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    Moyen-Orient

    [Analyse] Le groupe Etat islamique change de stratégie

    media Un membre de l'Etat islamique en Irak et le Levant ( ISIL ) à Raqqa, le 29 juin 2014. Reuters/Stringer

    Il faut des moyens considérables et une capacité d’organisation très sophistiquée pour commettre des attentats quasiment simultanés. Quels enseignements peut-on tirer des événements tragiques qui se sont déroulés vendredi 13 novembre à Paris ? Pour beaucoup d'experts, les événement au Liban puis en France marquent un tournant dans la stratégie de l'organisation Etat islamique.

    Le groupe Etat islamique a été constitué par des individus qui considéraient que la stratégie d’al-Qaïda fondée par ben Laden devait être corrigée puisqu’elle n’avait pas porté ses fruits. Al-Qaïda considérait en effet qu’il ne fallait pas mener la guerre contre les régimes arabes pour créer un Etat islamique mais porter cette guerre aux Etats-Unis puisque les Etats-Unis étaient le principal soutien des régimes et notamment de l’Arabie saoudite. Les partisans de l’organisation Etat islamique ont donc mené la guerre en Irak et en Syrie ; avec les succès, pour eux, que l’on connaît.

    Un jihad qui se mondialise

    Aujourd’hui, les choses ont changé, puisque les partisans du groupe Etat islamique, avant de frapper la France ce 13 novembre, avait commis un attentat sanglant au Liban il y a quelques jours, commis un attentat meurtrier en Turquie et provoqué le crash d’un Airbus russe il y a un peu plus de deux semaines maintenant en Egypte. Les jihadistes continuent à se battre en Syrie et en Irak, mais ont désormais acquis ce que les militaires nomment « une capacité de projection impressionnante », puisqu’ils sont en mesure désormais de frapper à peu près n’importe où au Proche-Orient et en Europe.

    S'agissant de la guerre menée contre Daech, force est de constater que malgré des bombardements américains, britanniques, français et autres, l’organisation Etat islamique garde sa capacité de nuisance intacte. Elle est même augmentée.

    Surtout, le groupe Etat islamique bénéficie de ressources financières considérables. Les chiffres donnent le tournis. Selon les estimations des services de renseignement américains – et c’est de notoriété publique – depuis qu'elle a mis la main sur la région de Mossoul en Irak et sur les champs pétrolifères de la Syrie, l’organisation terroriste engrangerait jusqu’à trois millions de dollars par jour en vendant ce pétrole. Elle vendrait ainsi plus de 90 000 barils par jours, ce qui fait d'elle l’une des organisations terroristes les plus riches de l’histoire. Bien plus riche que de nombreux pays développés.

    Qui achète le pétrole de l'EI ?

    C'est un secret de polichinelle : le pétrole de contrebande transite essentiellement par la Jordanie où sont stationnés la plupart des appareils français, et par la Turquie, membre de l'Otan. La Jordanie et la Turquie sont, théoriquement en tout cas, alliées de Washington, Londres et Paris. Ce pétrole, dont les revenus considérables servent à verser le sang, se retrouve sur les marchés pétroliers.

    L’argent circule par le biais de banques internationales et européennes qui ont pignon sur rue. Selon le spécialiste français du terrorisme Eric Dénécé, les Etats-Unis ont mis en place depuis une dizaine d'années une puissante organisation, rattachée au Trésor américain, chargée d'identifier les financiers du terrorisme international. Rien de tout cela n'existe en France et en Europe. Or, ce n’est que depuis quelques jours, et depuis ce tragique 13 novembre que l’on décide de bombarder intensément les champs pétrolifères tenus par le groupe Etat islamique.

    Qui sont vraiment les alliés de la France ?

    Les gouvernements de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Koweït ont financé en secret les groupes radicaux sunnites qui combattent Bachar el-Assad en Syrie. Le problème est que l’organisation Etat islamique a mis sous sa botte beaucoup de ces groupes radicaux islamistes et donc a récupéré à chaque fois les hommes et les ressources financières. Depuis, Daech dispose de milliards de dollars. C'est avec cela que les jihadistes peuvent acheter à peu près n'importe quel types d'armes et qu'ils peuvent louer les services de centaines et de centaines de kamikazes.

    Autre enseignement dans cette guerre : il faut savoir ce que l’on veut et avec qui on le veut. Autrement dit , « est-ce que tous mes amis sont vraiment mes amis ? » Les alliés de la France – la Turquie, la Jordanie, l'Arabie saoudite, le Qatar – le sont-ils vraiment et jusqu'à quel point ? En un mot , il faut revoir la politique arabe de la France pour être plus efficace.


    La genèse des attentats de Paris

    Ecrasé sous les bombes de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, le groupe Etat islamique subit des pertes considérables cette année.

    En septembre dernier, ces nombreuses pertes sur le terrain auraient incité les jihadistes à agir en élaborant une nouvelle stratégie. Dans le plus grand secret, leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi, aurait réuni son Majliss Al Choura, une sorte de conseil consultatif. Une décision aurait été prise : il faut frapper partout à l’étranger. Un ordre écrit aurait alors été rédigé et envoyé à toutes les brigades de l’organisation Etat islamique.

    L’agence de presse Reuters recueille tous ces détails auprès d’un jihadiste affirmant se trouver en Syrie. Ce combattant le dit clairement : le Liban, la France et d’autres endroits font tous partie d’une opération ordonnée il y a deux mois.

    Le groupe aurait donc établi des contacts avec des candidats à partir de ses bases au Proche-Orient et les aurait encouragés à agir en tant que « loups solitaires » ou à s'organiser en petites cellules pour mener des attentats dans leur pays.

    Chronologie et chiffres clés
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