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    Moyen-Orient

    Syrie: Moscou se replace au centre du jeu, avec Téhéran dans sa roue

    media Vladimir Poutine, ici lors d'un exercice militaire dans la région d'Orenburg, proche du Kazakhstan le 19 septembre. AFP PHOTO / RIA NOVOSTI / ALEXEI NIKOLSKY

    Depuis les attentats de Paris, le président russe Vladimir Poutine voit sa ligne politique confortée. Son idée d’une coalition internationale se concrétise peu à peu. Mardi 17 novembre, les Russes ont massivement bombardé des positions de du groupe Etat islamique et M. Poutine a appelé la marine à se coordonner avec l'armée française. François Hollande se rendra à Washington et Moscou entre les 24 et 26 novembre prochains. Quid de l'Iran dans ce contexte ? RFI fait le point avec ses correspondants.

    François Hollande et Vladimir Poutine se sont mis d’accord pour une coordination plus étroite de leurs services de renseignement. La dernière fois que la Russie a partagé des informations avec un pays occidental, c’était après le 11 septembre 2001, avec les Etats-Unis, contre les talibans. Cette fois, la coopération touche aussi à l’opérationnel. Vladimir Poutine a ordonné aux navires de guerre russes déployés en Méditerranée d’entrer en contact direct avec le porte-avions Charles-de-Gaulle, qui devait partir pour le Golfe jeudi, et de travailler avec les Français comme avec « des alliés ».

    Le terme d’alliés n’a pas été utilisé entre les deux pays depuis la Seconde Guerre mondiale, rappelle notre correspondante à Moscou Muriel Pomponne. Après que le chef des services secrets du FSB a confirmé au président Poutine que le crash d'un avion civil russe, le 31 octobre dernier dans le Sinaï égyptien, était un attentat à la bombe, Vladimir Poutine a lancé des bombardements sur des positions du groupe Etat islamique en Syrie mardi 17 novembre, dans le sillage des raids lancés par Paris sur le fief de Daech à Raqqa. Depuis le début de son intervention en Syrie, la Russie n'avait jamais ciblé aussi clairement et massivement le groupe EI.

    Mais s'il a lui-même bougé, le numéro un russe ne peut que constater avec satisfaction que l’idée d’une grande coalition internationale antiterroriste avance sur ce terrain de guerre. Cela fait plusieurs mois que la diplomatie russe en parlait. Vladimir Poutine avait lui-même défendu l'idée d'une large coalition en Syrie depuis la tribune de l’ONU en septembre. Puis il avait réitéré cet appel à l’issue du G20 ce week-end à Antalya, en Turquie. Le chef de l’Etat russe estime que les attentats de Paris ont confirmé qu’il avait raison. En quelque sorte, les événements valident sa ligne diplomatique. M. Poutine tente de faire valoir que le sort de son allié, Bachar el-Assad, n’est pas la priorité.

    Jusqu’à présent, Paris était sur une ligne dure concernant le régime de Damas, répétant que le président syrien ne pouvait pas faire partie de la solution et que son départ devait être un préalable, compte tenu de sa responsabilité dans la crise. Si François Hollande a affirmé lors de son discours de Versailles, lundi, que le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad ne pouvait pas « constituer l'issue du conflit syrien », Vladimir Poutine a noté des inflexions dans l’approche de son homologue français. Fini le discours du « ni Bachar, ni Etat islamique » : « Notre ennemi, c’est Daech », a affirmé François Hollande devant le Parlement français réuni en Congrès.

    Intensification des frappes

    MM. Hollande et Poutine se sont parlés au téléphone mardi et doivent se rencontrer le 26 novembre dans la capitale russe. En attendant, Paris et Moscou intensifient donc leurs bombardements en Syrie, chacun de leur côté. Mardi, les Russes ont dit qu'ils avaient frappé, avec des bombardiers stratégiques et des missiles de croisière, le fief syrien du groupe EI, à savoir la région de Raqqa, et les provinces de Deir Ezzor, Alep et Idleb. Moscou a prévenu au préalable les Américains, a indiqué le porte-parole du Pentagone. Une première depuis le début de l'intervention russe en Syrie, précise Peter Cook.

    Si les frappes russes, commencées il y a quelques semaines, privlégiaient jusqu'à tout récemment « quasiment exclusivement les insurgés qui se battaient contre Bachar el-Assad », constate le ministre français de la Défense, il y a eu, depuis, « cet attentat de Daech contre la Russie, cet avion russe qui a été complètement volatilisé ». Jean-Yves Le Drian observe désormais que « la Russie bouge ». Constat partagé par le porte-parole du Pentagone Peter Cook, qui assure que « ces derniers jours », les Russes ont « plus concentré leurs frappes » contre l'organisation EI.

    En d'autres termes, il est désormais possible pour les trois puissances - France, Russie et Etats-Unis -, de travailler ensemble pour lutter contre l'organisation jihadiste. Avant de se rendre à Moscou, François Hollande ira d'ailleurs aussi à la Maison Blanche, le 24 novembre. Dans la vie politique américaine, cette visite n'est pas anodine, explique notre correspondante à Washington Anne-Marie Capomaccio. Car les attentats de Paris, la stratégie contre le groupe EI et l'accueil des réfugiés syriens, sont désormais au cœur de la campagne électorale aux Etats-Unis, comme si les attentats avaient eu lieu sur le sol américain.

    Les questions posées à Washington sont les mêmes qu'à Paris : comment les terroristes n'ont-ils pas été repérés ? Les renseignements sont-ils fiables ? Pourquoi les frontières sont-elles poreuses ? L'accueil des réfugiés est également devenu polémique. Des gouverneurs refusent désormais l'arrivée de Syriens dans leur Etat, et le président de la Chambre des représentants les soutient. Dans ce contexte, le débat sur la stratégie militaire est donc plus que jamais d'actualité. Les républicains blâment Barack Obama. Selon eux, il n'a pas pris la mesure de la menace et n'a pas engagé assez de forces dans cette guerre.

    Quid de l'Iran dans ce conflit ?

    La photo des présidents français et américains, ensemble à la Maison Blanche, sera la preuve du soutien de Washington à Paris, mais aussi celle de l'approbation de la stratégie Obama par François Hollande. Le fait que François Hollande se rende à Moscou dans la foulée sera un autre symbole fort. Comme l'a été celle du tête-à-tête auquel se sont adonnés les chefs d'Etat américain et russe en marge du G20 dimanche 15 novembre.

    « La Russie est devenue incontournable dans ce dossier parce que, qu’on le veuille ou non, nous sommes dans le même camp contre le terrorisme, constate Philippe Migault, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Toute construction de coalition en Syrie et en Irak contre le groupe Etat islamique passe nécessairement par une collaboration entre Français et Russes. En tout cas, d’un point de vue militaire, c’est ce qui fait sens. »

    Dans cette grande coalition, l’Iran aura une carte à jouer. Téhéran a également appelé à un front uni pour anéantir l’organisation Etat islamique en Irak et en Syrie. Lors d'un échange téléphonique avec François Hollande, mardi 17 novembre, le président Hassan Rohani a déclaré que la priorité était d'anéantir le groupe terroriste et a affirmé que la République islamique était prête à coopérer au niveau international dans cette lutte. L'armée iranienne a également organisé des manœuvres militaires pour se préparer à toute attaque des jihadistes à ses frontières, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

    Le chef de l'armée de terre a prévenu que l'Iran interviendra si les jihadistes s'approchent à moins de 40 kilomètres de ses frontières, aussi bien en Irak qu'en Afghanistan. Selon le général Pourdastan, des jihadistes se sont en effet installés récemment dans le nord de l'Afghanistan et cherchaient à s'approcher de la frontière iranienne. Principal soutien du régime du président syrien Bachar el-Assad, l'Iran fournit un soutien financier et militaire à Damas et a fortement augmenté le nombre de ses conseillers militaires sur le terrain. L'Iran soutient aussi le gouvernement irakien en envoyant sur place des conseillers militaires.

    Il y a des rapprochements tactiques, il y a la volonté d'explorer des solutions au plan diplomatique, de se coordonner peut-être sur la plan militaire mais tout cela reste encore très largement à faire...
    Jean-Sylvestre Mongrenier chercheur à l'Institut français de géopolitique, expert à l’Institut Thomas More, et co-auteur du livre «La Russie, de Poutine à Medvedev» paru en 2008 aux éditions Unicomm 18/11/2015 - par Piotr Moszynski Écouter

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