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    Moyen-Orient

    Riyad et Téhéran à couteaux tirés après la catastrophe de La Mecque

    media Des secouristes transportent un blessé, sur le site de Mina, à La Mecque, ce 24 septembre. REUTERS/Stringer

    L’Iran a payé le plus lourd tribut lors de la bousculade meurtrière survenue le 24 septembre durant le pèlerinage à La Mecque. 464 Iraniens sont morts dans la catastrophe, un bilan revu nettement à la hausse. Une semaine après le drame, l’Iran et l’Arabie saoudite sont parvenus à un accord sur le rapatriement des corps de victimes. Mais le contentieux reste vif entre les deux puissances régionales.

    Première source de tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran : les causes de la bousculade meurtrière du 24 septembre. Pour Téhéran, l’incapacité des autorités saoudiennes à assurer la sécurité des pèlerins est à l’origine de la catastrophe. Mais de son côté, Riyad pointe du doigt l’indiscipline des pèlerins et reproche aux autorités iraniennes de vouloir politiser le drame. Autre source de tensions : l’organisation des secours, la prise en charge des victimes par les hôpitaux et l’identification des victimes. Là encore, les dirigeants iraniens dénoncent des dysfonctionnements qu’ils imputent aux autorités saoudiennes et reprochent à Riyad de refuser d’accorder des visas aux responsables iraniens qui souhaitaient se rendre sur place pour participer aux opérations de recherches.

    Dernière pomme de discorde : le rapatriement des corps, que l’Iran souhaitait « rapide et respectueux des corps ». Il aura fallu que le Guide suprême iranien Ali Khamenei tape du poing sur la table et menace de réagir « durement » si l’Arabie saoudite « ne remplit pas son devoir » pour qu’un accord soit finalement conclu entre les deux pays sur cette question très sensible.

    Sur tous ces points, les deux pays restent à couteaux tirés et la polémique risque de se poursuivre dans les prochaines semaines, car l’Iran accuse l’Arabie saoudite d’avoir volontairement sous-estimé le nombre de victimes.

    Le précédent de 1987

    Si l’Iran n’a pas tardé à mettre en cause la capacité des autorités saoudiennes à assurer la sécurité du pèlerinage, et si les dirigeants l’ont fait avec tant de virulence, c’est que le hadj est depuis des décennies source de tensions entre les deux pays. Dans les années 1980, les pèlerins iraniens sont encouragés par le régime issu de la Révolution islamique à profiter du pèlerinage pour organiser des manifestations anti-américaines et anti-israéliennes. La Mecque devient alors une tribune politique et les pèlerins iraniens s’en prennent également aux alliés arabes des pays occidentaux, et donc à l’Arabie saoudite.

    Ces manifestations débouchent sur un bain de sang en 1987, lorsque des heurts violents éclatent entre pèlerins iraniens et forces de l’ordre saoudiennes. La journée du 31 juillet 1987 s’achève par la mort de plus de 400 personnes, dont la moitié de ressortissants iraniens. Elle entraîne une rupture des relations diplomatiques durant plusieurs années entre les deux pays, et une restriction du nombre de pèlerins iraniens. Près de trente années se sont écoulées depuis ces incidents, mais la mémoire de cette journée sanglante persiste en Iran et trouve certainement un écho dans le drame qui s’est joué la semaine dernière sur les lieux du pèlerinage.

    Des Iraniens ont manifesté contre l'Arabie saoudite, à Téhéran, le 27 septembre 2015. REUTERS/Raheb Homavandi


    Moyen de pression

    Aujourd’hui, comme en 1987, et comme à chaque fois qu’un incident meurtrier vient endeuiller le pèlerinage, l’Iran ne manque pas de dénoncer l’incapacité des Saoudiens à gérer correctement les lieux saints de l’Islam. Et Téhéran remet en cause la légitimité de la dynastie saoudienne à assurer cette fonction. Pour Téhéran, La Mecque et Médine appartiennent à tous les musulmans, et la gestion de ces lieux sacrés devrait donc revenir à un comité international.

    Pour la dynastie saoudienne, c’est évidemment hors de question. Le rôle de gardien des lieux saints lui apparaît comme le fondement même de sa légitimité politique et de son rayonnement dans le monde arabo-musulman. Dans le contexte de rivalité exacerbée qui oppose les deux pays, la question du pèlerinage est à la fois une source de tensions, mais aussi un moyen parmi d’autres d'exercer une pression politique sur son adversaire, au même titre que le conflit syrien, les rivalités politiques libanaises ou la guerre civile au Yémen.

    Des pèlerins à Mina, près de La Mecque, où 717 personnes dont 131 Iraniens ont trouvé la mort dans une bousculade jeudi 24 septembre 2015. REUTERS/Ahmad Masood

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