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    Moyen-Orient

    Mohammed al-Nimr: «Nous sommes proches de l’exécution de mon fils»

    media Ali Mohammed al-Nimr, jeune Saoudien de confession chiite condamné à mort pour sa participation à une manifestation alors qu'il était encore mineur. Facebook/Free-Sheikh-Nimr-Baqir-Al-Nimr

    Choqué par la décapitation de son frère, annoncée samedi 2 janvier 2016 à Riyad, il doit maintenant s’inquiéter pour le sort de son fils. Mohammed al-Nimr, frère du dignitaire chiite saoudien Nimr Baqr al-Nimr, exécuté parmi 47 condamnés à mort, sait en effet que sa propre progéniture Ali risque de subir le même sort d'un moment à l'autre. Il s'en est inquiété à l'antenne, chez nos confrères de la radio arabophone MCD.

    Il a répondu aux sollicitations des journalistes quelques heures seulement après l'annonce de la mort de son frère. Dans un entretien téléphonique accordé à l'Agence France-Presse, Mohammed al-Nimr, frère du cheikh chiite saoudien Nimr Baqr al-Nimr, décapité avec 46 autres condamnés à mort en Arabie saoudite, a exprimé samedi 2 janvier son souhait de voir bientôt renaître « un mouvement de protestation pacifique » dans son pays, comme en 2011 autour de Nimr al-Nimr, en réponse à l'exécution de ce dernier. Une décapitation qui, selon la condamnation, devait être suivie d'une crucifixion en place publique.

    Désormais, à juste titre, Mohammed al-Nimr se préoccupe du sort de son propre fils, Ali Mohammed al-Nimr. Lui-même arrêté en février 2012, alors qu'il était encore mineur, ce tout jeune Saoudien a été condamné à mort comme son oncle, en 2014, pour avoir participé à des manifestations contre le gouvernement, mais aussi pour attaque à l’encontre des forces de sécurité, possession d’une mitrailleuse et vol à main armée. Une procédure décriée, notamment étant donné sa jeunesse. Ces derniers mois, son cas ressemblait de plus en plus à un casse-tête, compte tenu des pressions exercées dans le pays et dans le monde, sur fond de changement de génération à la tête de l'Etat saoudien.

    Mohammed al-Nimr entend prêcher la non-violence comme son frère

    « Oui, je pense maintenant que nous sommes très proches de l’exécution de mon fils Ali et des autres condamnés, confie, fataliste, Mohammed al-Nimr au micro de notre confrère Imane al-Homoud, de la radio Monte-Carlo Doualiya, membre du même groupe que Radio France Internationale. Et je pense que cela sera vraiment quelque chose de très grave, ce sera un crime contre l’humanité. En disant cela, je ne menace pas le gouvernement, mais je parle de la réaction internationale, surtout de celle des pays amis de l’Arabie saoudite. Des pays qui ont demandé de libérer mon fils Ali, et qui sont des amis de l'Arabie saoudite. »

    La France « déplore » les exécutions

    Lorsqu'il dit cela, Mohammed al-Nimr précise qu'il parle, « en premier lieu, du président français et de son Premier ministre ». La diplomatie française a réagi ce dimanche dans l'après-midi en appelant les responsables du Moyen-Orient « à tout faire pour éviter l'exacerbation des tensions sectaires et religieuses » dans la région. La France « déplore profondément l'exécution samedi par l'Arabie saoudite de 47 personnes, dont un chef religieux chiite », ajoute le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

    M. al-Nimr a aussi sans doute noté quelle fut la réaction américaine à l'annonce de la mort de son frère. « Concernant mon frère, dit-il, plusieurs personnalités importantes et M. Ban Ki-moon lui-même ont demandé au gouvernement de ne pas l’exécuter. Mais malheureusement, nous ne pouvons qu'être choqués par le rejet de toutes ces demandes par l'Arabie saoudite. » Et de conclure : « Ces demandes sont logiques et légitimes, car il est préférable de traiter la question par la voie diplomatique, et non pas par la force. »


    ■ Réaction du secrétariat général des Nations unies

    Comme l'Union européenne, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est déclaré « profondément consterné » par l'exécution de 47 personnes accusées de terrorisme, dont le chef religieux chiite Ali al-Nimr, opposant vigoureux mais non violent au régime des Saoud. « Le cheikh Nimr et certains des autres prisonniers exécutés avaient été condamnés à l'issue de procès qui posaient problème aussi bien dans la nature des charges retenues que dans leur déroulement », a expliqué un porte-parole de l'ONU, rappelant que M. Ban avait « à plusieurs reprises fait part à l'Arabie saoudite de son inquiétude » concernant le cas de Nimr al-Nimr.

    → À relire : Après la mort d'al-Nimr, crise diplomatique entre Téhéran et Riyad

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