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    Par trois accès différents, les forces d'élite irakiennes sont entrées, ce lundi matin, dans la ville de Fallouja, située à 50 km à l'ouest de Bagdad, avec pour objectif d'en chasser le groupe jihadiste Etat islamique (EI), ont annoncé des commandants de l'opération.

    Moyen-Orient

    Le groupe Etat islamique se rapproche du Liban

    media A Alep dans le quartier ancien, en septembre 2015. REUTERS/Abdalrhman Ismail

    Pour convaincre les Américains et les Européens de l'indispensabilité de son implication militaire en Syrie, la Russie invoque le danger grandissant représenté par le groupe Etat islamique. La France avance les mêmes arguments. Effectivement, malgré des milliers de raids menés par la coalition internationale, l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi progresse dans le nord d'Alep face aux rebelles islamistes. Dans le centre, elle se rapproche du Liban.

    De notre correspondant à Beyrouth,

    La Russie ne fait plus un secret du renforcement de sa présence militaire en Syrie. Ce sont les médias et les responsables américains qui révèlent, au compte-gouttes, l'importance du déploiement russe dans ce pays : agrandissement de la piste d'un aéroport près de Lattaquié et installation de logements préfabriqués capables d'accueillir des centaines de soldats, déploiement de sept chars modernes T-90, arrivée de quatre chasseurs-bombardiers...

    Après avoir tenté, timidement, de minimiser l'importance de ce déploiement, la Russie a reconnu qu'elle livrait effectivement des armes et de l'équipement militaire à l'armée syrienne conformément à des contrats conclus par le passé. Puis les dirigeants russes ont annoncé qu'ils étaient disposés à envisager l'envoi de troupes au sol si le gouvernement syrien en faisait la demande. Dans le même temps, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, déclarait que Damas n'excluait pas une telle éventualité. Les autorités syriennes ont par ailleurs confirmé la livraison de nouvelles armes russes, « qui ont montré leur grande efficacité sur le terrain ».

    La Russie invoque la « menace terroriste »

    Des sources bien informées à Damas et à Beyrouth affirment que l'armée syrienne a reçu, ces dernières semaines des dizaines de transports de troupes de type BTR 82 A, des camions Ural, de l'artillerie, des pièces de rechange pour hélicoptères et avions de combats, des systèmes de communication électronique et d'énormes quantités de munitions. Ce matériel est acheminé par un pont aérien, qui se poursuivra jusqu'au 24 septembre, et par des navires russes qui accostent dans le port de Tartous, où la Russie dispose d'une base navale depuis 1971.

    Face aux critiques des Américains, la Russie invoque la « menace terroriste » constituée par l'organisation de l'Etat islamique (EI), le Front al-Nosra (la branche syrienne d'al-Qaïda) et d'autres organisations extrémistes. Elle a invité les Etats-Unis et les pays européens à coopérer avec elle pour lutter contre le terrorisme. « La priorité aujourd’hui est à la nécessaire union de nos forces contre le terrorisme. Sans cela, il est impossible de résoudre d’autres problèmes urgents, comme celui des réfugiés », a déclaré le président Vladimir Poutine, mardi 15 septembre au Turkménistan.

    Dans le même temps, Moscou annonçait que 2 400 Russes combattaient dans les rangs du groupe EI et d'autres groupes, ce qui fait des ressortissants de la Fédération de Russie le plus gros contingent d'étrangers évoluant au sein de l'organisation terroriste. De plus, les groupes d'obédience islamique dans le Caucase ont prêté allégeance au « calife » de l'organisation, Abou Bakr al-Baghdadi. Il devient clair, dans ces circonstances, que la volonté de la Russie de combattre l'EI pourrait être légitime.

    Le groupe EI déjà présent au Liban

    Le renforcement de la présence russe en Syrie intervient, d'ailleurs, à un moment où le groupe EI avance dans le nord d'Alep face aux rebelles islamistes soutenus par la Turquie et les pays arabes du Golfe, mais aussi se rapproche du Liban. Peu de médias évoquent ce dernier point, qui a pourtant été soulevé, la semaine dernière, par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, pour justifier la participation de la France aux frappes de la coalition contre l'organisation Etat islamique en Syrie.

    De graves développements militaires se sont produits sur le terrain ces dernières semaines et sont passés inaperçus aux yeux de l'opinion publique. Mais les experts et les diplomates en saisissent l'importance. Alors que l'armée syrienne concentrait son effort sur la protection des derniers champs gaziers de Chaër et de Jazal, encore sous le contrôle du gouvernement autour de Palmyre, les combattants de l'EI fonçaient dans le désert au sud-est de la ville antique. Le 6 août, ils prenaient al-Qaryatayn, une bourgade de 35 000 habitants, située à 85 kilomètres au sud de Homs et à 160 kilomètres de Palmyre. Al-Qaryatayn constitue un carrefour important reliant les territoires contrôlés par l'organisation dans la campagne à l'est de Homs et l'est de la région montagneuse du Qalamoun, dont une partie est adossée à la frontière libanaise.

    Avec la prise de cette localité, le groupe Etat islamique peut désormais acheminer des renforts et du ravitaillement entre ces deux zones. En poussant plus à l'Ouest, l'organisation jihadiste pourra ouvrir des voies pour approvisionner son maquis du Qalamoun occidental, où sont stationnés entre 500 et 800 combattants. Ce fief jihadiste est à cheval à la frontière syro-libanaise. Il longe le Liban sur une distance de 35 kilomètres entre les localités libanaises de Qaa et de Ersal, dans la plaine orientale de la Békaa.

    Des voies de ravitaillement ouvertes vers l'Irak

    Des sources libanaises de sécurité assurent que ce maquis a commencé à recevoir des renforts en petit nombre, à travers des sentiers difficiles et dangereux. Mais si l'EI parvient à élargir son contrôle vers l'Ouest, en prenant les régions de Mahin, Hawarin et Hadath, les voies de ravitaillement seront plus facilement praticables entre le fief de l'organisation à Raqqa et la frontière libanaise. Toutefois, Mahin est très bien défendue par les troupes syriennes, car elle contient d'importants dépôts d'armes et de munitions de l'armée régulière.

    Ces dernières semaines, les combattants de l'EI dans le maquis du Qalamoun sont devenus plus entreprenants et la prise d’al-Qaryatayn n'est pas étrangère à ce regain d'activité. L'armée libanaise, qui surveille de près leurs mouvements, a intensifié ses bombardements contre leurs positions. Samedi 19 septembre, l'artillerie libanaise est entrée en action contre des concentrations de troupes de l’organisation terroriste dans la zone frontalière.

    Si le verrou de Homs saute, l'EI sera aux portes du Liban, avec des voies de ravitaillement s'étendant de Ramadi, en Irak, à la frontière libanaise. Un scénario qui inquiète les grandes puissances, Russie, France et Etats-Unis en tête et qui, bien entendu, effraie les Libanais. C'est ce qui a sans doute encouragé Moscou et Washington à envisager des discussions au niveau militaire pour trouver des terrains d'entente dans la lutte contre l'EI, et poussé le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, à mettre en garde contre le danger de l'avancée des jihadistes dans la région de Homs.

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