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    Moyen-Orient

    Un effondrement soudain de Daech est-il possible?

    media Attaque aérienne de la coalition contre les positions du groupe EI autour de Sinjar (Irak), ce 12 novembre 2015. REUTERS/Ari Jalal

    La multiplication des attaques terroristes révèle-t-elle, comme on l’entend, un affaiblissement de l’Etat islamique sur le terrain qu’elle occupe depuis plus d’un an en Irak et en Syrie ? Cet affaiblissement rend-il plus faciles les moyens de combattre l’organisation ? La Russie et les pays occidentaux sont en train de joindre leurs forces. La France, en intensifiant les attaques aériennes contre Daech au lendemain des attentats, a-t-elle eu une réaction trop émotionnelle à un problème hautement et autrement plus complexe ? Sommes-nous tombés dans un piège ? Sommes-nous en train de nous enfoncer dans l’erreur ?

    Les spécialistes français du Proche et Moyen-Orient soulignent la fracture qui existe entre le monde politique décisionnaire et la communauté scientifique. Cette dernière dénonçant depuis longtemps l’accumulation d’erreurs collectives dont se nourrit la montée en puissance du groupe Etat islamique, à commencer par la décision de ne pas intervenir en Syrie durant l’été 2013 alors que les autorités de Damas avaient recours à des armes chimiques à l’encontre de la population syrienne. Ligne rouge brandie par les puissances occidentales comme infranchissable sans qu’il y ait pour autant passage à l’action. Des gesticulations que certains experts dénoncent également dans les allées et venues du porte-avions français, le Charles-de-Gaulle, en Méditerranée.

    Deuxième erreur collective, l’été 2014, quand la coalition se contente de bombardements aériens contre Daech. Des actions ou inactions qui ont conduit à l’entrée en jeu de Vladimir Poutine sur la scène syrienne, à laquelle se joint désormais la France. L’organisation Etat islamique est aujourd’hui placée au sommet des priorités contre lesquelles lutter, semblant reléguer la question de Bachar el-Assad au deuxième plan.
    S’il y a consensus entre des pays comme la Russie, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran pour dire que l’organisation Etat islamique doit être combattue, la question se pose de la fragilité ou de la solidité de ce consensus, eu égard aux intérêts extrêmement divergents des principaux acteurs au Moyen-Orient qui ont parfois d’autres adversaires qui leur semblent plus importants.

    En se déclarant « en guerre », l’exécutif français a choisi de concentrer sa réponse vers l’Etat islamique. S’agit-il d’une réponse appropriée au regard des causes mêmes du mal ? Que veut dire faire la guerre à Daech ? Les bombardements aériens ne détruiront pas Daech. Si la guerre c’est augmenter les bombardements aériens, elle est, semble-t-il, déjà perdue, alors qu’on imagine mal les occidentaux aller au contact. Une rhétorique guerrière sans doute nécessaire pour rassurer la population mais qui risque de perdre assez rapidement en crédibilité.

    S’attaquer aux causalités

    Pour François Burgat, combattre Daech implique la nécessité de s’attaquer aux causalités. Or, nous avons une lecture déformée des causalités, explique le politologue. « De la Tchétchénie à la Belgique en passant par le Maroc, les jihadistes sans frontières et autres sunnites en colère, qui ont grossi les rangs de l’EI, sont en partie les produits des échecs des politiques d’intégration ou des ratés des mécanismes de représentation de plus de 75 Etats de la planète. Leur agenda est celui de la création puis de l’expansion d’un sunnistan libre, c'est-à-dire d’un territoire que sa gestion mettrait hors de portée de toute interférence occidentale et chiite ». Et le chercheur d’évoquer la profonde fracture politique, internationale, creusée dans le sillage de la vieille fracture coloniale par l’unilatéralisme des politiques de la France et de ses alliés dans le monde musulman.

    Un effondrement soudain de Daech est-il possible ? Cet effondrement suffirait-il à tarir la radicalisation de certains jeunes ? Poser la question, c’est y répondre en partie tant il apparaît de plus en plus évident que la radicalisation se nourrit de bien d’autres choses. La France, en s’alignant sur la posture américaine d’attaquer l’organisation Etat islamique, dit encore François Burgat, explicite un véritable changement de camp. Elle s’affiche désormais clairement dans celui de la contre-révolution arabe. Quant à la Russie, elle vengerait actuellement la défaite de l’armée soviétique en Afghanistan.

    Pour en savoir plus :
    L'émission Géopolitique le débat, dimanche 22 novembre 2015 à 18h10 TU.

     

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