GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 24 Septembre
Dimanche 25 Septembre
Lundi 26 Septembre
Mardi 27 Septembre
Aujourd'hui
Jeudi 29 Septembre
Vendredi 30 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    Arabie saoudite: le cheikh al-Nimr exécuté parmi près de 50 personnes

    media Manifestation de soutien au cheikh al-Nimr, devant l'ambassade saoudienne à Sanaa, au Yémen, en octobre 2014. AFP PHOTO / MOHAMMED HUWAIS

    Le royaume sunnite d'Arabie saoudite vient de décapiter 47 personnes condamnées pour terrorisme. Parmi elles : un dignitaire religieux chiite, Nimr Baqr al-Nimr, 56 ans. Le chiffre de ces exécutions est considérable, mais il ne constitue pas véritablement une surprise. En revanche, les conséquences de la mort du dignitaire chiite sont imprévisibles. Des dizaines de personnes ont manifesté à Bahreïn ce samedi.

    Il y a plusieurs semaines, un journal proche du ministère saoudien de l'Intérieur avait annoncé l'exécution imminente d'une cinquantaine de terroristes. Cette annonce, qui était quasiment passée inaperçue, n'avait pas été suivie immédiatement d'effet comme on aurait pu s'y attendre. Elle s'inscrivait dans la campagne officiellement menée par le royaume contre al-Qaïda et le groupe Etat islamique, juste avant l'annonce, il y a quinze jours, d'une coalition de 34 pays sunnites contre le terrorisme. Mais beaucoup craignaient que le régime saoudien profite de ces exécutions pour éliminer des opposants chiites n'ayant rien à voir avec le jihadisme. Et c'est effectivement ce qui s'est produit avec la décapitation de quelques chiites, dont le cheikh Nimr Baqr al-Nimr.

    Une figure de la contestation de 2011 en Arabie saoudite

    En octobre 2014, Nimr al-Nimr, religieux chiite non violent, mais opposant virulent à la dynastie des al-Saoud, avait été condamné par un tribunal de son pays à la mort par décapitation, suivie de crucifixion, pour sédition. Son neveu, Ali Mohammed al-Nimr, âgé de 17 ans seulement au moment des faits qui lui sont reprochés (participation à une manifestation), avait écopé de la même peine dans la foulée. Le cheikh al-Nimr avait été la figure de proue du mouvement de contestation qui avait éclaté en 2011 dans l’est de l’Arabie saoudite, où vit la majorité de la communauté chiite. Il demandait des élections libres, prenant toujours soin de ne pas recourir à la violence. Il avait été arrêté en 2012. Deux de ses partisans avaient trouvé la mort dans les manifestations qui s'en étaient suivies.

    Durcissement politique du royaume sous le règne de Salman

    Parmi les autres personnes exécutées ce samedi : quelques prisonniers chiites, et très majoritairement des sunnites condamnés pour leur implication dans des attentats en 2003 et 2004 (revendiquées par al-Qaïda). Depuis son arrivée au pouvoir en janvier dernier, le roi Salman a sensiblement augmenté le nombre d’exécutions : 153 en 2015, contre 90 en 2014. Du jamais vu depuis 20 ans en Arabie saoudite. « Je pense que c’est lié à la nouvelle équipe qui a pris le pouvoir depuis la mort du roi Abdallah, affirme le journaliste Alain Gresh, spécialiste du Moyen-Orient, le prince Salman, surtout son fils (Mohammed ben Salman, NDLR), et Mohammed ben Nayef, qui est le ministre de l'Intérieur. » On attend désormais de voir comment réagiront les alliés occidentaux de Riyad, à commencer par la France et les Etats-Unis.

    Le risque d'une vive réaction dans l'est du royaume saoudien

    Compte tenu de la très grande popularité du cheikh Nimr al-Nimr chez les chiites saoudiens, qui représentent 10 % de la population du royaume, il faut s'attendre à de très vives réactions dans le pays lui-même, notamment dans la province orientale. L'exécution de Nimr Baqr al-Nimr risque de provoquer une poussée de « colère des jeunes » chiites d'Arabie saoudite, a prévenu le frère du cheikh, Mohammed al-Nimr. Ce dernier appelle au calme et « espère qu'il y aura un mouvement de protestation pacifique ». « Nous rejetons la violence et l'affrontement avec les autorités tout comme le martyr cheikh », explique-t-il. Ce samedi, des dizaines de personnes ont d'ores et déjà manifesté à Bahreïn. Elles ont brandi des portraits du cheikh et se sont opposées aux forces de l'ordre dans le village chiite d'Abou Saïba, à l'ouest de la capitale Manama. La police locale a tiré des gaz lacrymogènes.

    Les premiers commentaires viennent de Téhéran et de Beyrouth

    L'Iran, grande puissance chiite, avait mis en garde l'Arabie saoudite contre les conséquences d'une exécution de Nimr al-Nimr. Et Téhéran n'a pas tardé à réagir à l'annonce de sa décapitation. « Le gouvernement saoudien soutient d'un côté les mouvements terroristes et extrémistes, et dans le même temps utilise le langage de la répression et la peine de mort contre ses opposants intérieurs », dénonce Hossein Jaber Ansari, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, qui assure que Riyad « paiera un prix élevé pour ces politiques ». Le Conseil suprême islamique chiite du Liban condamne également les faits, qualifiés d'erreur « grave ». « L'exécution du cheikh Nimr est la mise à mort de la raison, de la modération et du dialogue », écrit le cheikh Abdel Amir Kabalan, vice-président du Conseil, dans un communiqué.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.