direct en affirmant que personne comme Bachar el-Assad ne pouvait sauver la Syrie de la situation actuelle.

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