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    Moyen-Orient

    Syrie: deux opposants brièvement arrêtés par les autorités

    media Des membres de l'opposition syrienne lors de la réunion de Riyad, le 10 décembre dernier. HO / SPA / AFP

    En Syrie, deux figures de l'opposition ont été arrêtées ce mercredi par les autorités puis relâchées quelques heures plus tard. Il s'agit de deux hommes qui appartiennent au principal mouvement d'opposition toléré par le régime de Bachar el-Assad, le Comité de coordination nationale pour les forces du changement démocratique. Ils avaient participé au début du mois à une grande conférence en Arabie saoudite qui avait réuni l'opposition syrienne au sens large. Une opposition qui se disait prête à négocier avec le régime syrien.

    Le Comité de coordination nationale pour les forces du changement démocratique (CCND) a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi sur sa page Facebook « la libération de nos collègues Ahmed al-Asrawi et Mounir al-Bitar ». Ces deux personnalités syriennes avaient été arrêtées dans leur pays, à la frontière avec le Liban, alors qu’elles se rendaient de nouveau à Ryad, en Arabie saoudite.

    Opposants tolérés par le régime de Damas, Ahmed al-Asrawi et Mounir al-Bitar étaient déjà présents à Riyad le 10 décembre dernier aux côtés de membres de l'opposition politique en exil et de représentants de plusieurs groupes armés en lutte contre Bachar el-Assad. Une réunion inédite à l'issue de laquelle les participants s'étaient prononcés en faveur de négociations avec le régime syrien.

    Ces discussions, les Nations unies ont prévu de les organiser le mois prochain à Genève. Une date théorique a même été fixée par le médiateur de l’ONU pour la Syrie Stefan de Mistura : le 25 janvier 2016. Membres de la haute commission formée à l'issue de la conférence de Ryad pour préparer les éventuels pourparlers, c'est dans le cadre de ces préparatifs que les deux opposants retournaient dans la capitale saoudienne lorsqu'ils ont été arrêtés.

    Le mouvement politique auquel appartiennent les deux hommes, le Comité de coordination nationale pour les forces du changement démocratique, un des principaux groupes de l'opposition de « l'intérieur », avait exigé par la voix de son secrétaire général leur libération immédiate et dénoncé « une mesure abusive qui va à l'encontre des efforts politiques de la communauté internationale ».

    Le CCND exige leur libération immédiate

    Bien que leur mouvement soit toléré par le régime, les membres du CCND sont souvent victimes d'abus et d'exactions policières. Ces dernières arrestations surviennent moins d'une semaine après le raid aérien qui a coûté la vie au chef d'un important groupe armé syrien, Zahrane Allouche, qui dirigeait Jaïch al-Islam (Armée de l'islam). Ce mouvement était lui aussi représenté à la conférence de Riyad et il y avait accepté le principe de la négociation.

    Le régime de Damas semble vouloir profiter de la période qui le sépare des discussions pour multiplier les coups contre l’opposition, analyse notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Objectif : amener les opposants à la table des négociations dans un état faible et exsangue. Les offensives menées par l’armée syrienne sur presque tous les fronts participent de la même volonté d’affaiblir l’opposition avant le début du processus politique.

    Mercredi, les troupes gouvernementales ont pris une grande partie de la ville stratégique de Cheikh Maskine, dans la province de Deraa, au sud. Les raids aériens russes et la puissance de feu utilisée par l’armée syrienne et ses alliés libanais du Hezbollah ont mis en échec plusieurs contre-offensives lancées par les rebelles.

    L’armée syrienne progresse également dans la province de Lattaquié au nord, non loin de la frontière turque, mais aussi dans le secteur de Homs, face au groupe EI et autour de Damas. Le gouvernement syrien veut s'asseoir à la table des négociations dans une position de force, et les développements sur le terrain sont en sa faveur, du moins pour le moment.


    Analyse

    Michel Kilo est un opposant syrien en exil. Il a également participé à cette conférence de Riyad, réunissant des opposants de l'intérieur, de l'extérieur et aussi des représentants de groupes armés de l'opposition. Il n'est pas surpris par les arrestations de ce mercredi, mais il estime que le processus politique doit se poursuivre.

    « C’est l’habitude du régime. Chaque fois qu’il y avait une possibilité d’ouverture de négociations entre l’opposition et le régime, il y a eu des arrestations, surtout des éléments très modérés. Quand vous arrêtez les éléments modérés, vous donnez la possibilité aux éléments radicaux de régner dans le champ politique en Syrie. Ils ont fait ça tout le temps.

    Ils ne veulent pas de négociateurs, ils veulent toujours pouvoir dire que c’est une bataille contre les radicaux, contre les terroristes et qu'il n’y a pas en Syrie l’élément modéré qui est prêt à négocier et faire sortir le pays de cette impasse. Le processus politique va se poursuivre et doit se poursuivre. Nous nous préparons à choisir les membres de la délégation qui va aller aux négociations. Nous sommes prêts à aller à Genève pour commencer les négociations. »

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