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    Moyen-Orient

    2015: l’an II du «califat», le changement de stratégie

    media Un homme en cagoule se tient devant le drapeau du groupe Etat islamique. Reuters

    Après une ascension fulgurante en 2014, l’organisation Etat islamique a subi de nombreux revers en 2015. Pour continuer d’exister, le groupe terroriste a dû s’adapter à la nouvelle donne sur le terrain et notamment le bombardement de ses bastions en Irak et en Syrie. Mais malgré cette importante offensive militaire contre leurs positions, les jihadistes ne sont toujours pas vaincus. Toutefois, cette année, leur « califat » a clairement été déstabilisé.

    Les images des jihadistes défilant, arme à la main, sur les toits de leurs véhicules 4X4 appartiennent désormais au passé. Fini le temps des parades et des conquêtes. Sur les terres du « califat » il n’est plus question d’attirer les regards. Depuis plusieurs mois, la stratégie a changé. Les offensives sont abandonnées au profit d’une position plus défensive.

    Au-dessus des territoires jihadistes, les chasseurs bombardiers français et américains scrutent le moindre mouvement suspect. Ils appuient également au sol les troupes kurdes, mais aussi l’armée irakienne. Les forces de Bachar el-Assad en Syrie sont quant à elles soutenues par l’aviation russe, le Hezbollah libanais et des conseillers militaires iraniens.

    En 2015, le groupe Etat islamique, est acculé dans son propre sanctuaire. A cause des bombardements, il perd sa capacité de mouvement et avec elle plusieurs de ses places fortes. Kobané en Syrie tombe dès le mois de janvier. Puis en avril c’est la chute de Tikrit en Irak qui est suivie par la reprise de Tal Abyad en juin, par les combattants kurdes. Cette ville à la frontière entre la Syrie et la Turquie était une position cruciale pour l’approvisionnement des jihadistes.

    Plus récemment encore en Irak, le groupe EI est chassé de Sinjar et d’une partie de Ramadi. « L’année 2015, c’est l’année où le groupe Etat islamique découvre qu’il n’a pas les moyens de garder les positions conquises un an plus tôt », constate le spécialiste Hasni Abidi. « De ce fait, c’est un échec dans sa stratégie. Et c’est cet échec qui explique le changement de paradigme de l’EI, qui a commencé à activer des cellules à l’étranger », analyse le directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam).

    L’EI frappe à l’étranger

    Malgré ces replis, l'EI reste puissant et capable de frapper partout et de recruter de nombreux étrangers. En un peu plus d’un mois (du 31 octobre au 2 décembre 2015), le groupe Etat islamique a réussi à détruire un avion russe en vol, à frapper Beyrouth en plein cœur à travers un double attentat à la bombe, à semer la terreur dans les rues de Paris et à créer la panique à San Bernardino en Californie.

    « Sur le plan du recrutement et au niveau du renouvellement de son réservoir de sympathisants et de militaires, l’organisation Etat islamique n’a pas faibli et ses finances ne se tarissent pas », insiste Hasni Abidi. Pour cet expert l’année 2015 est une année de transition pour le groupe Etat islamique.

    Une année durant laquelle l’organisation terroriste est passée du simple effet d’annonce à une position « d’acteur jihadiste le plus important » et notamment grâce à ses revenus qui lui permettent de rester attractive et de maintenir sa capacité de nuisance. La semaine dernière encore, un bataillon de jihadistes a lancé une offensive contre les Kurdes dans la province de Ninive dans le nord de l'Irak, finalement repoussée par les peshmergas et les bombardements de la coalition internationale. Plus de 200 jihadistes auraient été tués.

    L’argent : le nerf de la guerre

    Selon les experts, le groupe Etat islamique continue en 2015 à engranger jusqu’à 80 millions de dollars par jour. Une manne issue des taxes (des impôts prélevés localement), du trafic d’antiquités et de la contrebande de pétrole. Si lutter militairement contre le groupe Etat islamique est difficile, la bataille pour tarir ses finances s’annonce encore plus compliquée.

    La semaine dernière le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution pour geler les finances de l’EI. Mais selon le chercheur Frédéric Pichon, cette résolution ne sert à rien tant que certains pays de la région entretiennent des relations ambiguës avec les jihadistes. « Tant que certains voisins de l’EI, et je pense en particulier à la Turquie, n’auront pas clairement pris position contre l’Etat islamique, cet Etat continuera à exporter, à avoir des revenus et à accueillir des combattants », explique ce professeur en géopolitique. « Tant que les pays du Golfe également n’auront pas pris leurs responsabilités, je crois que ce genre de résolutions ne serviront pas à grand-chose », conclut ce spécialiste.

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