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    Le Liban revêt à nouveau ses habits de deuil

    media Le double attentat survenu jeudi 12 novembre en fin d'après-midi à Bourj el-Brajneh, dans le sud de Beyrouth, est l'un des pires qu'ait connu le Liban ces dernières années. REUTERS/Hasan Shaaban

    Le double attentat suicide survenu jeudi 12 novembre dans le sud de Beyrouth laisse le terrible bilan non définitif de 44 morts et près de 250 blessés. Le carnage a rapidement été revendiqué par le groupe Etat islamique qui visait un bastion populaire du sud de la capitale, peuplé essentiellement de musulmans chiites acquis au Hezbollah, ennemi de l'organisation en Syrie et en Irak. Une vague de condamnations unanimes s'est élevée au Liban et dans le monde. Le gouvernement du pays du Cèdre a décrété une journée de deuil national et a annoncé la fermeture des écoles.

    Beyrouth dans la douleur

    En cette journée de deuil national, les rues de Beyrouth sont inhabituellement désertes, témoigne notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Les écoles sont restées fermées, les radios et les télévisions ont suspendu leurs programmes pour diffuser de la musique classique.

    Après le macabre décompte des victimes, les familles s'apprêtent à enterrer leurs morts, lors d'une cérémonie collective, avant que les corps ne soit inhumés dans leurs villages respectifs.

    Des campagnes de dons de sang ont été organisées, notamment dans le camp de réfugiés palestiniens de Bourj el-Brajneh, situé non loin du lieu du double attentat, le plus meurtrier depuis la fin de la guerre civile en 1991. Un signe de solidarité avec les victimes après des rumeurs non confirmées sur le fait qu'au moins un des kamikazes venait de ce camp.

    Le mode opératoire

    Les conclusions de l'enquête ne seront pas connues avant plusieurs jours, mais l'on peut, déjà, à partir des différentes versions, reconstituer le fil des événements. Jeudi, vers 18 heures locales, une heure de pointe, un homme qui circulait à moto dans le quartier de Bourj el-Brajneh, dans la banlieue sud-ouest de Beyrouth, s'est dirigé vers un centre commercial et une boulangerie et a actionné une ceinture d'explosifs qu'il portait sur lui au milieu de la foule.

    La bombe de cinq kilogrammes, mélangée à des billes en fer, a fait de nombreuses victimes et des dégâts importants. Le souffle a pulvérisé les devantures des magasins, endommagé les façades des immeubles et détruit les voitures dans un rayon d'une vingtaine de mètres. Comme après chaque attentat, au Liban comme en Irak ou ailleurs, les gens ont accouru sur les lieux pour porter secours aux victimes. Cette stratégie cynique, bien connue désormais, est tragiquement efficace : cinq minutes plus tard, un second kamikaze, à pied lui, se fait sauter à quarante mètres du lieu de la première explosion, alors que la foule s'affaire auprès des premières victimes. Carnage : les corps sont projetés dans tous les sens, les flaques de sang recouvrent le sol, la scène est tout simplement insoutenable, rapporte encore le correspondant de RFI sur place.

    Un troisième kamikaze a été tué avant d'avoir pu faire détonner une ceinture bourrée de cinq kilos d'explosifs. La partie inférieure de son corps est arrachée, ce qui fait dire qu'il a été tué par l'une des explosions, a estimé le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouq. En revanche, aucune déclaration officielle n'est venue confirmer les informations sur un quatrième kamikaze qui aurait pris la fuite ou aurait été maitrisé par la foule.

    L'Etat islamique revendique

    Les enquêteurs libanais ne négligent aucune piste, mais les choses semblent entendues quant à la piste jihadiste, tant les facteurs sont nombreux : le communiqué est conforme au format habituel des revendications du groupe, il a circulé sur des comptes jihadistes en ligne et le mode opératoire porte également la signature jihadiste. De plus, le communiqué évoque une moto conduite par un kamikaze, version confirmée quelques heures plus tard par les enquêteurs.

    L'attentat a très vite été revendiqué par le groupe Etat islamique. En 2013 et 2014, une vague d'attentats avait déjà secoué la dayieh, cet ensemble de quartiers périphériques au sud de Beyrouth, berceau du Parti de Dieu. A la suite de quoi « le Hezbollah avait pris des mesures drastiques pour empêcher ces attentats, mais évidemment, il n'y a jamais de système de sécurité infaillible, donc des kamikazes ont réussi à passer à travers », rappelle Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions d'islamisme.
    Jusqu'à présent pourtant, d'autres groupes que celui de l'EI avaient revendiqué ces attentats, qui furent les plus meurtriers. L'Etat islamique s'était jusque récemment cantonné à tirer des roquettes sur les villages chiites de la Bekaa depuis la Syrie. « Jusqu'à présent, le groupe qui avait fait le plus d'attentats, c'était le Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, qui avait fait de nombreux attentats à la voiture piégée, tant dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, que dans ses bastions de la vallée libanaise de la Bekaa, proche du front syrien. L'autre groupe ayant commis des attentats, plus spectaculaires, notamment contre l'ambassade d'Iran à Beyrouth et le centre culturel iranien était les brigades Abdullah Azzam. Récemment, un autre groupe a émergé et revendiqué quelques opérations : les Communautés de la résistance sunnite qui seraient aussi basées dans la Bekaa. » Cette fois, le groupe jihadiste d'Abou Bakr al-Baghadi semble bien avoir imprimé sa marque de sang au Liban.

    Comme le rappelle le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, cet acte est concomitant d'une actualité plus globale et les raisons d'un acte vengeur de l'EI sont plurielles : les pourparlers sur la Syrie qui s'ouvrent demain à Vienne, les récentes percées des forces pro-régime syrien appuyées par les frappes russes, mais surtout l'implication de plusieurs milliers de combattants hezbollahis sur les fronts syriens. Il y a moins d'un mois en effet, le chef de la milice chiite Hassan Nasrallah avait de nouveau défendu son combat auprès du régime Assad, en parlant d'« une bataille essentielle et décisive ».

    → A relire, l'analyse : le Hezbollah, pièce maîtresse du conflit syrien

    Un dernier élément essentiel, selon les informations de notre correspondant à Beyrouth, abonde dans ce sens : les services de sécurité libanais ont noté, depuis quelques temps déjà, un regain d'activité de cellules proches du groupe Etat islamique au Liban. La Sûreté générale a démantelé, la semaine dernière, un important réseau lié à cette organisation, actif dans les camps palestiniens et certains régions libanaises. Ses membres projetaient de commettre une série d'attentats.

    Indignation générale à la une des journaux libanais

    « L'inacceptable », titre le quotidien francophone L'Orient-Le Jour. As-Safir écrit de son côté que « le terrorisme se venge de Bourj Barajneh et le Liban riposte par l'unité nationale ». Al-Akhbar, proche du Hezbollah, titre : « Un "non" à l'unisson face au terrorisme ». Al-Anwar, quotidien indépendant, souligne la « condamnation unanime de l'attentat terroriste » et An-Nahar, proche de la coalition du 14-Mars, hostile au Hezbollah, estime que « le retour des attentats criminels sape le climat d'apaisement ».

    C'est la première fois que l'unanimité s'exprime avec une telle force. Lors des attentats qui ont frappé le Liban en 2013 et 2014, une partie de la classe politique, tout en condamnant les attaques, en faisait assumer la responsabilité au Hezbollah pour sa participation aux combats aux côtés du régime syrien. Aujourd'hui, ces nuances ont complètement disparu. Même le député islamiste Khaled Daher, qui appuie pourtant ouvertement les rebelles syriens, a dénoncé dans les termes les plus sévères ce qu'il a appelé un « crime abominable ».

    Les réactions internationales

    « Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts les attaques terroristes horribles à Beyrouth », a indiqué dans un communiqué Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale. « Ce genre d'actes terroristes ne font que renforcer notre engagement à soutenir les institutions de l'Etat libanais, dont les services de sécurité, pour rendre possible un Liban stable, souverain et sûr », a-t-il ajouté.

    Se déclarant « profondément attristé » après cet « acte méprisable », le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a « réitéré le soutien de l'ONU aux institutions libanaises, dont les forces armées et les services de sécurité dans leurs efforts pour assurer la sécurité du Liban et de sa population ».

    Dans un communiqué, François Hollande a quant à lui fait part jeudi soir de son « effroi » et son « indignation » face à cet « acte abject ». « Les Français partagent le deuil national des Libanais. La France est plus que jamais engagée pour la paix, l'unité et la stabilité du Liban », poursuit la présidence française. Le Premier ministre Manuel Valls a lui aussi exprimé sur Twitter son « horreur et effroi » face à « l'attentat islamiste qui vient de frapper durement Beyrouth ». « Solidarité avec le peuple libanais », a tweeté le chef du gouvernement français.

    Quelles conséquences pour le Liban ?

    Le Liban n'a plus de chef d'Etat depuis mai 2014. La guerre en Syrie est le principal obstacle pour trouver un consensus sur un successeur à Michel Sleiman. Les deux principaux camps politiques - l'un soutenu par les pays du Golfe et dirigé par l'ancien Premier ministre Saad Hariri et l'autre dirigé par le Hezbollah et soutenu par l'Iran et la Syrie - sont à couteaux tirés. La crise dite des déchets qui se prolonge depuis plusieurs mois à Beyrouth s'est vite étendue à une contestation du système confessionnel et de l'Etat, léthargique, par de larges pans de la société civile

    Dans ce contexte de paralysie généralisée des affaires internes libanaises, l'attentat de Bourj el-Brajneh peut avoir, à première vue, un effet positif, selon Romain Caillet : « Au niveau des partis politiques légaux libanais, ça va plutôt contribuer à les rapprocher puisque évidemment le parti du Futur qui représente les sunnites pro-occidentaux dirigé par Saad Hariri va évidemment montrer son rapprochement et sa solidarité avec le Hezbollah. Donc au niveau de la scène politique institutionnelle libanaise, ça va permettre de renforcer leur unité et éventuellement même trouver des solutions à des questions qui minent les institutions. »

    En revanche, poursuit le chercheur, « cet attentat peut aussi provoquer des ratonnades de réfugiés syriens, très nombreux au Liban dans les quartiers chiites. Cela peut aussi contribuer à montée la haine entre les communautés - surtout si l'on apprend que ce sont des Syriens - qui ronge la société libanaise depuis très longtemps ».

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