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    Moyen-Orient

    France-Arabie saoudite: entente politique et gros contrats

    media Manuel Valls est accueilli par le ministre de l'Intérieur saoudien à son arrivée à Riyad, le 12 octobre 2015. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

    Ce mardi 13 octobre, le Premier ministre français Manuel Valls et une partie de son gouvernement sont à Riyad, où doivent être annoncés plusieurs milliards d’euros de contrats, au profit d’entreprises françaises. Dans les crises du Moyen-Orient, la France et l’Arabie saoudite ont des positions très proches concernant la Syrie, l’Iran ou encore le Yémen. A Paris, on assure que la question des droits de l’homme n’est pas oubliée lors des discussions avec les officiels saoudiens.

    Le terme « lune de miel » a souvent été utilisé ces derniers mois pour décrire la relation entre la France et l’Arabie saoudite. Cette entente s’est notamment exprimée en mai dernier, lorsque François Hollande a été l’invité d’honneur d’un sommet du CCG, le Conseil de coopération des pays du Golfe.

    Ce mardi, c’est donc au tour du Premier ministre Manuel Valls de faire escale à Riyad, accompagné par plusieurs membres de son gouvernement dont Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves Le Drian (Défense). « On a effectivement l’impression qu’il existe un axe entre Paris et Riyad. La France est le bénéficiaire involontaire des relations de plus en plus difficiles entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis », analyse l’historien Jean-Paul Burdy, maître de conférences à Sciences Po Grenoble.

    L’alliance entre le Royaume et les Etats-Unis reste d’actualité, mais les Saoudiens ne digèrent pas le bilan de l’administration Obama dans la région. La liste des reproches est longue, qu’il s’agisse des efforts américains pour conclure l’accord nucléaire avec l’Iran, de la volte-face syrienne de Washington qui a renoncé à frapper le régime de Bachar el-Assad en 2013 ou du lâchage du président égyptien Hosni Moubarak en 2011.

    Convergences sur les crises régionales

    Sur cette relation américano-saoudienne distendue, la France joue donc sa partition, d’autant que les sujets de convergence ne manquent pas. A propos de la Syrie, Paris et Riyad s’affichent dans le camp de ceux qui refusent aujourd’hui tout compromis avec Bachar el-Assad. A Riyad, on se souvient aussi de la fermeté de la France dans les négociations sur le nucléaire iranien. Cette entente s’exprime également à propos du Yémen, de l’Irak ou encore du Liban. Car depuis l’accession au pouvoir du roi Salman cette année, la priorité de l’Arabie saoudite est clairement réaffirmée : il s’agit de lutter sur tous les terrains contre l’Iran et ses alliés.

    La convergence franco-saoudienne « peut poser des problèmes, selon l’ancien diplomate français Denis Bauchard, car dans le grand affrontement entre sunnites et chiites et par delà entre l’Arabie saoudite et l’Iran, la France peut donner l’impression d’avoir choisi son camp ». Aujourd’hui conseiller spécial sur le Moyen-Orient à l’IFRI, Denis Bauchard ajoute : « C’est un peu contraire à la tradition politique française qui a toujours évité de prendre un parti trop net dans ces affrontements. Même si les relations avec l’Iran ont parfois été très difficiles, il n’y a jamais eu autant le sentiment que l’on se ralliait au camp sunnite. »

    De gros contrats en perspective

    Cette entente politique entre la France et l’Arabie saoudite s’accompagne de gros contrats en perspective pour l’économie française. En mai dernier, les dirigeants français ont annoncé des négociations commerciales portant sur « plusieurs dizaines de milliards d’euros » dans les domaines de l’armement, de la santé, des infrastructures ou encore des transports.

    En juin dernier, lors de la visite à Paris du ministre de la Défense saoudien Mohammed Ben Salmane, environ 10 milliards d’euros de contrats ont été confirmés. La suite doit donc être annoncée à Riyad ce mardi. Airbus, Veolia ou encore Thalès pourraient figurer parmi les entreprises bénéficiaires de ces signatures. Près de 200 entreprises françaises accompagnent le Premier ministre Manuel Valls pour le forum franco-saoudien.

    Les droits de l’homme oubliés ?

    Dans ce contexte, entend-on encore la France dénoncer les violations des droits de l’homme dans le royaume ? Ces derniers mois, la diplomatie française a souvent été critiquée, car jugée trop discrète, notamment à propos de l’usage de la peine de mort en Arabie saoudite - plus de 130 exécutions depuis le début de l’année. « La France défend partout ses principes […] nous sommes résolument opposés à la peine de mort », assurait le Premier ministre Manuel Valls ce dimanche en Jordanie, avant de s’envoler pour Riyad.

    Parmi les cas emblématiques de cette situation, celui du jeune Saoudien de confession chiite, Ali al-Nimr. Il a été condamné à être décapité et son corps doit ensuite être crucifié, selon le verdict du tribunal. Dans l’entourage de Manuel Valls, on assure que le Premier ministre français va demander un geste de « clémence » aux autorités saoudiennes.

    La politique régionale de l’Arabie saoudite et ses conséquences humanitaires sont également critiquées par les ONG. Action contre la faim rappelle ainsi le lourd bilan des frappes menées au Yémen par la coalition arabe dirigée par le royaume saoudien depuis mars 2015. ACF s’alarme du silence de la France et regrette de voir « la diplomatie économique française prendre le pas sur l’impératif humanitaire au Yémen ».

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