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    Moyen-Orient

    Syrie: l’ONU adopte une résolution pour une transition politique

    media John Kerry (D) et Sergueï Lavrov après l'adoption d'une résolution sur la Syrie à l'ONU, le 18 décembre 2015. REUTERS/Eduardo Munoz

    A l’issue de négociations très tendues entre les 17 pays qui participent au groupe de soutien sur la Syrie, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l'unanimité vendredi un texte qui encourage un règlement politique du conflit. Mais cette résolution évite soigneusement les points les plus délicats.

    Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

    Pour la première fois en quatre ans et demi de guerre en Syrie, le Conseil de sécurité des Nations unies est arrivé à se mettre d’accord sur un plan de transition politique. Sur la forme, c’est historique.

    Négociations début janvier

    Mais sur le fond, le texte se contente de confirmer la feuille de route dressée à Vienne en octobre et novembre derniers. A savoir, le début des négociations de paix entre le pouvoir et l’opposition début janvier qui doivent aboutir à un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans 18 mois. Cette transition politique doit s’accompagner d’un cessez-le-feu au niveau national, supervisé par l’ONU.

    Le sort de Bachar el-Assad

    Mais pour aboutir à cet accord, signé à l’unanimité, les ministres des Affaires étrangères ont soigneusement évité les sujets qui fâchent. Et notamment le sort du président Assad, même si John Kerry a affirmé avoir reçu des garanties de Moscou. En clair, le nom du président syrien ne pouvait pas figurer sur cette résolution sans quoi les Russes, alliés traditionnels de Damas s’y seraient opposés.

    « Quand j’étais à Moscou, le président Vladimir Poutine m’a réaffirmé avoir obtenu l’accord du président Bachar el-Assad à collaborer pour mettre en place cette transition politique, à adhérer à ce principe d’élection. Donc on commence avec un peu plus de clarté », a assuré le secrétaire d'Etat américain.

    Un consensus officieux

    Dans les couloirs de l’ONU, des bruits font état d'un consensus officieux. Les occidentaux auraient fini par convenir que le président syrien devait sans doute participer un temps à la transition politique.

    De son côté, John Kerry, le chef de la diplomatie américaine, a laissé entendre que Moscou pourrait être plus flexible et lâcher son allié plus rapidement. La question est maintenant de savoir quand. Car le sort de Bachar el-Assad reste le verrou d’une sortie de crise rapide en Syrie.

    « Des garanties »

    Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères a réclamé « des garanties concernant le départ de Bachar el-Assad ». « Comment, a demandé Laurent Fabius, un homme pourrait-il rassembler un peuple qu'il a en grande partie contribué à massacrer ? Tant que persistera la gouvernance actuelle de M. Bachar el-Assad, une réconciliation véritable et durable entre la population et l'Etat syrien apparaît hors de portée. »

    Beaucoup de points en suspens

    De nombreux points restent pourtant en suspens : la liste des groupes considérés comme terroristes, ou encore les groupes d’opposition chargés de négocier tout début janvier et qui ne font pas l’unanimité.

    On voit mal dans ces conditions comment un plan de paix pourrait se mettre en place rapidement en Syrie.

    ►A (RE)LIRE : La «révolution syrienne» est-elle terminée ?

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