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    Bombardements en Irak contre l'EI: les habitants de Ramadi sont à bout

    media Des forces de sécurité irakienne à la périphérie de Ramadi, en août dernier. REUTERS/Stringer

    Ces derniers jours, les frappes aériennes se multiplient sur la région irakienne d'al-Anbar.
    La coalition effectue jusqu’à près de dix frappes par jour. Cette région est quasi entièrement contrôlée par le groupe Etat islamique depuis 2014. Le gouvernement de Bagdad a annoncé cette semaine une offensive à venir pour libérer la ville de Ramadi. Les civils ont été appelés à fuir la ville, mais ces familles sont littéralement coincées entre les combattants de Daech et l'armée irakienne.

    Avec notre correspondante en Jordanie, Angélique Ferat

    La coalition internationale et l'armée irakienne bombardent chaque jour Falloujah et Ramadi. Les habitants se terrent chez eux. Chaque nuit, ils envoient à leurs proches des vidéos de maisons écroulées, des vidéos d'enfants morts, des vidéos de couloirs d'hôpital où sont rangés des corps. Cet habitant de Ramadi lance un appel de détresse, à l'attention de l’armée et de la police irakiennes. Il les supplie de faire la distinction entre civils et combattants :

    « Nous ne pouvons pas partir. L'EI a tué une famille qui tentait de sortir de Ramadi. Daech nous encercle et nous ne sommes pas autorisés à partir. On ne peut aller nulle part. Rien, on ne peut rien faire ! Quand vous lancez l’offensive, attention, il n'y a pas beaucoup de combattants de Daech mais ils ont des tireurs d’élite. Ici, il y a beaucoup d’enfants, beaucoup de malades, et nous n’avons rien à manger ; pas de tomates, pas de pommes de terre... Nous n'avons rien à boire et ce qu'on trouve est devenu très, très cher. »

    Le scénario est le même à Falloujah : la semaine dernière, un bombardement a tué 14 personnes, dont dix enfants et deux femmes. Une ONG britannique a dénoncé, dans un rapport publié cette semaine, la façon dont l’armée irakienne bombarde sans cible précise les villes de Ramadi et Falloujah, faisant fi des civils qui s'y trouvent. Bagdad considère que ceux qui sont restés dans ces deux villes sont des terroristes ou des sympathisants de l'organisation Etat islamique.

    Irak: des réfugiés de la ville de Ramadi en direction de Bagdad, début novembre 2015. REUTERS/Thaier Al-Sudani

     

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