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    Moyen-Orient

    La famille du saoudien Ali al-Nimr craint une exécution imminente

    media Ali Mohammed al-Nimr a été emprisonné à 17 ans pour avoir participé à des manifestations contre le régime saoudien, en 2012. AFP

    En Arabie saoudite, un membre de la famille du jeune chiite Ali al-Nimr, mineur au moment de son arrestation en 2012 pour avoir manifesté contre les autorités, puis condamné à mort, a estimé ce vendredi que Riyad semblait «très sérieuse» quant à l'application de la peine. Le cas de ce jeune saoudien chiite a suscité une vive indignation dans le monde et des voix se sont élevées pour demander aux autorités saoudiennes de surseoir à son exécution.

    Vendredi 27 novembre, un millier de Saoudiens chiites se sont rassemblés dans une mosquée de la ville d’Awamiya, dans l’est du pays, pour réclamer la libération d'Ali al-Nimr.

    Selon des militants, Ali al-Nimr est un des trois chiites mineurs au moment des faits à avoir épuisé toutes les voies de recours contre leur condamnation à mort. Leur sort est entre les mains du roi Salmane, qui a le dernier mot sur l'application de ce type de peine.

    L'affaire a pris une ampleur considérable, suscitant une vive indignation dans le pays et dans le monde. Et le pouvoir saoudien fait face à un véritable casse-tête, comme l'explique le chercheur Hasni Abidi.

    Depuis la condamnation d’Ali al-Nimr, cette histoire est devenue une véritable impasse pour le pouvoir saoudien, qui à la fois ne veut pas reculer, parce qu’il ne veut pas envoyer de message à l’opposition, et qui, en même temps, fait l’objet d’une pression sans précédent de la part des Saoudiens et des puissances internationales.
    Hasni Abidi directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen (Ceram) à Genève 28/11/2015 - par Romain Lemaresquier Écouter

    La famille al-Nimr est une famille très importante de la communauté chiite en Arabie saoudite. Une condamnation à mort pèse également sur le dignitaire religieux chiite Nimr al-Nimr, un autre oncle d'Ali al-Nimr, pour son rôle dans la contestation antigouvernementale qui avait éclaté en 2011 dans l'est du royaume, où vit l'essentiel de la communauté chiite saoudienne.

    Assiste-t-on à un durcissement de la part des autorités de Riyad depuis l’accord sur le nucléaire iranien et le conflit au Yémen ? Hasni Abidi estime que l’évolution du contexte régional pèse beaucoup sur cette affaire.

    L’Arabie saoudite ne veut surtout pas céder sur la question interne pour ne pas donner l’impression qu’elle est affaiblie et qu’elle peut être conciliante avec une communauté chiite, soupçonnée à la fois en Arabie saoudite et au Bahreïn d’être à la solde du régime iranien.
    Hasni Abidi directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen (Ceram) à Genève 28/11/2015 - par Romain Lemaresquier Écouter

    Dans un communiqué publié jeudi, Amnesty International s'inquiète de l'imminence de l'exécution de plus de 50 prisonniers, une information relayée selon elle par des médias proches des autorités saoudiennes.

    L'ONG a assuré que Nimr al-Nimr, les trois jeunes chiites dont Ali al-Nimr et d'autres militants de cette communauté « avaient clairement été condamnés lors de procès iniques ».

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