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    Moyen-Orient

    L'arrêt des vols entre Charm el-Cheikh et le Royaume-Uni tombe mal

    media Des familles russes en deuil après le crash au-dessus du Sinaï, à l'aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg le 4 novembre 2015. REUTERS/Peter Kovalev

    Alors que le président égyptien est arrivé ce jeudi 5 novembre à Londres pour une visite officielle de trois jours, le Royaume-Uni a décidé de suspendre tous les vols britanniques au départ ou à destination de l'aéroport égyptien de Charm el-Cheikh, par «précaution». Les autorités américaines et britanniques jugent de plus en plus probable qu'une bombe soit à l'origine du crash d'un Airbus russe dans le Sinaï samedi dernier. Une commission d'experts britanniques s'est rendue sur place en Egypte pour évaluer les mesures de sécurité avant de donner un feu vert ou pas aux vols à venir.

    L’objectif est d’assurer le retour des milliers de touristes britanniques coincés à l’aéroport de Charm el-Cheikh depuis mercredi, explique notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Des experts envoyés par Londres sont en train de revoir et renforcer le dispositif de sécurité de l’aéroport égyptien, sérieusement remis en cause. Tous les vols sont suspendus jusqu’à vendredi et le gouvernement conseille désormais à ses ressortissants d’éviter de passer par les infrastructures de Charm el-Cheikh.

    « Une forte probabilité qu’un engin explosif se soit trouvé à bord »

    Le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond a réaffirmé, ce jeudi, qu’il était fortement probable qu’une bombe ait été placée à bord de l’avion russe et que le groupe Etat islamique soit responsable du crash samedi dernier. Selon le gouvernement, qui n’en dit pas plus, ces informations émanent des agences de renseignement américaines et britanniques. « L'EIIL-Sinaï (la branche égyptienne de l'organisation Etat islamique, ndlr) a revendiqué la responsabilité du crash de l'avion russe. Il l'a fait juste après la catastrophe. Nous avons examiné l'ensemble des informations, dont cette revendication, mais aussi beaucoup d'autres, et avons conclu que c'était hautement probable », explique le ministre.

    « Nous ne pouvons pas attendre les résultats de l’enquête, nous devons agir dès maintenant, parce qu’un nombre important de touristes britanniques se rendent à Charm el-Cheikh, ajoute M. Hammond. 3 500 touristes britanniques devaient gagner cette ville aujourd’hui. Nous pensons qu’il y a une forte probabilité qu’un engin explosif se soit trouvé à bord de l’avion russe et qu’il ait causé le crash. Si cela s’est vraiment produit, cela signifie qu’il y a eu un disfonctionnement quelque part. Par conséquent, si nous estimons qu’il y a une forte probabilité que cela se soit produit, nous devons examiner les procédures des compagnies aériennes et des services de sécurité de l’aéroport, pour comprendre comment cela a pu se produire. »

    Mécontentement en Egypte après la décision de suspendre les vols

    Le Premier ministre David Cameron doit s’entretenir avec son hôte égyptien ce jeudi. Ces entretiens risquent d’être tendus. La décision britannique a été très mal reçue par l'Egypte, relate notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. Le porte-parole de la présidence comme le ministre des Affaires étrangères ont « regretté » une décision qu'ils estiment « prématurée et injustifiée », alors que selon eux, l'enquête sur le crash de l'avion russe dans le Sinaï est conduite « en toute transparence ». Des propos volontairement réservés pour éviter une escalade et un incident diplomatique alors que le président égyptien Sissi entame ce jeudi sa visite officielle à Londres.

    Ce rebondissement est un cauchemar diplomatique pour le Royaume-Uni, et menace en effet de dominer un séjour déjà controversé, alors que le leader du parti d’opposition travailliste Jeremy Corbyn s’est joint au concert de protestations, accusant David Cameron de « dérouler le tapis rouge au leader d’un régime dictatorial ». Mais de leur côté, les Egyptiens sont encore plus préoccupés par les conséquences catastrophiques que la décision britannique pourrait avoir sur l'industrie du tourisme en particulier, et l'économie égyptienne en général. La station balnéaire de Charm el-Cheikh est une destination prisée par les touristes en hiver et, plus grave encore, la décision pourrait décourager les touristes de toutes nationalités de se rendre simplement en Egypte.

    La Russie se veut prudente

    Ce jeudi, après les déclarations du Britannique Philip Hammond, la présidence russe a réagi avec prudence. « Toutes les versions sur ce qui s'est passé et les raisons pour lesquelles c'est arrivé doivent être présentées par les enquêteurs, et nous n'avons entendu aucune annonce des enquêteurs pour l'instant », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'une conférence de presse. « Toutes les autres explications ne sont que des spéculations », a-t-il ajouté.

    David Cameron et Vladimir Poutine se sont entretenus à ce sujet par téléphone, rapporte notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Selon un communiqué du Kremlin publié à l’issue de la conversation téléphonique, le président russe a insisté sur le fait que toute appréciation concernant les causes de la catastrophe devaient être basées sur les résultats de l'enquête officielle en cours. Ce matin, à propos de la décision de Londres d'évacuer ses ressortissants de Charm el-Cheikh, le porte-parole du Kremlin avait déclaré : « C'est leur décision souveraine, mais les compagnies russes continuent à s'y rendre. » 

    Dans la journée, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères s'était déclaré « indignée » que le gouvernement britannique, détenteur apparemment d'informations susceptibles de comprendre ce qui s'est passé dans le ciel égyptien, ne les ait pas communiquées à la Russie. A la télé, le chef de l'agence chargée du contrôle du secteur aéronautique justifie cette pondération. Il explique que l'examen des boîtes noires et des données enregistrés au sol sont en cours, que des commissions ont été formées, avec chacune une fonction précise dans l'enquête, et surtout que celle-ci va prendre beaucoup de temps.

    → Écouter sur RFI : Le point sur l’enquête avec Alain Rodier, directeur de recherche chargé du terrorisme au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R)

     

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