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    L'armée syrienne, ses milices et ses alliés étrangers

    media Un combattant de l'armée syrienne libre dans la ville de Beit Jiin à l'ouest de Damas, le 30 septembre. REUTERS/Alaa Al-Faqir

    La Russie, qui a mené ce mercredi 30 septembre ses premières frappes aériennes en Syrie, est la dernière venue sur un champ de bataille où s'affrontent des combattants venus de dizaines de pays, en plus des membres de la Coalition internationale conduite par les Etats-Unis. Les médias braquent les projecteurs sur les jihadistes étrangers, mais ils évoquent beaucoup moins les forces étrangères qui soutiennent le régime. Pourtant, ils sont des milliers, venus de plusieurs pays, et actifs sur les fronts les plus difficiles.

    De notre correspondant à Beyrouth,

    L'Armée arabe syrienne (AAS) comptait au début du conflit, en mars 2011, près de 350 000 hommes, en grande partie des conscrits. En raison des pertes, des défections et des insoumissions, les effectifs sont tombés, aujourd'hui, à 125 000 hommes. En mars dernier, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) proche de l'opposition, avançait le bilan de 46 138 morts dans les rangs de l'armée, et 30 662 morts du côté des miliciens pro-régime. Actuellement, le nombre de militaires syriens tués au combat a dépassé les 55 000 et celui des miliciens approche des 40 000 victimes. En outre, des dizaines de milliers de soldats ont, soit déserté, soit rejoint les rangs des groupes rebelles armés.

    Pour tenter de trouver un remède à la baisse chronique d'effectifs, qui se faisait cruellement sentir sur tous les fronts, le gouvernement syrien a pris une série de mesures : campagne médiatique appelant les jeunes à s'enrôler, amnistie présidentielle pour les insoumis et les déserteurs et augmentation de la solde pour les militaires au front.

    En parallèle, et avec l'aide des 1 700 instructeurs russes et de centaines de conseillers iraniens, le régime a regroupé ses « comités populaires » et autres milices dans le cadre d'une armée supplétive dotée d'un état-major autonome, appelé l'Armée de défense nationale (ADN). Ce corps, dirigé par le général Mohammad Hawash, formé essentiellement de volontaires, compterait entre 80 000 et 100 000 hommes.

    Le régime peut compter aussi sur de nombreuses autres unités combattantes, plus ou moins efficaces. Il y a d'abord les « Brigades du Baas », formées de membres du parti au pouvoir. Il s'agit en majorité de sunnites qui ont fui les régions passées sous contrôle des rebelles ou du groupe Etat islamique (EI), et dont le sort est étroitement lié à celui du régime. Ces brigades, dirigées par le secrétaire général adjoint du Baas, Hilal Hilal, compteraient quelque 10 000 combattants. Elles sont actives à Alep, dans la périphérie de Damas et dans la ville de Daraa, dans le Sud syrien.

    Dans la ville de Deir Ezzor, à l'Est, l'armée syrienne est secondée par des unités tribales composées de membres des tribus sunnites des Chouheitat et des Bou Saraya, dont des centaines de membres ont été massacrés par l'EI. Dans cette ville, une milice arménienne de quelques dizaines de membres se bat également aux côtés de l'armée régulière.

    Dans le désert de Homs, au centre, l'armée est épaulée dans la guerre contre l'EI par les « Aigles du désert », une unité comptant près de 6 000 combattants tribaux, qui ont une connaissance parfaite du terrain.

    Un autre corps militaire, appelé « Kadesh », regroupe cinq à six mille miliciens directement rattachés à l'état-major de la Garde républicaine, l'unité d'élite de l'armée, dirigée par le général Maher al-Assad, le frère du président syrien. Il s'agit principalement d'anciens rebelles et déserteurs qui ont rejoint le régime après avoir bénéficié d'une amnistie dans le cadre de processus de « réconciliation ».

    L'apport décisif du Hezbollah

    Toutes ces forces réunies n'ont cependant pas suffi à empêcher la progression de l'EI, du Front al-Nosra (la branche syrienne d'al-Qaïda), et des autres groupes rebelles. Un apport externe était nécessaire et c'est le Hezbollah libanais qui, le premier, s'est massivement impliqué sur le terrain syrien. Au vu des fronts dont il a la charge, les experts estiment à 8 000 le nombre de combattants du parti chiite libanais engagés en Syrie.

    Leur contribution décisive a permis de remporter des batailles importantes comme celles de Qousseir, au printemps 2013, et du Qalamoun, en 2014. Ils sont essentiellement déployés dans la région frontalière entre la Syrie et le Liban, mais aussi dans la province de Quneitra, limitrophe du Golan occupé par Israël, et dans les localités chiites de Foua et Kefraya, encerclées par les rebelles à Idleb (Nord), et de Nobol et Zahraa à Alep (Nord).

    Au printemps dernier, des sources de sécurité syrienne ont révélé que 7 000 à 10 000 soldats de la brigade al-Qods, l'unité d'élite des Gardiens de la révolution iranienne, ont été déployés autour de Damas pour protéger la capitale après la prise de la cité antique de Palmyre par l'EI et de la province d'Idleb, par le Front al-Nosra.

    Le régime syrien peut aussi compter sur les 3 000 hommes des « Brigades Aboul Fadl al-Abbas », composées de chiites irakiens. Ces unités sont essentiellement chargées de la protection du mausolée de Sitt Zeinab, la sœur de l'imam Hussein, le petit-fils du prophète Mohammad, vénérée par les chiites, situé au sud de Damas. Avant la prise par l'EI de Mossoul et la proclamation du califat, en juin-juillet 2014, ces brigades déployaient en Syrie quelque 10 000 hommes. Mais à la suite de la montée en puissance de l'organisation terroriste en Irak, une grande partie d'entre eux est rentrée au pays pour livrer sa propre bataille.

    Des Afghans et des Palestiniens

    Moins connus sont les « fatimides afghans », des volontaires de la minorité chiite afghane des Hazaras, recrutés surtout en Iran. Au nombre de 3 000, ils se battent sur les fronts du Nord et du Sud syriens. La presse iranienne fait parfois état de funérailles de ces combattants « tombés en martyrs en Syrie » et enterrés en Iran.

    Parmi les alliés étrangers du régime syrien figurent plusieurs milliers de combattants palestiniens. Ils appartiennent soit à l'Armée de libération palestinienne (ALP), un contingent relevant de l'armée syrienne et exclusivement composée de réfugiés palestiniens de Syrie ou de leur descendance, soit à des organisations palestiniennes proches de Damas, comme le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) d'Ahmad Jibril. Ils sont surtout déployés dans le camp de Yarmouk, au sud de Damas, face à l'EI et au Front al-Nosra.

    Il existe enfin une milice relevant du Parti syrien national social (PSNS), qui est une formation libanaise historiquement bien implantée en Syrie et qui dispose de députés dans les Parlements des deux pays. Ce parti laïc défend l'idéologie d'une Grande Syrie, regroupant les territoires actuels de Syrie, d'Irak, de Jordanie, de Palestine, du Liban et de Chypre. Les 5 000 combattants de ce parti appartiennent aux différentes communautés religieuses et sont Syriens en majorité. Mais plusieurs Libanais qui combattaient dans leurs rangs dans les régions de Lattaquié (Ouest), de Homs (centre) et de Soueida (sud) ont été tués et enterrés au Liban.

    Ces faits prouvent que la guerre syrienne attire des combattants étrangers aussi bien dans le camp des jihadistes que dans celui du régime syrien. Cela illustre la complexité de cette crise, qui ressemble plus à un conflit mondial qu'à une guerre régionale, surtout depuis que les deux plus grandes puissances militaires de la planète, les Etats-Unis et la Russie s'y sont directement impliquées.

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