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    Moyen-Orient

    Syrie: à Vienne, une réunion historique, mais pas de percée

    media Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ne transige pas sur le sort de Bachar el-Assad. Il doit partir, affirme-t-il. REUTERS/Leonhard Foeger

    La réunion à Vienne pour tenter de trouver une sortie de crise au dossier syrien s'est achevée en fin d'après-midi ce vendredi après huit heures de négociations. Y participaient les chefs des diplomaties de Russie, des Etats-Unis, de Turquie, d'Etats européens et arabes, dont l'Arabie saoudite, et surtout l’Iran.

    « Bachar el-Assad n’a plus aucun rôle à jouer dans l’avenir de son pays ». La position française est sans appel, rapporte notre envoyé spécial à Vienne, Sami Boukhelifa. Pour le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, tout est clair : Bachar el-Assad ne peut tout simplement pas faire partie de la solution.

    Voilà pour la théorie côté français, mais dans la pratique, cette idée est difficile à mettre en œuvre. Paris se heurte aux Russes et aux Iraniens. Hors de question pour ces alliés du régime de Damas de lâcher leur protégé. Au bout d’intenses négociations, Moscou et Téhéran pourraient accepter un éventuel départ du président syrien, mais une exigence est formulée : il faut des garanties, connaître les modalités de cette option dans les moindres détails.

    La Russie, que d’aucuns soupçonnent de mener une campagne de bombardements en Syrie pour protéger le régime de Damas, souligne que c’est au peuple de décider du sort de son président. Le secrétaire d’Etat américain a cru bon de préciser que son pays, la Russie et l'Iran « s'étaient mis d'accord pour ne pas être d'accord » sur le sort à réserver à Bachar el-Assad. Voilà pour les principaux points de blocage.

    Des avancées

    Mais cette réunion à Vienne a aussi permis des avancées. Tous les participants sont d’accord sur plusieurs questions. Dans un communiqué commun, ils ont appelé à l’instauration d’un cessez-le-feu, à la relance de négociations entre le gouvernement et l’opposition sous l’égide des Nations unies et à la tenue des nouvelles élections. Lors d’une conférence de presse conjointe, les chefs de la diplomatie américaine et russe ont également estimé que la Syrie devait être préservée en tant qu’Etat unifié. Les institutions de l’Etat syrien doivent survivre à la guerre civile, a insisté John Kerry.

    Serguei Lavrov a mis l’accent sur le fait que « le processus politique devrait conduire à un accord entre toutes les parties syriennes (...) pour préparer une nouvelle Constitution et organiser des élections générales ».

    « Des problèmes importants subsistent, mais nous sommes parvenus à des points d’accord. Cette réunion n’a pas été facile, mais elle a été historique », a résumé Federica Mogherini, Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères. Historique, car pour la première fois, l’Iran a été invité à la table des négociations, après en avoir été écarté en 2012 et 2014 à Genève. Il retrouvera les autres participants dans deux semaines en Autriche pour la suite de ces tractations internationales.

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